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LE MANUSCRIT WILKINSON – MISCELLANÉES MAÇONNIQUES

MISCELLANÉES MAÇONNIQUES par Guy Chassagnard

En franc-maçon de tradition, attaché à l’histoire de ce qui fut jadis le Métier de la Maçonnerie avant que de devenir la Maçonnerie spéculative des Maçons libres et acceptés, notre frère Guy Chassagnard met en chroniques ce qu’il a appris dans le temple et… dans les textes ; en quarante et quelques années de pratique maçonnique. Ceci selon un principe qui lui est cher : Apprendre en apprenti, comprendre en compagnon, partager en maître.


CHRONIQUE 94

1727- Le Manuscrit Wilkinson

Composé de 74 questions, et donc de 74 réponses, cet Ancien Devoir mérite d’être mentionné pour certaines des formulations maçonniques qu’il est, le premier, à contenir : à propos de l’admission, du secret maçonnique, des grandes lumières ou de certains décors de la loge.

On retiendra que :

• L’apprenti maçon est admis « ni assis, ni debout, ni nu, ni vêtu ; avec le genou dénudé, en terre, dans les branches de l’équerre et sa main gauche sur la Bible, sa main droite étant étendue, le compas sur le sein gauche dénudé ».

• Le maçon doit jurer de « celer et de cacher tous les secrets et mystères de la Maçonnerie », sous peine d’avoir la gorge tranchée, la langue et le cœur arrachés.

• Le maçon doit « cacher » tous les secrets ou mystères du maçon ou de la Maçonnerie : secrets qui consistent en « des signes, des attouchements et de nombreux mots ».

• Le mot de maçon se donne lettre par lettre : « Donnez-moi la première et je vous donnerai la seconde. »

• La loge possède trois grandes lumières, le soleil, la lune et le maître maçon :o« Le Soleil pour présider au jour, la lune à la nuit, et le Maître Maçon à la Loge. »

• La loge est disposée d’est en ouest, « comme le sont ou devraient l’être tous les lieux sacrés », avec pour hauteur « des pieds et des pouces innombrables », et pour forme « un carré long » rappelant « la tombe du Grand Maître Hiram ».

• La loge possède trois bijoux immobiles (le pavé mosaïque, le parpaing et la pierre dégrossie) et trois bijoux mobiles (l’équerre, le niveau et le fil à plomb).

Chronique 93

1726 – Le Manuscrit Graham

Toutes les institutions de la Franc-Maçonnerie révélées et prou­vées par la meilleure tradition ainsi que par quelques référen­ces à l’Écriture, tel est le titre de ce manuscrit, daté du 24 octobre 1726 ; qui se compose d’une longue liste de questions et de réponses.

Y est à remarquer le relèvement du corps de Noé par ses fils, préfigurant celui d’Hiram :

« Sem Cham et Japhet se rendirent sur la tombe de leur père Noé pour tenter d’y découvrir quelque chose à son sujet qui les guiderait jusqu’au puissant secret que détenait ce fameux prédicateur. […]

« Ils arrivèrent à la tombe et ne trouvèrent rien, si ce n’est un cadavre déjà presque entièrement corrompu.

« Ils saisirent un doigt qui se détacha et ainsi de suite de jointure en jointure jusqu’au poignet et au coude.

« Alors, ils redressèrent le corps et le soutinrent en se plaçant avec lui pied contre pied, genou contre genou, poitrine contre poitrine, joue contre joue et main dans le dos, et s’écrièrent : « Aide-nous, Ô Père ! ».

« Comme s’ils avaient dit : «  Ô Père du ciel aide-nous à présent, car notre père terrestre ne le peut pas  ».

« Ils reposèrent le cadavre, ne sachant que faire. L’un dit alors : «  Il y a encore de la moelle dans cet os  ».

« Et le second dit : « Mais c’est un os sec ».

« Et le troisième dit : « Il sent mauvais ».

« Ils s’accordèrent alors pour donner à cela un nom qui est encore connu, de nos jours, de la Maçonnerie libre.

« Puis ils allèrent à leurs affaires. Il faut supposer et aussi comprendre que la vertu ne provenait pas de ce qu’ils avaient trouvé ou du nom qui lui avait été donné, mais de la foi et de la pri­ère. »


© Guy Chassagnard – Auteur de La France-Maçonnerie en question (Éditions Dervy – 2017) & du  Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie (Éditions Segnat, 2016).


A.S.: