MISCELLANÉES MAÇONNIQUES
par Guy Chassagnard
Chronique 484
1936 – GLDF : le port du tablier maçonnique

Les adeptes du Rite écossais ancien et accepté se félicitent souvent d’être les fidèles gardiens de la tradition ésotérique. Se souviennent-ils, cependant, des premiers temps de leur obédience, savoir la Grande Loge de France – née du Suprême Conseil de France en 1895, et non constituée en… 1728 comme parfois dit ?
Quand leurs devanciers insistaient pour ne pas travailler sous les auspices du GADLU ; fumaient et buvaient, voire mangeaient en loge ; ou encore oubliaient sciemment de poser le Volume de la Loi sacrée sur l’autel des serments…
Tout cela n’étant que pure vérité.
Aussi n’est-il pas inutile de rappeler à ces Écossais les travaux du convent de septembre 1936.

On y discute de la situation en Espagne, du statut des loges d’adoption, du droit d’asile, du rôle de la Franc-Maçonnerie, et… on y enregistre le vœu d’une loge que « la Grande Loge de France remette en honneur parmi ses membres le port du tablier, emblème du travail ».
Selon la règle en usage, l’examen du vœu est reporté au convent suivant qui l’adoptera.
Dans une circulaire diffusée dès octobre 1936, la GLDF explique qu’il ne s’agit pas d’imposer la dépense d’un tablier aux frères déjà pourvus d’un cordon de maître ; mais d’encourager les ateliers de la fédération à disposer d’un jeu de tabliers d’officiers pour leur « cinq premiers dignitaires ».
Seuls seront tenus de porter un tablier les frères faisant désormais l’objet d’une élévation à la maîtrise.
« Nous ne saurions trop attirer votre attention, est-il dit dans le texte, sur ce vœu qui tend à inciter les ateliers à reprendre une coutume, toujours observée par la Maçonnerie du monde entier. »
Ainsi le tablier est-il entré, au XXe siècle, dans les temples de la GLDF…
En franc-maçon de tradition, attaché à l’histoire de ce qui fut jadis le Métier de la Maçonnerie avant que de devenir la Maçonnerie spéculative des Maçons libres et acceptés, notre frère Guy Chassagnard met en chroniques ce qu’il a appris dans le temple et… dans les textes ; en quarante et quelques années de pratique maçonnique. Ceci selon un principe qui lui est cher : Apprendre en apprenti, comprendre en compagnon, partager en maître.
© Guy Chassagnard — Auteur de :
- Le Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie (Segnat, 2016)
- La Franc-Maçonnerie en Question (Dervy, 2017)
- Les Constitutions d’Anderson (1723) & la Maçonnerie disséquée (1730) (Dervy, 2018)
- La Chronologie de la Franc-Maçonnerie (Segnat, 2019)
- Les Annales de la Franc-Maçonnerie (Segnat, 2019)


