Il arrive, en Loge, qu’un Frère sente le maillet plus lourd que d’habitude.
Non pas parce que l’Œuvre a perdu son sens, mais parce que le chantier semble tourner au ralenti, et que l’on finit par travailler presque seul.
On entre en charge avec l’élan du bâtisseur : réveiller l’Atelier, ranimer l’esprit, faire vivre la chaîne d’union. Puis viennent les convocations sans écho, les tenues clairsemées, les planches portées par les mêmes épaules. Et l’on découvre une vérité simple : dans une Loge, toutes les pierres ne se taillent pas au même rythme.
La Franc-Maçonnerie est une école de liberté, pas une caserne. Chacun apporte ce qu’il peut, selon sa vie, ses limites, ses saisons. L’oublier serait injuste. Mais il serait tout aussi faux de nier la lassitude de celui qui veille, prépare, répète, relance… et s’entend parfois répondre par le silence.

Alors une question surgit, intime, presque honteuse : est-ce le moment de quitter l’Atelier ?
Chercher un Orient plus vivant, un Temple plus rempli, une Loge où le travail circule sans qu’on le pousse.
Mais partir n’est pas toujours une délivrance. Parfois, c’est abandonner une pierre déjà posée. Parfois, c’est laisser le chantier aux ronces.
La réponse n’est pas de baisser l’idéal, mais de le rendre juste :
ne plus confondre exigence et épuisement,
ne plus croire que porter le Temple seul est un signe de force,
oser demander de l’aide, redistribuer les outils, rappeler que l’Œuvre n’est pas l’affaire d’un seul Frère, fût-il en chaire.
Oui, il y a des soirs où l’on doute.
Oui, il y a des tenues où l’on se sent seul au pied des colonnes.
Mais tant qu’il reste une étincelle, tant qu’il reste quelques mains pour se joindre, il n’est pas temps de fuir.
Il est temps de revenir au centre, de se souvenir pourquoi l’on a frappé à la porte…
et de tenir, humblement, au service du Temple.
Adapté par GADLU.INFO – Basé sur un texte de Erik Geehern


