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8 MAI 1945 : LA LIBERTÉ RETROUVÉE DES FRANCS-MAÇONS APRÈS L’OMBRE DE VICHY

Actualités, Planches | 8 mai 2026 | 0 | by A.S.

Une victoire, mais aussi un retour à la lumière

Le 8 mai 1945 n’est pas seulement une date militaire. C’est une date de délivrance. Ce jour-là, la France célèbre la capitulation de l’Allemagne nazie et la fin de la guerre en Europe, même si la Seconde Guerre mondiale ne prendra totalement fin qu’avec la capitulation du Japon, le 2 septembre 1945.

Pour la Nation, le 8 mai marque la victoire des Alliés sur une idéologie de haine, de domination et d’anéantissement. Pour la franc-maçonnerie, cette date possède une résonance particulière : elle rappelle la sortie d’une nuit où les loges furent interdites, les archives saisies, les noms fichés, les biens confisqués, les frères dénoncés, exclus, parfois arrêtés, parfois déportés.

La lumière retrouvée du 8 mai ne fut donc pas seulement celle des drapeaux, des cloches et des cortèges. Elle fut aussi celle d’une liberté de conscience que le régime de Vichy avait voulu étouffer.

Vichy et la haine de la franc-maçonnerie

Dès le début du régime de Vichy, la franc-maçonnerie est désignée comme l’un des ennemis de la “Révolution nationale”. La loi du 13 août 1940 interdit les “associations secrètes” et prévoit notamment le séquestre et la liquidation de leurs biens.

Le mot “franc-maçonnerie” n’apparaît pas toujours directement, mais l’objectif est clair. Le Musée de la Résistance rappelle qu’un décret du 19 août 1940 lève toute ambiguïté en prononçant la dissolution de grandes obédiences comme le Grand Orient de France et la Grande Loge de France. Les fonctionnaires doivent déclarer leur non-appartenance ou rompre tout lien avec la franc-maçonnerie, sous peine de sanctions.

La haine antimaçonnique de Vichy ne relève pas d’un simple désaccord idéologique. Elle participe d’une vision réactionnaire, autoritaire et complotiste de la société. Le franc-maçon est alors présenté comme un ennemi intérieur, associé à la République, à la laïcité, à la liberté de conscience et aux valeurs héritées des Lumières.

En réalité, ce que Vichy combat à travers la franc-maçonnerie, c’est une certaine idée de l’homme : un homme libre de penser, de chercher, de douter, de croire ou de ne pas croire, de se perfectionner sans recevoir sa vérité d’un pouvoir imposé.

Quand les temples se taisent

Pendant l’Occupation, les temples maçonniques ne sont plus des lieux de travail symbolique. Beaucoup sont fermés, perquisitionnés, vidés de leurs archives et de leurs décors. Les noms circulent, les fichiers s’organisent, les dénonciations se multiplient. La BnF rappelle que les archives des obédiences furent raflées en masse à partir de la fin de l’année 1940, après les mesures prises contre les sociétés secrètes par Vichy.

Ce silence forcé des loges est lourd de sens. Une institution qui travaille sur la parole, le symbole, la fraternité et la liberté intérieure se retrouve condamnée à l’effacement. On veut la rendre invisible. On veut la réduire au soupçon. On veut faire croire que le secret maçonnique est une menace, alors qu’il relève avant tout d’une méthode initiatique.

Mais les régimes autoritaires ne supportent pas ce qu’ils ne contrôlent pas. Ils se méfient des lieux où l’on pense autrement. Ils redoutent les espaces où des hommes et des femmes apprennent à se tenir debout.

Le 8 mai 1945 : une libération extérieure et intérieure

Le 8 mai 1945 n’efface pas les blessures. Il ne rend pas les morts. Il ne répare pas immédiatement les injustices. Mais il ouvre une brèche immense : celle du retour possible à la liberté.

Pour les francs-maçons, la Libération signifie progressivement la possibilité de relever les colonnes, de rouvrir les temples, de retrouver les frères dispersés, de reconstituer les archives perdues, de reprendre les travaux interrompus.

Mais après une telle épreuve, rien ne peut recommencer comme avant. La franc-maçonnerie sort meurtrie de la guerre. Elle sait désormais que la liberté de conscience n’est jamais définitivement acquise. Elle sait que la fraternité peut être brisée par la peur. Elle sait que les discours de haine commencent souvent par des mots, des listes, des exclusions, avant de devenir des actes.

Une mémoire maçonnique nécessaire

Commémorer le 8 mai 1945 dans une perspective maçonnique, ce n’est pas récupérer l’Histoire. C’est rappeler que la franc-maçonnerie fut l’une des cibles d’un régime qui rejetait la République, la laïcité, l’émancipation et le libre examen.

Il faut toutefois rester juste : tous les francs-maçons ne furent pas résistants, et tous les résistants ne furent pas francs-maçons. L’histoire humaine est toujours plus complexe que les grands récits héroïques. Mais il est incontestable que la franc-maçonnerie, en tant qu’institution, fut persécutée parce qu’elle incarnait des valeurs incompatibles avec l’ordre autoritaire de Vichy.

Le 8 mai nous invite donc à une double fidélité : fidélité aux victimes, mais aussi fidélité aux principes. Car honorer la mémoire ne consiste pas seulement à déposer des gerbes ou à répéter des formules. Honorer la mémoire, c’est reconnaître les mécanismes qui ont rendu possible la persécution : la désignation d’ennemis intérieurs, la propagande, les fichiers, les exclusions professionnelles, le soupçon organisé.

La leçon du 8 mai pour les francs-maçons d’aujourd’hui

Le 8 mai 1945 rappelle que la liberté n’est jamais un décor. Elle est un combat, une responsabilité, une vigilance.

Pour un franc-maçon, cette date devrait résonner comme un appel. Appel à défendre la dignité humaine. Appel à refuser les discours qui divisent et déshumanisent. Appel à ne jamais oublier que les temples ne valent que s’ils préparent des hommes et des femmes à agir dans la cité avec plus de justice, de courage et de lucidité.

La franc-maçonnerie parle souvent de lumière. Mais la lumière n’a de sens que si elle éclaire les heures sombres. Le 8 mai 1945 nous rappelle précisément cela : lorsque la liberté revient, elle ne revient jamais seule. Elle revient avec des devoirs.

Celui de se souvenir.
Celui de transmettre.
Celui de rester vigilant.
Celui de ne jamais laisser l’ombre redevenir ordinaire.

Références

Article rédigé à partir de sources historiques publiques : CHRD de Lyon, Légifrance, Musée de la Résistance en ligne et BnF Essentiels, notamment sur la capitulation allemande de mai 1945, la loi du 13 août 1940 contre les associations secrètes et la répression antimaçonnique sous Vichy.

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