22 février – Journée internationale de la Franc-Maçonnerie : célébrer le silence dans un monde qui crie
Il paraît que le 22 février serait devenu, ici ou là, la Journée internationale de la Franc-Maçonnerie.
Aucune proclamation officielle gravée dans le marbre des obédiences, aucun décret universel, aucun rituel particulier pour en fixer le sens. Et pourtant… la date circule, revient, s’installe doucement dans les conversations, comme une lumière discrète au fond du Temple.
Faut-il s’en réjouir ? S’en méfier ? Ou simplement… l’observer.

Une date sans tapage, presque maçonnique en soi
Le 22 février n’est pas une date spectaculaire.
Pas de révolution, pas de chute de trône, pas de serment historique universellement reconnu. Et c’est peut-être précisément pour cela qu’elle résonne avec l’esprit maçonnique.
La Franc-Maçonnerie n’a jamais aimé le vacarme.
Elle préfère les chemins lents, les transformations silencieuses, les travaux qui ne se voient pas immédiatement.
Dans un monde saturé de journées internationales — parfois vidées de leur substance à force d’être brandies — voir la Franc-Maçonnerie associée à une date presque confidentielle a quelque chose de cohérent. Ici, pas de slogan tonitruant. Juste une invitation à réfléchir.
Célébrer quoi, exactement ?
Certainement pas une organisation figée.
Ni une institution parfaite.
Encore moins un pouvoir occulte fantasmé.
Le 22 février, s’il a un sens, ne célèbre ni les temples, ni les décors, ni les titres. Il célèbre une démarche : celle de femmes et d’hommes qui acceptent de se remettre en question, pierre après pierre.
Célébrer la Franc-Maçonnerie, ce n’est pas dire “regardez-nous”.
C’est plutôt se demander, sans complaisance :
Sommes-nous encore fidèles à ce que nous prétendons transmettre ?
Une Journée qui dérange plus qu’elle ne rassure
Car cette date pose une question inconfortable :
👉 Que reste-t-il de l’idéal maçonnique dans nos pratiques quotidiennes ?
Avons-nous encore le courage du doute ?
Savons-nous écouter avant de parler ?
Travaillons-nous vraiment à l’amélioration de l’Homme… ou seulement à la préservation de nos habitudes ?
Une Journée internationale de la Franc-Maçonnerie n’a d’intérêt que si elle ne devient pas une vitrine.
Le jour où elle servira à l’autosatisfaction, elle aura perdu tout sens initiatique.
Un rappel plutôt qu’une célébration
Peut-être que le 22 février n’est pas une fête, mais un rappel à l’ordre intérieur.
Un moment pour se souvenir que l’initiation n’est pas un acquis, mais une exigence permanente.
Rappel que la Franc-Maçonnerie ne vit pas par ce qu’elle affirme, mais par ce qu’elle incarne — parfois imparfaitement, souvent en silence, toujours dans l’effort.
Si cette date doit exister, qu’elle soit cela :
un miroir posé devant chaque Maçon, chaque Loge, chaque Obédience.
Sans discours grandiloquent.
Sans lumière artificielle.
Avec cette simple question, redoutablement maçonnique :
Que fais-je, aujourd’hui, de la Lumière qui m’a été confiée ?
Billet maçonnique de GADLU.INFO


