GADLU.INFO - WEB MACONNIQUE - FRANC-MACONNERIE
  • Une info à nous communiquer ?
  • Mentions légales
  • Contact
  • Actualités
    • Edito
    • Evenements
    • Communiqués
    • Anti-maçonnique
  • Web maçonnique
    • Sites obédiences
    • Sites Internet
  • Livres Revues
    • LIVRES / REVUES
    • Livre maçonnique gratuit du mercredi
  • Planches-Contributions-Réflexions
    • Miscellanées Maçonniques
    • Planches
    • Réflexions
    • citations maçonniques
    • Vidéos qui font du bien
    • Chronique de Claude Darche
    • Chronique symbolique-poétique de Patrick Carré
    • Miscellanea Macionica
    • Chronique (im)pertinente de Jérome Touzalin
    • Chronique littéraire
    • LOGE LIBRE ET INSOUMISE
  • Textes
    • Le Manuscrit Halliwell dit Regius(1390)
    • Manuscrit de Cooke (1400)
    • Statuts de Ratisbonne (1498)
    • Constitutions d’Anderson (1723)
    • Discours de Ramsay (1736)
    • Constitutions d’Anderson (1738)
    • Discours de Ramsay (1738)
    • Manuscrit Graham (1726)
    • Catéchisme symbolique (1760)
    • Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen (1789)
    • Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948)
    • Code Maçonnique
  • Lexique
    • Abécédaire – Glossaire Maçonnique
  • Maçons célèbres

« PRENEZ PLACE, MES FRÈRES » : ET SI TOUT COMMENÇAIT VRAIMENT LÀ ?

Planches, Réflexions | 5 septembre 2026 | 0 | by A.S.

« Prenez place, mes Frères. » La formule paraît simple. Presque banale. Pourtant, au premier degré, elle peut être entendue comme bien davantage qu’une simple invitation à s’asseoir. Elle marque un passage. Celui du dehors vers le dedans, de l’agitation vers l’attention, de l’individu vers la Loge.

Lorsque les travaux vont s’ouvrir, chacun arrive avec ce qu’il est, avec ce qu’il porte, avec ce qui l’a occupé quelques minutes auparavant. Une journée de travail, une contrariété, une inquiétude, une satisfaction, parfois un conflit, parfois simplement la fatigue. Puis vient cet appel : « Prenez place, mes Frères. »

Prendre place, ce n’est pas seulement occuper une chaise. C’est accepter d’entrer dans un ordre différent. C’est reconnaître que l’espace maçonnique n’est pas un prolongement du monde profane, mais un lieu où l’on tente, pendant un temps, de se rendre disponible à autre chose.

PRENDRE SA PLACE, MAIS LAQUELLE ?

La première lecture est évidente : chacun rejoint le siège qui lui revient dans l’organisation du Temple. Les Officiers occupent leur fonction, les Frères prennent place sur les colonnes, l’Apprenti retrouve la sienne.

Mais symboliquement, la question devient plus intéressante : suis-je vraiment à ma place ?

Cette place n’est pas seulement géographique. Elle peut être intérieure. Elle correspond à la position que j’accepte d’occuper dans le travail collectif. Elle suppose de ne pas vouloir être ailleurs, de ne pas chercher à occuper la place d’un autre, de ne pas considérer la mienne comme trop petite ou insuffisamment importante.

Au premier degré, cette leçon prend une force particulière. L’Apprenti découvre qu’il n’est pas là pour se mettre en avant. Il apprend à regarder, à écouter, à comprendre progressivement. Sa place peut lui sembler modeste, mais elle n’est jamais inutile. Dans un édifice, toutes les pierres n’occupent pas la même position, mais chacune participe à l’ensemble.

Prendre place, c’est donc peut-être d’abord accepter humblement celle qui nous est confiée.

LAISSER LE MONDE PROFANE À LA PORTE

« Prenez place » peut aussi être entendu comme une invitation à déposer ce qui encombre.

Avant l’ouverture des travaux, le Temple n’est encore qu’un espace où des hommes se rencontrent. Avec l’ouverture rituelle, cet espace change symboliquement de nature. Pour que cette transformation ait un sens, chacun doit lui aussi accepter une forme de déplacement intérieur.

Prendre place, c’est alors ralentir.

C’est laisser à la porte les querelles inutiles, les urgences artificielles, les préoccupations qui accaparent l’esprit. Non pour les nier, mais pour créer momentanément la distance nécessaire à la réflexion.

Le corps s’assoit, mais l’esprit doit également cesser de courir.

Ce simple mouvement contient déjà quelque chose du travail maçonnique : apprendre à ne plus être immédiatement emporté par le tumulte extérieur.

PRENDRE PLACE PARMI LES AUTRES

L’expression ne dit pas seulement : « prenez place ». Elle précise : « mes Frères ».

Cette adresse change tout.

Celui qui s’installe dans le Temple n’est pas seulement un individu venu chercher une réponse personnelle. Il prend place parmi d’autres hommes qui ont, eux aussi, accepté de travailler sur eux-mêmes.

La Loge se construit ainsi par la présence de chacun.

Un Frère absent laisse une place vide. Un Frère présent mais intérieurement absent en laisse presque autant.

Prendre véritablement place signifie donc participer. Écouter. Être attentif à la parole de l’autre. Accepter que le travail ne repose pas uniquement sur ce que je viens chercher, mais également sur ce que je peux apporter.

La fraternité ne consiste pas seulement à se reconnaître comme Frères. Elle demande de faire une place à l’autre.

L’APPRENTI ET L’ART D’ÉCOUTER

Au premier degré, cette formule résonne encore autrement.

L’Apprenti est placé dans une situation où l’écoute occupe une importance centrale. Il ne maîtrise encore ni les usages, ni les symboles, ni toute la profondeur du rituel. Il apprend donc d’abord à recevoir.

Prendre place signifie alors se rendre disponible. Regarder sans vouloir immédiatement expliquer. Écouter sans préparer aussitôt sa réponse. Observer sans juger.

Dans notre monde quotidien, chacun est souvent encouragé à parler, commenter, réagir, se positionner. Le silence de l’Apprenti propose exactement l’inverse : avant de vouloir être entendu, apprendre à entendre. Peut-être est-ce même l’une des premières tailles effectuées sur la pierre brute.

UNE PLACE QUI N’EST JAMAIS ACQUISE

Il serait tentant de croire qu’une fois assis dans le Temple, nous avons trouvé notre place. Mais le travail maçonnique nous apprend précisément le contraire.

La place doit être sans cesse reconquise intérieurement.

On peut être assis sur les colonnes tout en étant ailleurs par la pensée. On peut participer depuis de nombreuses années aux travaux et ne plus réellement les habiter. L’habitude peut parfois transformer le symbole en automatisme.

C’est pourquoi une phrase aussi simple que « Prenez place, mes Frères » mérite peut-être d’être entendue à nouveau à chaque tenue.

Suis-je réellement présent ? Suis-je disponible ? Ai-je laissé suffisamment de place à l’autre ? Suis-je venu pour recevoir, pour transmettre, ou simplement par habitude ?

Ces quelques mots peuvent devenir une petite invitation à retrouver la qualité de présence que réclame le travail initiatique.

PRENDRE PLACE EN SOI-MÊME

Il existe peut-être enfin une lecture plus intime. Avant de trouver sa place dans le Temple, le franc-maçon doit progressivement trouver une place en lui-même.

Nous passons une grande partie de notre existence dispersés entre des rôles, des obligations, des désirs, des inquiétudes et le regard des autres. L’homme que nous montrons, celui que nous voudrions être et celui que nous sommes véritablement ne coïncident pas toujours.

Le travail initiatique peut alors être compris comme une tentative de réconciliation intérieure.

Prendre place en soi-même, ce serait cesser quelques instants de jouer un rôle. Accepter de regarder sa propre pierre avec ses défauts, ses aspérités, mais aussi ses possibilités.

C’est seulement à partir de cette place intérieure que le travail peut commencer.

QUAND LES TRAVAUX COMMENCENT AVANT MÊME LEUR OUVERTURE

Ainsi, quelques mots apparemment anodins peuvent déjà contenir une véritable invitation initiatique.

« Prenez place, mes Frères. » Prenez votre place dans le Temple. Prenez votre place parmi vos Frères. Prenez votre place dans le silence. Prenez votre place dans le travail.

Et peut-être surtout : prenez enfin place en vous-mêmes.

Car avant même que les travaux ne soient rituellement ouverts, le premier travail a peut-être déjà commencé : celui qui consiste à devenir pleinement présent.

Et si l’Apprenti devait retenir une seule chose de cet appel, ce pourrait être celle-ci : prendre place n’est pas simplement s’asseoir. C’est choisir d’être là.

Je peux aussi vous en faire une version plus mystérieuse et symbolique, davantage « planche maçonnique », avec une lecture autour du Temple, des colonnes et de la place de l’Apprenti.


Previous
CINQ PRATIQUES MAÇONNIQUES POUR MIEUX ÉCLAIRER NOS CHOIX

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Obtenez les nouveaux articles par mail :
Powered by follow.it