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IL Y A 232 ANS, LA FRANC-MAÇONNERIE ÉTAIT INTERDITE À BORDEAUX

Réflexions | 11 juillet 2026 | 0 | by A.S.

Le 10 juillet 1794, en pleine période de la Terreur, le représentant en mission Jacques Garnier, dit Garnier de Saintes, prend un arrêté ordonnant la suppression des assemblées maçonniques à Bordeaux.

Le texte vise directement les réunions « connues sous le nom de loges de maçonnerie ». Garnier se félicite ensuite des conséquences de sa décision, affirmant qu’il existait à Bordeaux de nombreuses « loges bâtardes, composées de tous les bâtards de la Révolution ». Les Archives nationales conservent d’ailleurs une lettre de Garnier concernant les loges maçonniques bordelaises.

DE L’ESPOIR RÉVOLUTIONNAIRE À LA MÉFIANCE

En 1789, de nombreux francs-maçons avaient accueilli favorablement les idéaux de liberté et d’égalité portés par la Révolution. Une part importante des députés réunis aux États généraux appartenait également à la franc-maçonnerie, même si leur nombre exact reste discuté par les historiens.

À partir de 1792, le climat politique se durcit considérablement. Les loges, fréquentées notamment par des bourgeois, des notables et certains aristocrates, deviennent suspectes aux yeux des autorités révolutionnaires. Le pouvoir jacobin tolère de moins en moins ces lieux de réunion relativement autonomes, dans lesquels la parole et les idées peuvent circuler en dehors des structures officielles.

Plusieurs loges françaises sont alors contraintes de suspendre leurs travaux ou sont directement fermées par les représentants en mission. L’interdiction prononcée à Bordeaux s’inscrit ainsi dans un mouvement plus général de répression des sociétés considérées comme secrètes ou politiquement dangereuses.

Après le retour des Bourbons, Jacques Garnier est banni de France en raison de son passé de conventionnel régicide. Exilé aux États-Unis, il meurt accidentellement noyé dans la rivière Ohio en 1818.

Référence : Les visites d’Hubert – Guide à Bordeaux et sa région.

Note historique : la publication des Visites d’Hubert indique le 10 juillet 1794, tandis que certaines études universitaires datent l’arrêté formel du 11 juillet.

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