Le procès hors norme dit des « barbouzes » liées à la loge maçonnique Athanor se poursuit devant la cour d’assises de Paris. L’une des audiences, tenue le 8 avril 2026, s’est penchée sur le cas d’une ancienne dirigeante d’entreprise soupçonnée d’avoir envisagé l’assassinat d’un syndicaliste qu’elle considérait comme un obstacle professionnel.
Selon les éléments présentés à l’audience, Muriel Brun-Millet, ex-cheffe d’entreprise dans la Plastics Vallée, aurait sollicité un réseau criminel structuré autour d’individus liés à la loge Athanor afin de faire pression sur Hassan Touzani, représentant syndical au sein de son entreprise. Les faits remontent à 2020.
« ÉCRASÉE PAR LE POIDS DU REMORDS ET DE LA HONTE »

À la barre, l’ancienne dirigeante a exprimé de profonds regrets, évoquant une période de forte pression professionnelle et personnelle. Elle a décrit un état d’épuisement lié à la croissance de son entreprise, à la responsabilité managériale et à une surcharge mentale qu’elle qualifie aujourd’hui de spirale incontrôlable.
Elle affirme avoir été influencée par l’un des acteurs présumés du réseau, présenté comme une figure centrale de cette organisation criminelle. Selon ses déclarations, sa vulnérabilité aurait été exploitée dans un contexte de fragilité psychologique.
UNE AFFAIRE QUI INTERROGE SUR LES DÉRIVES INDIVIDUELLES
Le syndicaliste visé, Hassan Touzani, a témoigné de l’impact durable de cette affaire sur sa vie personnelle et professionnelle. Informé par les enquêteurs d’un projet criminel le concernant, il affirme avoir vécu dans l’angoisse durant plusieurs mois.
Les investigations ont révélé des surveillances et des scénarios envisagés par le réseau, allant jusqu’à la simulation d’un accident. L’affaire met en lumière la gravité des faits reprochés et les conséquences humaines importantes pour les personnes concernées.
UN PROCÈS D’UNE AMPLEUR EXCEPTIONNELLE
Ouvert le 30 mars 2026, ce procès devrait durer environ trois mois et demi. Au total, 22 personnes sont jugées pour divers chefs d’accusation, certains encourant la réclusion criminelle à perpétuité. Parmi les accusés figurent notamment d’anciens militaires, des policiers et des agents de sécurité.
Il convient de rappeler que la justice devra établir les responsabilités individuelles et que la présomption d’innocence demeure jusqu’au verdict définitif.
UNE AFFAIRE QUI NE SAURAIT ÊTRE CONFONDUE AVEC LA FRANC-MAÇONNERIE
Comme dans d’autres affaires médiatisées, la mention d’une loge ne saurait engager l’ensemble des obédiences maçonniques ni leurs membres. La Franc-maçonnerie, dans sa grande majorité, se définit comme une démarche initiatique et humaniste reposant sur des valeurs éthiques, philosophiques et symboliques.
L’issue du procès permettra de mieux comprendre les mécanismes ayant conduit à ces dérives présumées, tout en rappelant la nécessité de distinguer les responsabilités individuelles des principes généraux d’une institution pluriséculaire.
Source : France 3 Régions / AFP
Article original : https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/ain/proces-des-barbouzes-de-la-loge-maconnique-athanor-je-suis-ecrasee-par-le-poids-du-remords-et-de-la-honte-3332309.html


