Avec Le Livre de l’errance : ou le voyage extraordinaire de Laurent le Turc, Joël Gregogna nous entraîne dans une vaste aventure humaine où se mêlent exil, identité, amour, mer, guerre et retour aux origines.
L’histoire prend naissance dans la Corse du XVIIIe siècle. Deux amis, victimes d’une trahison, sont livrés aux Turcs puis enrôlés dans le corps des janissaires. Leur destin les conduit loin de leur île natale, dans un monde nouveau où ils devront apprendre à survivre, à s’adapter et, finalement, à construire une autre existence.
Les années passent. Le hasard les ramène un jour tous deux en Corse, là où tout avait commencé. Mais leurs chemins vont alors diverger : l’un choisira de repartir vers Constantinople avec les siens, tandis que l’autre restera dans son village auprès de celle qu’il aura sauvée au cours de son errance.
S’inspirant d’une tradition du village corse de Ghjunchetu, Joël Gregogna construit un roman d’aventures dans lequel se croisent récits maritimes, vie militaire et intrigues liées aux arcanes diplomatiques de la Sublime Porte. Mais derrière le souffle romanesque se dessine surtout une réflexion plus profonde sur ce que signifie appartenir à une terre lorsque l’on en est éloigné.
L’auteur interroge ainsi l’identité corse, la mémoire, l’exil et la résilience. Peut-on rester profondément attaché à son origine lorsque l’on vit à des milliers de kilomètres de son île ? Le retour est-il réellement possible après des années d’absence ? Et que reste-t-il de celui que l’on était avant le départ ?
L’errance devient ici bien plus qu’un déplacement géographique. Elle est aussi intérieure : celle d’hommes confrontés à d’autres cultures, d’autres fidélités et d’autres manières de vivre. Le voyage transforme les êtres, parfois au point de rendre le retour impossible.
Et puis il y a la vengeance, présente en filigrane, rappelant que l’on ne revient jamais totalement indemne des blessures du passé.
Homme de lettres et peintre, Joël Gregogna livre avec cet ouvrage un récit annoncé comme très intime, mais dont les thèmes dépassent largement le cadre corse. Identité, déracinement, mémoire, exil et grand retour sont autant de questions universelles auxquelles chacun peut, d’une manière ou d’une autre, se confronter.
Le Livre de l’errance apparaît ainsi comme un roman de voyage et d’aventure, mais aussi comme une méditation sur l’homme face à ses origines : peut-on partir très loin sans jamais réellement quitter la terre qui nous a vu naître ?
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