MISCELLANÉES MAÇONNIQUES
par Guy Chassagnard
Chronique 464
1904 – Affaire des fiches : le dénouement

Suite de notre précédente chronique :
La séance de l’Assemblée nationale consacrée à l’Affaire des fiches se révèle (le 4 novembre) particulièrement houleuse ; le député nationaliste Guyot de Villeneuve en vient à gifler publiquement le ministre.

Le scandale entraîne dans un premier temps la démission du général André, puis celle du gouvernement d’Émile Combes tout entier ; avant que Gabriel Syveton et Jean-Baptiste Bidegain ne mettent fin à leurs jours.
Vivement critiqué par la presse nationaliste et antimaçonnique, le Grand Orient de France ne condamnera jamais le rôle joué par certains de ses dirigeants et de ses membres auprès du ministère de la Guerre. Et justifiera son attitude par son souci de veiller au respect des principes républicains.
Quant à son ancien sous-chef de bureau, Jean-Baptiste Bidegain, il ne sera pas présenté comme un traître, mais plus simplement comme un opportuniste entré en Franc-Maçonnerie par curiosité, à seule fin d’en découvrir les mystères.
Malgré les articles de presse, les pamphlets et les ouvrages consacrés à l’Affaire des fiches, il ne sera jamais prouvé, de façon formelle, que le fichage politique et religieux des officiers de l’armée française ait favorisé les uns et défavorisé les autres dans leur course aux galons et aux étoiles.
On peut donc s’étonner que le général André en soit venu à s’engager dans l’Affaire, à moins d’admettre que sa nomination, dès 1900 (en pleine Affaire Dreyfus), au ministère de la Guerre, avait pour but majeur de rétablir la discipline dans l’armée, par tous les moyens possibles, et de donner crédit à cette déclaration faite aux députés :
« Soyez certains, Messieurs, que la tâche que je me suis imposée est de maintenir à tous les degrés de l’échelle, et de rétablir, s’il en était besoin, la discipline militaire la plus absolue. »
Guy Chassagnard, franc-maçon de tradition, attaché à l’histoire de ce qui fut jadis le Métier de la Maçonnerie avant de devenir la Maçonnerie spéculative des Maçons libres et acceptés, met en chroniques ce qu’il a appris dans le temple et dans les textes au fil de quarante années de pratique. Selon son principe : Apprendre en apprenti, comprendre en compagnon, partager en maître.
© Guy Chassagnard — Auteur de :
- Le Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie (Segnat, 2016)
- La Franc-Maçonnerie en Question (Dervy, 2017)
- Les Constitutions d’Anderson (1723) & la Maçonnerie disséquée (1730) (Dervy, 2018)
- La Chronologie de la Franc-Maçonnerie (Segnat, 2019)
- Les Annales de la Franc-Maçonnerie (Segnat, 2019)


