MISCELLANÉES MAÇONNIQUES
par Guy Chassagnard

Chronique 472
1910 – La Grande Loge Nationale Indépendante…
Nous sommes en l’année 1910, lorsque plusieurs membres du Grand Orient de France, dont les frères Édouard de Ribaucourt (1865-1936) et Camille Savoire (1869-1951), fervents partisans de la tradition maçonnique, bien qu’appartenant à la Franc-Maçonnerie adogmatique, décident de restaurer la pratique du Rite écossais rectifié, depuis longtemps tombé en désuétude.
Dans un premier temps, ils décident de réveiller Le Centre des Amis, dernière loge française du rite, disparue en 1838 ;

• dans un second, ils obtiennent – étant tous deux 33e du REAA – du Grand Prieuré d’Helvétie d’être « armés » Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte (CBCS), ainsi qu’une patente leur donnant pouvoir de « constituer en France des loges symboliques des quatre grades » du RER ;
• dans un troisième, ils informent le Grand Orient de leur initiative, ainsi que de la création d’une loge de Maître écossais souchée sur Le Centre des Amis.
Alors surgissent pour Édouard de Ribaucourt et Camille Savoire des obstacles divers.
Le Grand Orient, qui refuse d’admettre en territoire français « l’ingérence d’une autorité maçonnique étrangère », exige que Le Centre des Amis et sa loge verte relèvent de sa seule autorité ;
• que la pratique du RER fasse l’objet d’un traité conclu entre lui et le Grand Prieuré d’Helvétie et non entre ce dernier et certains de ses membres ;
• surtout que les rituels écossais soient expurgés de toute référence au Grand Architecte de l’Univers, pour ne pas contrevenir aux principes de laïcité qui lui sont chers.
Deux années s’écoulent en sommations, tractations et hésitations.
Finalement, en 1913, Édouard de Ribaucourt doit se résoudre à quitter le Grand Orient de France.
Surtout, il a guidé – bien que vivant depuis 1930 en Égypte – les activités de la loge La Grande Triade, fondée en 1947, sous l’égide de la Grande Loge de France.
En franc-maçon de tradition, attaché à l’histoire de ce qui fut jadis le Métier de la Maçonnerie avant que de devenir la Maçonnerie spéculative des Maçons libres et acceptés, notre frère Guy Chassagnard met en chroniques ce qu’il a appris dans le temple et… dans les textes ; en quarante et quelques années de pratique maçonnique. Ceci selon un principe qui lui est cher : Apprendre en apprenti, comprendre en compagnon, partager en maître.
© Guy Chassagnard — Auteur de :
- Le Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie (Segnat, 2016)
- La Franc-Maçonnerie en Question (Dervy, 2017)
- Les Constitutions d’Anderson (1723) & la Maçonnerie disséquée (1730) (Dervy, 2018)
- La Chronologie de la Franc-Maçonnerie (Segnat, 2019)
- Les Annales de la Franc-Maçonnerie (Segnat, 2019)


