FRANC-MAÇONNERIE : SOMMES-NOUS VRAIMENT ÉVEILLÉS ?
On peut entrer en loge, recevoir la Lumière, apprendre les signes, connaître les rituels et pourtant continuer à dormir.
Car l’initiation ne transforme pas automatiquement celui qui la reçoit. Elle ouvre une porte. Encore faut-il accepter de la franchir.
Nous vivons souvent mécaniquement, guidés par nos habitudes, nos peurs, nos passions et notre besoin de reconnaissance. Nous croyons choisir alors que nous réagissons. Nous croyons penser alors que nous répétons.

Deux condamnés à mort attendent leur exécution. L’un demande :
— Quel jour sommes-nous ?
— Lundi, répond l’autre. Quelle mauvaise manière de commencer la semaine !
Même au seuil de la mort, l’esprit continue à fonctionner comme si rien n’avait changé. Voilà peut-être notre véritable sommeil : vivre sans conscience de ce que nous sommes.
Le chercheur maçonnique commence par ressentir un malaise. Il ne supporte plus les apparences, les discours creux, les ambitions déguisées en vertu. Il comprend que l’argent, les titres et les honneurs ne combleront jamais son vide intérieur.
Mais la recherche peut elle aussi devenir une illusion.
Certains collectionnent les grades, les ouvrages ésotériques et les secrets supposés, tout en restant incapables de maîtriser une colère, de reconnaître une erreur ou de pratiquer réellement la fraternité.
Le véritable travail est moins spectaculaire.
Il consiste à transformer le plomb de nos faiblesses en or intérieur : retenir une parole blessante, combattre sa vanité, suspendre son jugement, reconnaître ses torts.
La loge donne des outils. Elle ne taille pas la pierre à notre place.
Le trésor recherché n’est ni dans un haut grade, ni dans une formule mystérieuse. Il se trouve au centre de nous-mêmes.
La grande question n’est donc pas : avons-nous été initiés ?
Elle est beaucoup plus dérangeante :
Avons-nous réellement commencé à nous éveiller ?


