Référence : d’après l’article vidéo Protestants et francs-maçons, entre affinités et divergences, publié par Regards protestants le 3 septembre 2020.
Les relations entre protestantisme et franc-maçonnerie sont anciennes, riches et parfois complexes. Historiquement, la franc-maçonnerie moderne naît en Angleterre dans un contexte marqué par les tensions religieuses et par l’héritage de la Réforme.
Fondée officiellement le 24 juin 1717, la franc-maçonnerie moderne est profondément liée, dès ses origines, à des figures protestantes. Jean Théophile Désaguliers, fils d’un pasteur rochelais, et James Anderson, pasteur calviniste, jouent notamment un rôle majeur dans la structuration des premières constitutions maçonniques.
Introduite en France vers 1725, la franc-maçonnerie devient rapidement un espace de sociabilité, de dialogue et d’intégration. Pour de nombreux protestants, longtemps minoritaires et parfois marginalisés, les loges offrent un lieu de rencontre, d’échange et de réflexion autour de valeurs communes : liberté de conscience, tolérance, fraternité et recherche spirituelle.
Au fil du XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie française évolue. D’abord marquée par une référence religieuse forte, elle devient progressivement plus libérale, plus ouverte aux différentes confessions et moins centrée sur l’appartenance religieuse de ses membres. Cette évolution accompagne les grands débats intellectuels de l’époque, jusqu’à la Révolution française, où plusieurs figures protestantes et maçonnes jouent un rôle important.
L’article rappelle également la distinction entre deux grands courants maçonniques : la franc-maçonnerie régulière, fidèle aux origines anglaises et très présente dans les pays protestants, et la franc-maçonnerie libérale ou adogmatique, particulièrement développée en France et dans certains pays latins.
Si des affinités existent entre protestants et francs-maçons, notamment autour de la liberté de conscience et de la tolérance, des divergences demeurent. Certains courants protestants, en particulier évangéliques, considèrent la franc-maçonnerie comme incompatible avec leur foi. D’autres, au contraire, ne voient aucune contradiction entre engagement protestant et démarche maçonnique.
Ainsi, les liens entre protestantisme et franc-maçonnerie ne peuvent se résumer à une simple proximité ou à une opposition nette. Ils relèvent d’une histoire longue, faite de convergences, de débats, de tensions et de dialogues.
Une réflexion passionnante pour mieux comprendre comment deux traditions distinctes ont pu, selon les époques, se croiser autour d’une même exigence : penser librement, chercher la vérité et faire vivre la tolérance.


