Dans un article publié le 30 août 2024, le magazine culturel Paris la douce invite ses lecteurs à découvrir le Temple du Droit Humain, siège historique de la première obédience maçonnique mixte. Situé au 5, rue Jules-Breton, dans le XIIIᵉ arrondissement de Paris, cet édifice remarquable se distingue par son imposante façade d’inspiration néo-égyptienne. (Paris La Douce)
Au cœur du XIIIᵉ arrondissement de Paris, le Temple du Droit Humain se distingue par son imposante façade d’inspiration néo-égyptienne. Situé au 5, rue Jules-Breton, cet édifice historique abrite le siège de l’Ordre maçonnique mixte international Le Droit Humain.
À la fois temple maçonnique, monument architectural et symbole de l’égalité entre les femmes et les hommes, le bâtiment témoigne de la naissance de la première obédience maçonnique mixte.
UNE FAÇADE NÉO-ÉGYPTIENNE AU CŒUR DE PARIS
La façade du Temple du Droit Humain surprend immédiatement le passant. Elle associe la pierre claire, la brique rouge et de hautes colonnes évoquant l’architecture de l’Égypte antique.
Le nom « LE DROIT HUMAIN » apparaît en grandes lettres au sommet du bâtiment. Une inscription monumentale rappelle également le principe fondateur de l’obédience :
« Dans l’humanité, la femme a les mêmes devoirs que l’homme. Elle doit avoir les mêmes droits dans la famille et dans la société. »
Cette phrase ne constitue pas un simple élément décoratif. Elle affirme publiquement la volonté du Droit Humain de défendre l’égalité des sexes, notamment dans l’accès à l’initiation maçonnique et aux responsabilités exercées en loge.
UN TEMPLE CONSTRUIT ENTRE 1912 ET 1914
Le projet architectural est confié à Charles Nizet, architecte français né en 1841. La construction commence en 1912 et s’achève en 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale.
En raison du conflit, le Grand Temple n’est officiellement inauguré qu’en 1916. L’édifice devient alors le centre symbolique et administratif de l’Ordre maçonnique mixte international Le Droit Humain.
L’architecture égyptisante s’inscrit dans une tradition fréquemment utilisée pour les temples maçonniques. L’Égypte antique occupe en effet une place particulière dans l’imaginaire initiatique occidental, en raison de ses temples, de ses mystères et de ses nombreux symboles liés à la connaissance.
LE SIÈGE DE LA PREMIÈRE OBÉDIENCE MAÇONNIQUE MIXTE
Le Droit Humain trouve son origine dans la création, en 1893, de la Grande Loge symbolique écossaise de France – Le Droit Humain.
Cette organisation est fondée par Maria Deraismes et Georges Martin. Maria Deraismes était une femme de lettres, une conférencière et une figure pionnière du féminisme français. Georges Martin était médecin, homme politique et franc-maçon.
Tous deux souhaitaient permettre aux femmes de recevoir l’initiation maçonnique dans les mêmes conditions que les hommes. Leur démarche aboutit à la création de la première obédience maçonnique fondée sur une mixité complète.
À une époque où les principales organisations maçonniques demeuraient exclusivement masculines, cette initiative représentait une rupture majeure. Le Droit Humain affirmait que l’égalité entre les femmes et les hommes devait également s’appliquer au sein de la franc-maçonnerie.
DE LA MIXITÉ À UNE DIMENSION INTERNATIONALE
À partir de 1901, l’organisation prend une dimension internationale et devient progressivement l’Ordre maçonnique mixte international Le Droit Humain.
Son développement permet à des loges mixtes de s’implanter dans de nombreux pays. L’obédience défend une franc-maçonnerie ouverte aux femmes et aux hommes, sans distinction d’origine, de nationalité ou de milieu social.
Le siège international demeure installé dans le temple de la rue Jules-Breton. Il ne doit pas être confondu avec le siège de la Fédération française du Droit Humain, situé dans un autre bâtiment du XIIIᵉ arrondissement.
En 2016, l’Ordre était représenté dans plus de soixante pays, confirmant la dimension internationale souhaitée par ses fondateurs.
UN MONUMENT HISTORIQUE PROTÉGÉ
Le Temple du Droit Humain est inscrit en totalité au titre des Monuments historiques depuis l’arrêté du 1ᵉʳ juin 2013.
Cette protection reconnaît à la fois son intérêt architectural, son originalité et sa place dans l’histoire sociale et maçonnique française. Le bâtiment demeure la propriété de l’Ordre maçonnique mixte international Le Droit Humain.
Il convient de préciser que le temple est inscrit au titre des Monuments historiques et non « classé ». L’inscription et le classement constituent deux niveaux distincts de protection patrimoniale.
UN MANIFESTE ARCHITECTURAL POUR L’ÉGALITÉ
Le Temple du Droit Humain est bien davantage qu’un lieu réservé aux travaux maçonniques.
Sa façade peut être considérée comme un véritable manifeste architectural. À travers ses inscriptions et ses références symboliques, elle proclame ouvertement les principes qui ont présidé à la création de l’obédience : égalité, mixité et reconnaissance des mêmes droits pour les femmes et les hommes.
Plus d’un siècle après son inauguration, le bâtiment reste l’un des temples maçonniques les plus remarquables de Paris. Il conserve la mémoire du combat mené par Maria Deraismes et Georges Martin pour ouvrir pleinement la franc-maçonnerie aux femmes.
Adresse : 5, rue Jules-Breton, 75013 Paris
Métro : Saint-Marcel, ligne 5.
RÉFÉRENCE : article « Paris : Temple du Droit Humain, siège de la première loge maçonnique mixte en France », publié le 30 août 2024 par le magazine culturel Paris la douce. (Paris La Douce)


