FRANC-MAÇON : POUR MARCHER SUR L’EAU, IL FAUT D’ABORD SORTIR DU BATEAU
Il y a des phrases qui ressemblent à des évidences jusqu’au jour où elles vous frappent en plein tablier : « Si nous voulons vraiment marcher sur l’eau, nous devons sortir du bateau. » Tout est peut-être là.
Car entrer en Franc-maçonnerie est relativement simple. On frappe à une porte, on répond à quelques questions, on traverse certaines épreuves, on reçoit un tablier et, un beau soir, nous voilà devenus Francs-maçons. Enfin… administrativement. Parce que pour le reste, les travaux ne font que commencer.
LE CONFORT DU BATEAU

Le bateau, c’est ce que nous connaissons : nos certitudes, nos habitudes, nos petites vérités soigneusement rangées dans les tiroirs de notre ego. Et l’on peut parfaitement passer vingt ou trente ans en Loge sans jamais vraiment en sortir. Assister aux Tenues, connaître les mots, maîtriser les signes, citer quelques philosophes, expliquer brillamment le symbolisme du compas à l’Orient… et continuer à être exactement le même homme ou la même femme qu’avant son initiation.
Un profane avec un tablier, en quelque sorte.
C’est évidemment plus confortable. La Franc-maçonnerie, pourtant, ne nous demande pas seulement de comprendre des symboles. Elle nous invite à nous transformer. Et c’est beaucoup plus exigeant.
LES AUTRES SONT AUSSI NOS MIROIRS
Le texte de Frédéric L. Milliken insiste sur une idée essentielle : nous devenons aussi ceux que nous fréquentons. Cela vaut dans la vie profane, mais peut-être davantage encore en Loge. Pourquoi recherchons-nous la Fraternité ? Pas simplement pour partager un repas après la Tenue ou recevoir quelques chaleureuses accolades. Nous avons besoin des autres parce qu’ils nous révèlent aussi à nous-mêmes.
Le Frère qui nous agace prodigieusement nous apprend parfois davantage sur notre tolérance que celui avec lequel nous sommes toujours d’accord. Celui qui réussit là où nous échouons peut réveiller notre jalousie… ou nous donner envie de progresser. Et celui qui ose nous dire : « Mon Frère, là, tu déconnes » est parfois beaucoup plus fraternel que celui qui approuve toutes nos sottises avec un sourire satisfait.
La véritable Fraternité n’est donc pas une société d’applaudissements réciproques. Elle devrait être une communauté d’amélioration mutuelle.
LOUPS, AIGLES… ET MAÇONS
Une image traverse le texte original : « Si tu fréquentes les loups, tu apprendras à hurler. Mais si tu côtoies les aigles, tu apprendras à t’élever. » La formule peut sentir légèrement le manuel de développement personnel, mais elle pose une sacrée bonne question maçonnique : qui fréquentons-nous réellement ?
Des Frères et des Sœurs qui cherchent, doutent, lisent, construisent, entreprennent, transmettent et savent encore s’émerveiller ? Ou des spécialistes du fameux « On a toujours fait comme ça » ? Car il existe aussi des Loges où la pierre brute la mieux entretenue est parfois… l’immobilisme.
On y entre avec des rêves de construction du Temple et, quelques années plus tard, on peut se retrouver à consacrer quarante-cinq minutes à déterminer qui a oublié de commander le vin des agapes. Le chemin initiatique possède décidément ses mystères.
SORTIR DU BATEAU
Sortir du bateau, c’est accepter de ne plus être tout à fait celui que nous étions. C’est abandonner une certitude, reconnaître une erreur, écouter réellement quelqu’un que nous pensions avoir compris, présenter une planche dont nous ne s
Source et inspiration : Frédéric L. Milliken, « Le franc-maçon sort du bateau et marche sur l’eau… », publié sur Freemason.pt, 9 mai 2019.
Adaptation et réflexion éditoriale pour GADLU.INFO


