On peut tout faire “le jeudi soir”. Du sport. Un apéro. Un club. Une association. Mais la franc-maçonnerie, si elle n’est qu’une activité de plus sur l’agenda, devient une caricature : un décor, des tabliers, des titres — et le vide au centre.
La vérité est brutale : une loge qui ne forme pas transforme la maçonnerie en chaîne de montage. On initie, on “passe”, on “élève”, on nomme, on distribue des offices… puis on recommence. Dans quel but ? Souvent, uniquement pour produire ceux qui produiront à leur tour. Une mécanique qui tourne sur elle-même, jusqu’à confondre “avancement” et “rotation”.

Or le rituel n’est pas un spectacle. C’est un outil. Sans étude, sans silence intérieur, sans exigence morale, le rituel se réduit à du perroquet. Il reste la gestuelle, mais la chair a disparu. Et l’on ose appeler cela “progrès quotidien”.
Soyons francs : la maçonnerie n’a jamais été un refuge pour carrières symboliques. Elle fut — et devrait redevenir — une école rude : connaissance de soi, liberté de conscience, fraternité éprouvée, travail intellectuel et spirituel. Pas une bureaucratie initiatique. Pas une obsession des préséances. Pas un “couteau-fourchette” habillé de mots sacrés.
Si un frère sort d’années de maçonnerie sans être plus lucide, plus juste, plus libre, alors il n’a pas avancé : il a seulement circulé.
La franc-maçonnerie n’est pas un passe-temps. C’est une vocation. Et une vocation, ça coûte : du temps, de l’effort, de l’étude, et surtout la seule monnaie qui compte en loge… la transformation réelle.


