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LE GRAND HORLOGER ET LE GRAND ARCHITECTE : LA FRANC-MAÇONNERIE PEUT-ELLE ENCORE ASSUMER LE DÉISME ?

Planches, Réflexions | 9 février 2026 | 0 | by A.S.

On l’oublie trop vite : le XVIIIᵉ siècle n’a pas seulement inventé l’esprit critique, il a aussi inventé une manière de croire… sans s’agenouiller. Le déisme, cet enfant turbulent des Lumières, pose une idée simple et explosive : Dieu crée, puis laisse le monde fonctionner. Pas de miracles, pas de révélations imposées, pas de prophètes pour distribuer le sens. Une création achevée, comme une horloge parfaitement réglée. Et l’homme ? L’homme doit apprendre à être adulte.

Voilà pourquoi le déisme a fait scandale. Parce qu’il a osé appliquer la raison à la religion, comme on applique une règle et un compas à une pierre brute. Locke, Newton, Leibniz : chacun à sa façon a préparé cette révolution. Et Leibniz, avec son « meilleur des mondes possibles », a offert au déisme son image la plus célèbre : Dieu en horloger. Une idée magnifique… jusqu’au jour où la terre tremble.

Lisbonne, 1755. Une ville ravagée. Des milliers de morts. Et d’un coup, l’horloge se brise dans l’imaginaire collectif. Comment défendre encore un monde “parfaitement réglé” quand le mal surgit avec une telle violence ? Voltaire répond par le sarcasme, et termine en coup de marteau : « Il faut cultiver notre jardin. » Autrement dit : arrêtons d’attendre une providence, faisons notre part.

Et là, franchement, difficile de ne pas entendre un écho maçonnique.

Car ce que le déisme propose au fond, c’est une spiritualité de la responsabilité. Pas une vie “bénie”, une vie morale. Pas la soumission à une doctrine, mais l’exigence de se construire soi-même. Pas l’emprise d’une religion sur toute une existence, mais une éthique qui dépasse les appartenances. Justice, compassion, altruisme : la “vraie religion”, disait Thomas Paine. Dans une loge, ça devrait résonner comme un rappel à l’ordre.

Pourtant, dès qu’on parle de Dieu, de spiritualité, de sacré, les crispations reviennent vite. On voudrait parfois une formule simple, un mot unique, une définition qui range tout le monde dans la même boîte. Or l’héritage des Lumières dit exactement l’inverse : la conscience ne se décrète pas, elle se travaille. Et une démarche initiatique digne de ce nom ne peut pas se contenter d’un confort verbal.

C’est là que le déisme redevient utile : il refuse la confusion. Il rappelle que la spiritualité n’est pas un passe-droit pour éviter l’effort, et que le sens n’est pas un héritage automatique mais une conquête intérieure. Il oblige à tenir ensemble trois choses qui dérangent : la raison, la liberté, et l’exigence morale.

Car soyons honnêtes : le risque, aujourd’hui, n’est pas seulement l’intolérance religieuse. Le risque, c’est aussi la spiritualité décorative. Celle qui aligne des mots nobles, des symboles séduisants, une esthétique du “mystère”… mais sans transformation réelle. Sans ce déplacement intérieur qui fait passer l’homme de l’opinion à la conscience, de la plainte à l’action, du confort à la responsabilité.

Le déisme, lui, ne promet pas un ciel clé en main. Il ne vend pas de miracles. Il ne fait pas de l’homme un enfant qui attend qu’on lui explique l’existence. Il dit : le monde est là, la loi morale est en toi, à toi de construire. Et c’est précisément ce que la franc-maçonnerie a toujours prétendu défendre : une humanité perfectible, un travail sur soi, une fraternité active, un engagement dans la cité.

Alors, la question dérange : sommes-nous encore capables d’assumer l’héritage des Lumières ? Celui qui dit que la foi n’excuse pas l’inaction. Que la morale n’est pas un discours mais un chantier. Que l’homme est perfectible — donc responsable. Et que si un “grand horloger” existe, ce n’est pas pour nous dispenser de bâtir, mais pour nous rappeler que le temps passe… et que l’œuvre, elle, n’attend pas.


Référence
Hans-Hermann Höhmann, La franc-maçonnerie dans la tradition des Lumières et de l’humanisme, communication présentée à la réunion de la Grande Loge de 2017 à Leipzig (consulté le 30 juin 2017).

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