Une crise nationale qui devient épreuve initiatique… et combat institutionnel
Au premier trimestre 2026, la Grande Loge de Cuba se retrouve au cœur d’une situation exceptionnelle : l’île affronte un effondrement systémique lié à ce que plusieurs observateurs appellent l’« Option Zéro », un plan d’urgence déclenché après l’arrêt des approvisionnements pétroliers vénézuéliens.
Dans ce contexte, la franc-maçonnerie cubaine ne fait pas qu’assurer la continuité de ses travaux : elle doit aussi défendre sa souveraineté, sa légalité interne et la préservation de ses archives historiques.
L’« Option Zéro » : quand l’énergie manque, la Loge s’adapte
La pénurie de carburant et l’aggravation des contraintes extérieures ont plongé le système énergétique cubain dans une crise profonde. Pour les loges, cela signifie coupures prolongées, paralysie administrative, déplacements difficiles, et parfois impossibilité d’assurer les tenues dans des conditions habituelles.
C’est dans ce cadre qu’émerge une expression saisissante : la « franc-maçonnerie solaire ».
Elle désigne une adaptation pragmatique : tenir, organiser, transmettre à la lumière du jour, faute d’électricité stable. Une réponse de survie, mais aussi un symbole puissant : continuer malgré l’obscurité, au propre comme au figuré.

Une tentative de contrôle par la voie juridique
Selon l’analyse reprise ici, le conflit interne s’enclenche autour d’une tentative de contrôle de l’Ordre via la loi 54 relative aux associations, utilisée pour conditionner la validité d’élections et peser sur la gouvernance.
Un événement sert d’accélérateur : le vol de 19 000 dollars destinés à l’Asile maçonnique national de Llansó. L’affaire, dramatique sur le plan social et humain, aurait fourni un levier pour justifier audits, pression institutionnelle et tentatives d’imposer une direction jugée plus “acceptable”.
Résistance civile et légalité maçonnique : un moment charnière
Face à ces manœuvres, des francs-maçons cubains auraient mené une action collective rare : rassemblement, contestation, exigence de retour à la légalité interne.
L’issue marquante rapportée est la reconnaissance de José Manuel Valdés Menéndez-Cuesta comme Grand Maître, présentée comme une victoire de la souveraineté maçonnique contre l’ingérence.
Au-delà des noms et des postes, l’enjeu est fondamental : qui décide dans l’Ordre ?
Les loges selon leurs règles et constitutions — ou des autorités extérieures via des mécanismes administratifs ?
Géopolitique et survie : entre blocus, pénuries et pression extérieure
La crise énergétique est aussi décrite comme intrinsèquement liée à des stratégies de pression internationale, où la rareté devient instrument politique. Dans cette lecture, la franc-maçonnerie cubaine se retrouve à la croisée de deux fronts :
- survivre matériellement (fonctionnement des loges, aide sociale, continuité rituelle)
- tenir institutionnellement (unité, légitimité électorale, autonomie)
Un point critique ressort : la situation de l’Asile de Llansó, confronté à des manques sévères (alimentation, combustible, produits de base), symbole concret de la dimension humanitaire de cette crise.
INDICATEURS CLÉS : SITUATION GÉNÉRALE (2026)
- Situation énergétique : critique ; une large part des loges s’organise en « franc-maçonnerie solaire ».
- Gouvernance : consolidée après rejet d’une tentative d’imposition extérieure.
- Crise humanitaire : l’asile de Llansó fonctionne en conditions dégradées (cuisine au charbon, pénuries).
« Nous écrivons notre histoire dans l’obscurité pour que l’avenir puisse voir la lumière. L’administration de la Grande Loge est aujourd’hui un exploit de survie héroïque. »
— Iban del Valle, Grand Secrétaire (citation rapportée)
Lexique utile
Option Zéro : plan d’austérité maximal face à une pénurie totale de carburant (2026).
Franc-maçonnerie solaire : adaptation des travaux et de l’organisation aux heures de lumière naturelle, en raison des coupures de courant.
Ce que révèle l’épisode cubain
Au fond, cette séquence 2026 met en lumière une réalité souvent oubliée : la franc-maçonnerie n’est pas seulement un espace symbolique, c’est aussi une institution. Et quand une institution traverse une crise de cette ampleur, ses principes sont testés en conditions réelles : autonomie, légalité, fraternité, solidarité, continuité initiatique.
Le “Cercle de Lumière” devient alors une image forte : une chaîne qui tient, même quand tout vacille autour d’elle.


