Le franc-maçon part en vacances avec une idée très claire en tête : se reposer. Il l’annonce même solennellement. Repos, déconnexion, lâcher-prise. Il oublie seulement un détail : on ne met pas l’initiation en soute.
Dès l’arrivée, il observe. Toujours. L’hôtel n’est pas orienté correctement, la chambre manque de lumière, et le carrelage du hall lui rappelle vaguement un pavé mosaïque mal assumé. Il se tait, par élégance. Mais il voit tout.
À la plage, pendant que les autres bronzent, il contemple l’horizon. Il y cherche quelque chose. Lui-même, peut-être. Ou simplement le sens caché du coucher de soleil. Il se dit que le soleil, décidément, est bien placé à l’Occident. Sa famille lui demande s’il va bien. Il répond : « Oui, je réfléchissais. » Mauvaise réponse.

En visite touristique, il ne “regarde” pas. Il décrypte. Une église devient un traité de symbolisme. Une cathédrale, une planche grandeur nature. Les colonnes ne sont jamais là par hasard. Les rosaces encore moins. Le guide parle d’architecture ; lui pense initiation. Le guide parle cinq minutes ; lui pourrait parler une heure. Il se retient. Grand progrès intérieur.
Au restaurant, il commande avec tempérance. En théorie. En pratique, il finit toujours par prendre le dessert, au nom de l’équilibre. Il se dit qu’il compensera plus tard. Il ne précise pas quand.
Le soir venu, pendant que les autres dorment, il lève les yeux vers le ciel. Les étoiles sont plus visibles loin de la ville. Il se sent étrangement bien. Pas besoin de rituel, pas de maillet, pas de planche. Juste le silence et l’immensité. Il comprend alors quelque chose d’essentiel : le travail ne s’arrête jamais, mais il change de forme.
Conclusion : un franc-maçon en vacances ne décroche pas vraiment. Il ralentit. Il observe autrement. Il polit sa pierre à coups de sable, de soleil et de silence. Et quand on lui demande s’il s’est reposé, il répond honnêtement : « Oui… intérieurement. »
Chute signature : Le franc-maçon ne part jamais vraiment en vacances. Il change simplement de chantier.



