C’est probablement la question la plus posée à un franc-maçon. Juste après :
« Alors… vous avez vraiment des trésors cachés ? »
et juste avant :
« Tu peux me dire si mon voisin est franc-maçon ? »
Mais revenons à l’essentiel.
Car, tôt ou tard, quelqu’un finit toujours par demander, d’un air mystérieux :
— Dis-moi… comment devient-on franc-maçon ?
La réponse pourrait être simple. Mais comme nous sommes en franc-maçonnerie… rien n’est jamais simple.
Première étape : ne pas être recruté
Contrairement à ce que pensent certains, la franc-maçonnerie ne recrute pas.
Personne ne frappe à votre porte en disant :
— « Bonjour, nous avons remarqué votre potentiel ésotérique. »
Non. Rien de tout cela.
La règle est simple : on ne vous propose rien.
Ce qui donne parfois des conversations étonnantes :
— « Je pourrais devenir franc-maçon ? »
— « Peut-être. »
— « Comment ? »
— « Il faut demander. »
— « À qui ? »
— « À un franc-maçon. »
— « Mais je n’en connais pas. »
— « Alors vous êtes déjà sur la bonne voie. »

Deuxième étape : demander… sans trop savoir ce qu’on demande
Le futur candidat finit par trouver un franc-maçon (souvent un ami, un collègue ou quelqu’un qui a mystérieusement une bibliothèque pleine de livres symboliques).
Il pose alors la question fatidique :
— « Comment devient-on franc-maçon ? »
Le franc-maçon, fidèle à la tradition, répond généralement par une phrase pleine de sagesse… et un peu vague :
« Il faut d’abord vouloir travailler sur soi. »
Le candidat hoche la tête, comme s’il avait parfaitement compris.
En réalité, il pense surtout :
« Bon… ça veut dire quoi exactement ? »
Troisième étape : les fameuses enquêtes
Si la demande est sérieuse, commence alors une phase très particulière : les enquêtes.
Des francs-maçons viennent discuter avec le candidat.
Rien d’inquiétant… enfin presque.
On parle de valeurs, de motivations, de philosophie, parfois même de la vie.
Le candidat ressort souvent de ces entretiens avec deux impressions :
- Les francs-maçons posent beaucoup de questions.
- Ils ne donnent presque jamais les réponses.
Quatrième étape : l’attente… l’art maçonnique par excellence
Ensuite vient l’étape la plus initiatique de toutes : attendre.
Car en franc-maçonnerie, on apprend très vite une chose essentielle :
la patience est une vertu symbolique.
Pendant ce temps, le candidat imagine toutes sortes de choses :
- un conseil secret qui délibère dans une salle obscure
- des parchemins anciens
- peut-être même un vote solennel à la lueur des bougies
La réalité est souvent plus simple :
— « On en parle à la prochaine tenue. »
Cinquième étape : la fameuse initiation
Si tout se passe bien, le candidat est invité à vivre l’initiation.
C’est un moment particulier que tout franc-maçon se souvient avoir vécu avec intensité.
Et c’est aussi le moment où l’on comprend enfin une chose essentielle :
On ne devient pas franc-maçon en un jour.
On commence simplement le chemin.
La vraie réponse à la question
Alors finalement…
Comment devient-on franc-maçon ?
La réponse est peut-être plus simple qu’il n’y paraît.
On devient franc-maçon :
- en étant curieux
- en acceptant de se remettre en question
- en cherchant à comprendre le monde et soi-même
Et surtout…
en acceptant que les réponses importantes prennent du temps.
Et puis il y a la dernière étape…
Celle dont personne ne parle vraiment.
Le jour où, après quelques années, quelqu’un vous regarde avec un air mystérieux et vous demande :
— « Dis-moi… comment devient-on franc-maçon ? »
Et vous répondez, avec un sourire discret :
« Eh bien… c’est une longue histoire. » 🔹


