Une enquête de L’Humanité évoque l’existence de liens entre certains membres de la loge maçonnique « abbé Suger », rattachée à la Grande Loge nationale française, et des personnalités proches du Rassemblement national. Le sujet fait réagir, car il touche à une question essentielle : une loge peut-elle rester un lieu initiatique si elle devient aussi un espace de proximité politique ?
La franc-maçonnerie n’interdit pas à ses membres d’avoir des opinions. Chaque frère reste un citoyen libre, avec ses convictions, ses engagements et son parcours personnel. Mais la loge, elle, n’a pas vocation à devenir un club politique, un réseau d’influence ou un lieu de regroupement idéologique.
C’est précisément ce que cette affaire met en lumière. Le problème n’est pas seulement la présence de francs-maçons ayant une sensibilité politique particulière. Le vrai risque apparaît lorsque plusieurs profils proches d’un même courant se retrouvent dans un même atelier, donnant l’impression que l’espace initiatique peut servir de point de rencontre ou de légitimation.
Or une loge maçonnique devrait rester un lieu de travail sur soi, de dépassement des passions profanes et de fraternité. Elle ne devrait pas reproduire les divisions du monde extérieur, mais aider chacun à les interroger avec recul.
Cette affaire pose donc une question plus large, qui dépasse le seul cas du Rassemblement national : comment préserver la franc-maçonnerie de toute instrumentalisation politique ? Comment éviter que le temple devienne un simple prolongement des réseaux profanes ?
La vigilance maçonnique ne consiste pas à contrôler les opinions privées des frères. Elle consiste à protéger l’esprit de la loge : un espace où l’on vient chercher plus de lumière, non plus de pouvoir.
Source :
L’Humanité, « Des liens entre la Franc-maçonnerie et le Rassemblement national ? Notre enquête ! », vidéo publiée le 8 mai 2026 dans Le sens de l’actu.
https://www.humanite.fr/politique/extreme-droite/des-liens-entre-la-franc-maconnerie-et-le-rassemblement-national


