Un graffiti particulièrement offensant a été découvert, mercredi 15 juillet 2026, sur l’un des murs du temple maçonnique de Périgueux, en Dordogne. Rapidement effacée, l’inscription a suscité une vive émotion au sein de la communauté maçonnique locale. Une plainte a été déposée afin d’identifier l’auteur ou les auteurs de cet acte.
UNE DÉCOUVERTE QUI PROVOQUE L’INDIGNATION
Les inscriptions ont été découvertes dans la matinée du mercredi 15 juillet sur la façade nord du temple maçonnique, situé entre la rue Saint-Front et la rue des Francs-Maçons, dans le centre historique de Périgueux.
Si l’édifice avait déjà été la cible de dégradations par le passé, la nature du message inscrit sur le mur aurait cette fois particulièrement choqué les francs-maçons de la Dordogne.
Pascal Serre, ancien maire de Chancelade et observateur du monde maçonnique, a qualifié le graffiti de « nauséabond et salace ». Il a rapidement fait part de son indignation sur les réseaux sociaux, dans sa chronique des « Gazouillades ».

UN ACTE AU POIDS SYMBOLIQUE PARTICULIÈREMENT FORT
Au-delà de la dégradation matérielle, cette inscription touche un bâtiment chargé d’histoire et de symboles. Le temple maçonnique de Périgueux est notamment connu pour son architecture de style mauresque balkanique et pour ses façades ornées de plusieurs emblèmes liés à la franc-maçonnerie.
Ses façades nord et ouest ainsi que ses toitures sont inscrites au titre des monuments historiques depuis 1975. L’édifice accueille des activités maçonniques depuis le XIXe siècle.
Pour Pascal Serre, cet acte fait également ressurgir une mémoire douloureuse. Il estime que l’événement n’est pas sans rappeler les persécutions et les mesures prises contre les francs-maçons durant l’Occupation.
Sous le régime de Vichy, les organisations maçonniques avaient été interdites et les emblèmes présents sur le temple de Périgueux avaient été détruits. Les sculptures ne furent reconstituées que plusieurs décennies plus tard.
LE GRAFFITI RAPIDEMENT EFFACÉ
Les tags ont été nettoyés dans la journée du 15 juillet, faisant rapidement disparaître les inscriptions de la façade du temple.
Une plainte a néanmoins été déposée auprès du commissariat de Périgueux. L’enquête devra déterminer les circonstances exactes de cette dégradation et permettre, dans la mesure du possible, d’en identifier les responsables.
À ce stade, aucun élément ne permet d’affirmer s’il s’agit d’un acte isolé ou d’une action visant délibérément la communauté maçonnique locale.
LA CRAINTE D’UNE NOUVELLE EXPRESSION DE L’ANTIMAÇONNISME
Cet événement intervient dans un contexte où les discours complotistes et les expressions d’hostilité envers la franc-maçonnerie restent régulièrement présents, notamment sur les réseaux sociaux.
Les temples maçonniques, facilement identifiables dans certaines villes, peuvent ainsi devenir les cibles d’inscriptions, de dégradations ou de messages haineux.
À Périgueux, les francs-maçons espèrent désormais que cet acte restera isolé et qu’il ne marquera pas le début d’une nouvelle série de dégradations antimaçonniques.
Au-delà des convictions et des appartenances, la profanation ou la dégradation d’un lieu historique constitue une atteinte au patrimoine commun ainsi qu’à la liberté d’association et de conscience.
Sources : Sud Ouest et Dordogne Libre.


