Il fait chaud. Très chaud. Trop chaud.
Les journaux parlent de records, les villes suffoquent, les corps fatiguent, les anciens s’inquiètent, les forêts brûlent, et nous, que faisons-nous ? Nous commentons la température comme on commente une planche tiède : avec gravité, mais sans trop nous mouiller.
La canicule n’est plus seulement une affaire de météo. Elle est devenue un miroir. Un miroir brûlant tendu à notre époque, à nos habitudes, à nos lâchetés confortables. Et, osons le dire, à notre franc-maçonnerie parfois bien installée dans ses mots, mais moins courageuse dans ses actes.

Car à quoi sert de parler de Lumière si nous fermons les yeux devant une planète qui étouffe ? À quoi sert d’invoquer le progrès de l’humanité si nous restons muets devant les dérèglements que cette même humanité provoque, entretient ou refuse de regarder en face ?
Nous aimons les symboles. Le feu, la lumière, la pierre, le souffle, l’eau. Mais quand le feu ravage, quand l’eau manque, quand l’air devient irrespirable, nos symboles cessent d’être décoratifs. Ils nous accusent.
La canicule nous rappelle une vérité simple : on ne construit pas un temple intérieur sur une terre extérieure que l’on méprise.
Le franc-maçon ne devrait pas être seulement celui qui polit sa pierre dans le confort d’un temple climatisé. Il devrait être celui qui comprend que la solidarité ne commence pas dans les discours, mais dans les gestes. Veiller sur les plus fragiles. Interroger nos modes de vie. Refuser l’indifférence. Remettre l’humain, le vivant et la responsabilité au centre.
Sinon, nos belles paroles sur l’universel risquent de finir comme certaines pelouses en juillet : jaunies, sèches, inutiles.
La canicule passera peut-être. Mais la question restera.
Sommes-nous encore des bâtisseurs ?
Ou seulement des commentateurs bien habillés de l’effondrement ?
Billet d’humeur maçonnique de GADLU.INFO


