Depuis mon entrée en Franc-Maçonnerie, j’ai souvent entendu qu’il fallait meuler la Pierre Brute pour la transformer en Pierre Polie. Avec le temps, j’ai compris combien ce processus est difficile à saisir concrètement. J’ai pourtant décidé de m’y engager.
Tout apprentissage est personnel, parfois solitaire, sans être nécessairement isolant. J’ai ressenti le besoin d’un fil conducteur, d’un cadre simple pour guider mon travail. Ne le trouvant pas, j’ai construit une sorte d’« organigramme », par analogie avec des commandements, afin d’ordonner la taille de ma Pierre Brute en sept étapes :
- Aimer la Pierre Brute
- S’honorer soi-même
- Réserver les lundis
- Ne pas mépriser autrui
- Aimer son frère comme soi-même
- Ne pas pécher contre l’esprit
- Ne pas prendre le nom de la Franc-Maçonnerie en vain
1) Aimer la Pierre Brute
Aimer la Pierre Brute, ce n’est pas vouloir être le « meilleur » franc-maçon, mais devenir meilleur comme homme : au travail, en famille, dans la cité. C’est reconnaître le bien, choisir la voie juste malgré les vents contraires, et prendre l’habitude de faire le bien jusqu’à l’inscrire en soi. Car les Pierres Brutes, matière première du Grand Œuvre, c’est moi, c’est vous, c’est nous.
2) S’honorer soi-même
Être admis en Loge fut pour moi une renaissance : recevoir la lumière et apprendre l’Art Royal. S’honorer, ce n’est ni orgueil ni vanité : c’est reconnaître sa responsabilité, exercer sa liberté avec dignité, discipliner ses passions, corriger ce qui égare et s’habituer à penser, ressentir et agir en homme honorable. Il faut surtout la volonté de faire le bien et la constance.
3) Réserver les lundis
Comme certaines traditions consacrent un jour au recueillement, je garde symboliquement le lundi pour la réflexion, le recentrage et l’apprentissage. Symboliquement, car le travail est quotidien : la santé de l’esprit exige des exercices réguliers. « Garder le lundi », c’est interrompre la routine, renouer avec des idées élevées, et se ressourcer au contact d’enseignements reçus avec humilité.
4) Ne pas mépriser autrui
Ne jamais croire posséder une vérité absolue : cela fige l’esprit et mène vite à l’intolérance. Cherchons la vérité avec ardeur, mais avec la conscience de nos limites. L’esprit critique est un outil ; la critique d’autrui devient souvent un poison. L’autre a un droit sacré à penser autrement : il faut plus que tolérer, il faut respecter.
5) Aimer son frère comme soi-même
Se dire « frères » ne suffit pas : la fraternité n’est pas un mot, mais un état d’esprit. Elle se prouve par les actes. Écartons querelles, rancunes, calomnies, tout ce qui abîme la réciprocité. Nous ne sommes pas seulement là pour tracer des plans : nous sommes là pour construire.
6) Ne pas pécher contre l’esprit
Libérons l’esprit de ce qui l’asservit : addictions, illusions, dérives. L’équilibre intérieur, la paix et la justesse morale sont la condition d’un véritable polissage de la Pierre Brute.
7) Ne pas prendre le nom de la Franc-Maçonnerie en vain
Franchir une porte est une chance, mais aussi une responsabilité. La Franc-Maçonnerie accueille, nourrit, mûrit : elle appelle à vivre son idéal sans emphase, avec conscience. Je ne prendrai pas son nom en vain.
Conclusion
Ainsi travaillée, la Pierre Brute acquiert la Force par son ajustement aux autres, la Beauté par l’équilibre, et la Sagesse parce qu’en réfléchissant la lumière, elle devient à son tour une lumière transmise.
Un franc-maçon n’est pas un enfant à qui l’on impose un catéchisme : il est un homme libre, capable de chercher et de trouver la vérité. Tel est le grand but de la franc-maçonnerie.
Texte adapté d’un auteur inconnu.
Adapté d’ un auteur inconnu


