La Grande Loge d’Écosse a officiellement rejoint le Conseil de la Franc-Maçonnerie en Grande-Bretagne, aux côtés de la Grande Loge Unie d’Angleterre et des deux principales organisations maçonniques féminines britanniques.
L’élargissement du Conseil a été officiellement annoncé le 15 juillet 2026, même si l’adhésion de la Grande Loge d’Écosse avait été décidée dès septembre 2025. Cette évolution donne désormais à cette structure collaborative une représentation couvrant l’Angleterre, le pays de Galles et l’Écosse. (ugle.org.uk)
UNE VOIX COMMUNE POUR LA FRANC-MAÇONNERIE BRITANNIQUE

Créé en 2024, le Conseil réunit aujourd’hui :
- la Grande Loge Unie d’Angleterre — UGLE ;
- l’Ordre des Femmes Franc-Maçonnes — OWF ;
- l’Honorable Fraternité des Anciens Francs-Maçons — HFAF ;
- la Grande Loge d’Écosse.
Il ne constitue pas une autorité maçonnique supérieure et ne dirige pas les différentes obédiences. Chacune conserve son organisation, ses règles, ses traditions et son entière indépendance.
Le Conseil est avant tout un espace de coopération. Son ambition est de coordonner la communication publique, les initiatives caritatives, les relations avec les institutions et les actions destinées à mieux faire connaître la franc-maçonnerie.
Il entend également combattre les préjugés et les représentations dépassées en mettant en avant quatre valeurs communes : l’intégrité, l’amitié, le respect et le service. (ugle.org.uk)
HOMMES ET FEMMES RÉUNIS SANS MODIFIER LEURS TRADITIONS
Cette coopération ne signifie pas que les différentes organisations souhaitent fusionner ou devenir mixtes.
La Grande Loge Unie d’Angleterre et la Grande Loge d’Écosse demeurent des organisations exclusivement masculines. L’OWF et la HFAF restent, de leur côté, des organisations exclusivement féminines.
Les quatre institutions choisissent simplement de travailler ensemble sur les questions qui concernent l’ensemble de la franc-maçonnerie britannique : communication, philanthropie, recrutement, engagement civique et lutte contre la désinformation.
Une déclaration commune publiée en 2024 rappelait déjà que les organisations féminines soutenaient le maintien d’une franc-maçonnerie masculine, tandis que l’UGLE reconnaissait pleinement la légitimité et le développement de la franc-maçonnerie féminine. (ugle.org.uk)
UNE RÉPONSE À LA MONTÉE DES SOUPÇONS ANTIMAÇONNIQUES
Pour l’auteur maçonnique américain Christopher Hodapp, cette initiative prend une importance particulière dans un contexte de regain de l’antimaçonnisme au Royaume-Uni.
Il cite notamment la décision de la Metropolitan Police de Londres d’ajouter la franc-maçonnerie à sa politique relative aux « associations à déclarer ».
Depuis le 11 décembre 2025, les policiers et les membres du personnel de la Metropolitan Police doivent signaler leur appartenance actuelle ou passée à certaines organisations considérées comme hiérarchisées, influentes et reposant sur une adhésion confidentielle. La franc-maçonnerie est expressément mentionnée parmi ces organisations. (Mynewsdesk)
Il convient toutefois de préciser qu’il s’agit d’une déclaration auprès de l’administration de la police et non d’une publication générale de l’identité des policiers francs-maçons.
La Metropolitan Police affirme que cette mesure doit renforcer la transparence et la confiance du public. Elle évoque des inquiétudes, réelles ou perçues, concernant l’influence éventuelle de certaines appartenances sur les enquêtes, les promotions ou les procédures disciplinaires.
UNE DÉCISION CONTESTÉE PAR LES OBÉDIENCES
La Grande Loge Unie d’Angleterre, soutenue par les deux organisations maçonniques féminines, considère au contraire cette mesure comme injuste, discriminatoire et attentatoire aux droits de ses membres.
Le 17 décembre 2025, elle a engagé une procédure en vue d’un contrôle judiciaire de la décision de la Metropolitan Police. Selon l’UGLE, le fait de désigner explicitement la franc-maçonnerie entretient un climat de suspicion envers des policiers et des agents qui servent pourtant légalement les institutions britanniques. (ugle.org.uk)
Christopher Hodapp rapproche cette situation de décisions rendues par la Cour européenne des droits de l’homme. En 2007, celle-ci avait condamné une réglementation italienne imposant spécifiquement aux candidats à certaines fonctions publiques de déclarer leur appartenance maçonnique, estimant qu’elle créait une différence de traitement injustifiée par rapport aux membres d’autres associations. Ce précédent ne tranche pas directement le cas britannique, mais il nourrit le débat juridique sur la liberté d’association et la discrimination. (ECHR-KS)
DÉFENDRE LA FRANC-MAÇONNERIE PAR LA TRANSPARENCE
L’arrivée de la Grande Loge d’Écosse renforce donc une stratégie collective : ne plus laisser chaque organisation répondre isolément aux accusations, aux préjugés ou aux campagnes médiatiques.
Le Conseil souhaite montrer que la franc-maçonnerie britannique ne forme pas un bloc secret et uniforme. Elle rassemble des organisations masculines et féminines distinctes, juridiquement indépendantes, mais capables de parler d’une même voix lorsque la liberté d’association, la réputation des francs-maçons ou leur engagement dans la société sont mis en cause.
Cette coopération constitue un changement important dans la communication maçonnique britannique. Face aux soupçons, le choix n’est plus celui du silence, mais celui de l’explication, de l’ouverture et de l’action commune.
RÉFÉRENCES
- United Grand Lodge of England, « Historic Expansion for Women-Led Council for Freemasonry as Scotland Becomes Newest Member », communiqué publié le 15 juillet 2026. (ugle.org.uk)
- Council for Freemasonry in Great Britain, présentation officielle, composition et missions du Conseil. (ugle.org.uk)
- Christopher Hodapp, « GL of Scotland Joins Britain’s Council of Freemasonry To Fight Anti-Masonry », Freemasons For Dummies, 14 juillet 2026. (freemasonsfordummies.blogspot.com)
- Metropolitan Police, « Hierarchical organisations added to declarable association policy », 11 décembre 2025. (Mynewsdesk)
- United Grand Lodge of England, « Freemasons launch legal action against Metropolitan Police », 17 décembre 2025. (ugle.org.uk)
- Cour européenne des droits de l’homme, Grande Oriente d’Italia di Palazzo Giustiniani c. Italie no 2, arrêt du 31 mai 2007. (ECHR-KS)
Le texte distingue volontairement les faits établis des analyses de Christopher Hodapp, notamment sur la question de l’antimaçonnisme.


