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Etre Franc-maçon dans la vie profane

Il s’agit d’une belle planche réalisée par un Frère de la Loge « Tolérance et Fraternité »  à l’orient de Genève de la Loge No 46 de la Grande Loge Suisse Alpina à l’Orient de Genève.

Cette planche a été réalisé en contribution à un travail à un thème d’étude. J’ai pensé qu’il était bon de le partager avec vous car libre d’accès sur Internet.

Initié, et de surcroît jeune initié on se pose cette question « Que signifie être Franc-Maçon dans le monde profane ». Et bien, ce beau texte nous guide et nous renseigne…

Un conseil visité le site de cette loge, il est très bien construit et de nombreuses planches y figurent.

A l’inverse des idéologies dont le propre est d’indi- quer au plus grand nombre le chemin à prendre obliga- toirement pour gagner le salut, la Franc-Maçonnerie in- vite ses adeptes à découvrir par eux-mêmes le tracé de vie qui mène à la Connaissance. Par une démarche origi- nale qui ne prend en compte que les seules individuali- tés, elle ne cherche à séduire ni les foules ni les mé- dias. En revanche, elle attend de chaque Maçon en parti- culier qu’il mette en oeuvre les promesses qu’il a faites de travailler à la recherche de la vérité et d’oeuvrer pour le bien de ses semblables. Le dialogue personnel qu’elle entretient avec lui reste du domaine de la con- fidentialité, d’où ce concept de discrétion dont elle s’en- toure et dont elle enveloppe ses.actions. Par conséquent, elle s’interdit tout prosélytisme, n’appuyant sa progres- sion que sur la transmission initiatique, processus de lente maturation, peu en rapport avec l’instantanéité et l’universalité de la communication telle qu’elle se pra- tique de nos jours. Cela veut dire qu’en s’interdisant, par pure éthique, les moyens spectaculaires mis à la dis- position de tous, la Franc-Maçonnerie ne véhicule ses idéaux qu’à partir de l’action de ses adeptes et ceci à la condition explicite qu’ils soient bien intégrés dans leur tissus social pour y prendre une part agissante. La Franc-Maçonnerie a besoin que les initiés tiennent les promesses qu’ils ont faites a l’égard d’eux-mêmes, car la continuité dans le travail au perfectionnement est le premier critère de bonne santé de l’Ordre. La recherche de la vérité ne souffrant aucune lassitude, il faut dé- plorer les absences qui se font plus qu’occasionnelles parce qu’elles tiennent à l’écart du débat d’idées, parce qu’elles empêchent la collaboration aux travaux de loge et parce qu’elles tuent l’esprit de recherche. En bref, l’abstention appauvrit parce qu’elles fait oublier le combat qu’il faut mener sans cesse envers soi- même. Une Franc-Maçonnerie attentive se doit de rappeler à l’or- dre les défaillants et, le cas échéant, se doit de ne plus les compter quand ils restent sourds aux rappels de leurs devoirs. Ne le faisant pas, elle s’alourdit d’une masse inerte qui enjolive l’effectif, certes, mais en le rendant inopérant.

La Franc-Maçonnerie a besoin que les initiés tiennent les promesses qu’ils ont faites a l’égard de leurs semblables car ce n’est que par leurs actions dans la vie de tous les jours qu’elle peut apporter la preuve de sa volonté d’édifier le Temple idéal de l’Humanité. Les initiés véri- tables feront de leur propre famille le chef-lieu de leur équilibre physiguç, mental et spirituel. Envers la Famille, prise au sens général du terme, lieu alchimique où se for- ment les premières orientations, ils prendront des engage- ments qui les conduiront à intervenir dans les associations de parents, l’assistance à la jeunesse, l’aide aux person- nes âgéeset dans toutes les activités sociales engen- drées par la vie communautaire, qu’elles soient profes- sionnelles, politiques ou culturelles. Partout où s’active le genre humain, ils se distingueront par leur aptitude à comprendre les problèmes de leur temps et leur faculté de proposer des solutions acceptables. Au travers de leur quotidien consacré à la Société, c’est toute l’humanité qu’ils côtoient. Et leur perception du sens de la justice les amènera à opérer des choix d’existence en conformité avec le sens de leurs recherches. Ce n’est qu’au prix de l’engagement de ses adeptes dans la vie profane, que la Franc- Maçonnerie peut se rendra utile à la Famille, à la Patrie et à l’Humanité. C’est donc l’action et non le discours qui est attendu, car la Franc-maçonnerie qui ne peut se donner en exemple a besoin que les siens agissent de manière exemplaire. Bien heureusement dénuée d’idéologie à l’intention des masses populaires, elle n’engendrera ni totalitarisme ni tyrannie, ce qui est rassurant mais qui n’enlève rien à la méfiance dont elle fait l’objet. L’abnégation des siens, leur compétence et leur discrétion suffiront lar- gement à son ambition. Il n’en demeure pas moins que pour sauvegarder son efficience elle devra formuler des exi- gences en matière de recrutement et se donner le courage de se détacher de ceux qui se tiennent en retrait, car devenus inutiles pour elle, ils sont inutiles pour leurs semblables.

A.S.: