Les 28 et 29 août 2026, la Fédération française du DROIT HUMAIN a tenu son Convent annuel à Paris. Un rendez-vous majeur dans la vie de l’Obédience, marqué cette année par la réélection de Maurice Leduc comme Grand Maître National, mais également par une réflexion tournée vers l’avenir de la Fédération, de la franc-maçonnerie et, plus largement, de la société.
Le Convent constitue l’un des moments essentiels de la vie démocratique de la Fédération française du DROIT HUMAIN. Celui de 2026 a permis de déterminer plusieurs orientations qui devront accompagner l’Obédience dans les prochaines années, avec déjà en perspective le Convent international de l’Ordre prévu en mai 2027, qui posera les bases des cinq prochaines années.
UNE FÉDÉRATION « EN MOUVEMENT, FORTE ET ENGAGÉE VERS L’AVENIR »
Dans son intervention, Maurice Leduc a insisté sur la dimension collective du travail entrepris au sein des Loges.
Il rappelle que la réflexion menée appartient à l’ensemble des Frères et Sœurs de la Fédération et qu’elle repose sur une volonté de conjuguer démarche initiatique, symbolique, rituélique et traditionnelle avec la nécessité de maintenir une Fédération capable d’évoluer et d’agir.
Une conception de la franc-maçonnerie qui ne limite donc pas le travail au seul espace du Temple : les réflexions conduites en Loge ont également vocation à nourrir l’action et le regard porté sur le monde profane.

Le Grand Maître National a également dressé le bilan de l’année écoulée, notamment celui de la réforme de la Fédération française et du renforcement du dialogue interne.
Son second mandat sera placé sous trois mots : écoute, rassemblement et action.
Parmi les initiatives appelées à se développer figure notamment « La Fabrique », projet lancé en 2026 qui doit se poursuivre en 2027 autour des grands enjeux auxquels sera confrontée la Fédération.
2027 : LE DROIT HUMAIN RAPPELLE LA RESPONSABILITÉ INDIVIDUELLE DU FRANC-MAÇON
Le contexte politique et social français a naturellement trouvé sa place dans les travaux du Convent, alors que se profilent les importantes échéances électorales de 2027.
Maurice Leduc rappelle toutefois un principe essentiel : la Fédération française du DROIT HUMAIN ne constitue pas un corps intermédiaire.
Elle entend néanmoins continuer à défendre les principes et les valeurs qui fondent son identité.
Chaque membre demeure ainsi libre, en tant que citoyen, de faire ses propres choix et d’agir dans la société selon sa conscience.
Cette articulation entre engagement maçonnique et responsabilité citoyenne constitue l’un des fils conducteurs du communiqué : prolonger dans le monde profane l’œuvre commencée dans le Temple.
RACISME, ANTISÉMITISME, XÉNOPHOBIE : DES LIGNES ROUGES CLAIREMENT AFFIRMÉES
Le communiqué adopte également une position particulièrement explicite concernant certains comportements incompatibles avec les valeurs défendues par la Fédération.
Le DROIT HUMAIN rappelle ainsi qu’il ne saurait accepter que certains de ses membres empruntent les chemins de la discrimination, du racisme, de l’antisémitisme, du sectarisme, de l’exclusion ou de la xénophobie.
Une affirmation qui intervient dans un contexte que la Fédération juge préoccupant, aussi bien en France qu’à l’échelle internationale.
DÉMOCRATIE, ÉTAT DE DROIT ET HUMANISME FACE AUX CRISES DU MONDE
La situation internationale occupe également une place importante dans les orientations évoquées lors du Convent.
Multiplication des conflits, violences, progression de gouvernements autoritaires, fragilisation des principes démocratiques et de l’État de droit : face à ces évolutions, Maurice Leduc appelle à opposer l’universalisation des valeurs humanistes.
Les enjeux environnementaux sont également mentionnés, notamment l’habitabilité future de la planète et l’avenir de la biodiversité.
La Fédération entend donc inscrire sa réflexion dans une vision particulièrement large de la responsabilité humaine : politique, démocratique, sociale mais aussi environnementale.
FACE À L’ANTIMAÇONNISME, UN MANIFESTE EN PRÉPARATION
Autre annonce significative de ce Convent : la future rédaction d’un manifeste destiné à rappeler publiquement l’attachement de la Fédération française du DROIT HUMAIN aux valeurs de :
Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité, liberté de conscience, démocratie et État de droit.
Cette initiative intervient alors que Maurice Leduc évoque une montée de l’expression antimaçonnique.
Une situation qui semble conduire le DROIT HUMAIN à vouloir davantage porter sa parole dans l’espace public.
« CONSTRUISONS DES PONTS SOLIDES ENTRE NOUS »
Le passage sans doute le plus directement maçonnique du communiqué concerne l’appel lancé à l’ensemble des francs-maçons.
Maurice Leduc insiste sur la nécessité de développer le travail inter-obédientiel, mais également son expression publique.
Son appel dépasse d’ailleurs les frontières du DROIT HUMAIN puisqu’il invite les francs-maçons du monde entier à renforcer leurs liens, leur solidarité et leur capacité à agir ensemble.
Une image revient naturellement : celle de la Chaîne d’Union.
Non plus seulement comme symbole rituel vécu dans le Temple, mais comme représentation d’une fraternité maçonnique capable de résister aux divisions du monde profane.
Construire des ponts entre les Obédiences, respecter leurs différences, développer l’écoute et la confiance : telle est l’ambition exprimée.
UNE CHAÎNE D’UNION AU-DELÀ DES OBÉDIENCES
La cérémonie de clôture du Convent a d’ailleurs illustré cette volonté.
Des représentants des autres Fédérations de l’Ordre Maçonnique Mixte International ainsi que de différentes obédiences françaises et étrangères étaient présents.
Le communiqué souligne la volonté de développer des chantiers communs, dans un esprit de coopération et avec une finalité revendiquée : le Progrès de l’Humanité.
Au-delà de la réélection de Maurice Leduc, ce Convent 2026 semble donc vouloir envoyer un message plus large.
Celui d’une franc-maçonnerie qui entend rester profondément attachée à ses traditions initiatiques et symboliques, tout en refusant de se couper des bouleversements du monde contemporain.
Et peut-être surtout celui d’une franc-maçonnerie appelée à renforcer ses ponts plutôt qu’à cultiver ses frontières.
Une Chaîne d’Union capable de dépasser les Temples pour retrouver toute sa force dans le monde profane.


