Un morcellement en question
La question se pose tant on entend dire, ici et là : « Il y a trop d’obédiences ! » « Ça n’a plus de sens ! » « On perd nos valeurs ! »
D’abord, combien y a-t-il d’obédiences en France ? Wikipédia en dénombre 50, en ne retenant que celles qui rassemblent au moins 100 frères. D’autres sources avancent bien plus : certains évoquent même une centaine.
Il y a les grosses, les historiques, et une myriade de petites, chacune porteuse de lumière. Qui sait si l’une d’elles ne deviendra pas un jour un soleil éclatant, si le GADLU lui prête vie ?

Une hiérarchie implicite et son revers
Les grandes obédiences regardent parfois les petites avec condescendance, malgré des paroles courtoises. Elles oublient que leurs prédécesseurs méditaient jadis dans des arrière-salles de tavernes londoniennes, loin des temples actuels au décor somptueux.
Ceux qui dénigrent la multiplicité des obédiences avancent qu’on ferait mieux avec moins, ce qui leur permettrait, eux, de peser davantage. Est-ce bien raisonnable ?
Une diversité à la française
Comment pourrions-nous, en France, nous contenter d’une poignée d’obédiences ? Avons-nous oublié l’ironie du Général de Gaulle : « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromages ? » Aujourd’hui, le chiffre officiel est de 1200 !
Pourquoi la Franc-Maçonnerie échapperait-elle à cette richesse de la diversité française ?
Pluralité et esprit maçonnique
Chaque franc-maçon se sent Grand Maître de sa propre vision de la Maçonnerie. De là, naissent des obédiences, par sincérité ou par ambition.
Voulons-nous une Maçonnerie monolithique, structurée, uniforme ? Ce n’est pas l’idéal maçonnique.
La Franc-Maçonnerie rassemble ce qui est épars, mais pas pour uniformiser. La diversité d’obédiences permet à chacun de trouver sa voie tout en restant fidèle aux idéaux fondamentaux.
Le poids réel du problème
Le problème n’est pas le nombre d’obédiences, mais la sincérité des francs-maçons eux-mêmes. Ce ne sont pas les petites obédiences qui posent souci, mais les égos — parfois présents même dans les plus grandes.
Des frères se disputent des postes, des tabliers, des honneurs… oubliant que la Maçonnerie est d’abord un chemin intérieur.
Conclusion : rester fidèle à l’élan
La Franc-Maçonnerie est une grande vague qui nous emporte vers le progrès de l’humanité. Peu importe la taille ou la couleur du maillot, ce qui compte, c’est d’avancer.
Laissons fleurir les obédiences sincères, peu importe leur taille. Et rappelons-nous que : « Le tablier ne fait pas le Maçon ».
- Source : Jérôme Touzalin est dramaturge, membre de la Grande Loge de l’Europe et de la Méditerranée (G.L.E.M.).


