La monarchie britannique entretient depuis longtemps des liens visibles avec la franc-maçonnerie, une réalité parfois méconnue de ce côté-ci de la Manche. Alors qu’en France la franc-maçonnerie demeure régulièrement entourée de fantasmes ou de soupçons, elle bénéficie au Royaume-Uni d’une image plus institutionnelle, associée à la fraternité, à la philanthropie, à la transmission morale et à l’engagement social.
Cette proximité s’incarne aujourd’hui encore à travers le duc de Kent, cousin de la reine Elizabeth II et membre de la famille royale britannique. Il occupe la fonction de Grand Maître de la Grande Loge Unie d’Angleterre depuis 1967, ce qui en fait le Grand Maître ayant exercé le plus longtemps cette responsabilité. L’UGLE confirme que le duc de Kent est toujours à la tête de l’institution et qu’il est réélu chaque année depuis son accession à cette charge.

L’histoire maçonnique britannique compte également d’autres figures royales importantes. Le futur roi Édouard VII fut lui aussi Grand Maître de la franc-maçonnerie anglaise avant son accession au trône en 1901. D’autres membres de la famille royale, dont les futurs Édouard VIII et George VI, ont également été associés à l’Ordre, illustrant l’ancrage ancien de la franc-maçonnerie dans les hautes sphères de la société britannique.
Au Royaume-Uni, cette relation entre royauté et franc-maçonnerie s’inscrit dans une tradition particulière. La franc-maçonnerie y est souvent perçue comme une institution respectable, proche des valeurs de loyauté, de devoir, de charité et de perfectionnement personnel. Elle occupe ainsi une place différente de celle qu’elle peut avoir dans l’imaginaire français, où elle reste davantage associée à la discrétion, aux réseaux d’influence ou aux débats politiques.
L’article souligne aussi une question d’avenir : qui succédera au duc de Kent lorsque celui-ci quittera ses fonctions ? Certains évoquent, sans certitude officielle, le nom du duc de Sussex, le prince Harry, qui pourrait symboliser une forme de modernité et de médiatisation nouvelle pour la franc-maçonnerie anglaise. Il convient toutefois de rester prudent : à ce stade, il s’agit d’une hypothèse évoquée, non d’une annonce confirmée.
Cette relation entre la Couronne britannique et la franc-maçonnerie rappelle combien l’Ordre a su, en Angleterre, s’inscrire dans la durée et dans les institutions. Loin de l’image uniquement secrète qu’on lui attribue parfois, la franc-maçonnerie britannique apparaît comme une tradition structurée, ancienne et toujours présente dans le paysage symbolique du Royaume-Uni.
Source : Monarchie Britannique et Grande Loge Unie d’Angleterre


