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DÉBATTRE LES TABOUS MAÇONNIQUES

Edito, Réflexions | 17 février 2026 | 0 | by A.S.

La Franc-Maçonnerie aime se présenter comme un espace de liberté de pensée. Elle se proclame initiatique, humaniste, parfois même subversive. Pourtant, dès que l’on touche à certains sujets, le silence tombe. Malaise. Regards fuyants. Tabou.

Car il existe, au cœur même des loges, des sujets qu’il ne faudrait surtout pas aborder. Ou plutôt : qu’il vaudrait mieux aborder à voix basse, entre initiés consentants, jamais trop fort, jamais trop loin. Comme si penser librement avait ses limites. Comme si la liberté s’arrêtait là où commence le confort collectif.

On débat volontiers de symbolisme, de morale universelle, de spiritualité abstraite. Mais dès qu’il s’agit de parler du pouvoir, de l’entre-soi, des dérives obédientielles, des stratégies d’influence, du déclin de certaines pratiques, ou simplement de l’ennui en loge, les colonnes se figent. On invoque alors la Tradition. Ou pire : « ce n’est pas maçonnique ».

Mais depuis quand penser contre soi-même serait-il anti-maçonnique ?

Il y a un paradoxe criant : une institution qui prétend former des esprits libres produit parfois des frères et des sœurs prudents, dociles, auto-censurés. On redoute de déranger. On redoute d’être étiqueté. On redoute de « mal travailler ». Comme si le travail maçonnique consistait avant tout à ne pas faire de vagues.

Prenons quelques tabous bien connus.
👉 La régularité : sujet inflammable, où l’argumentation laisse vite place au réflexe identitaire.
👉 La mixité : toujours discutée, rarement dépassée.
👉 Le rapport au sacré : souvent proclamé, rarement interrogé.
👉 La politisation implicite des loges, malgré les interdictions formelles.
👉 Le recrutement : trop laxiste pour les uns, trop élitiste pour les autres — mais rarement remis en question collectivement.

Et surtout, ce tabou suprême : oser dire que tout ne fonctionne pas bien.

Car critiquer la Franc-Maçonnerie, même de l’intérieur, est souvent vécu comme une trahison. Comme si aimer l’Ordre obligeait à le défendre coûte que coûte. Or c’est précisément l’inverse : on ne transforme que ce que l’on ose regarder lucidement.

Débattre des tabous maçonniques, ce n’est pas vouloir détruire. C’est refuser la fossilisation. C’est refuser que l’initiation devienne un rituel vidé de sa force transformatrice. C’est refuser que les loges se transforment en clubs culturels polis, confortables, mais inoffensifs.

La Maçonnerie n’a jamais progressé par le consensus mou. Elle s’est construite par des ruptures, des scissions, des désaccords, parfois violents, souvent féconds. L’histoire maçonnique n’est pas une ligne droite : c’est une tension permanente entre tradition et remise en question.

Alors oui, débattre des tabous dérange. Oui, cela crée de l’inconfort. Mais depuis quand l’initiation promet-elle le confort ?

Le silence n’est pas toujours un signe de sagesse. Parfois, il est simplement le masque de la peur : peur de perdre sa place, son grade, son réseau, sa reconnaissance. Pourtant, une Franc-Maçonnerie qui ne supporte plus la critique cesse d’être initiatique. Elle devient institutionnelle, gestionnaire, défensive.

Il est temps d’oser poser les vraies questions, sans arrogance mais sans lâcheté.
Il est temps de rappeler que la fraternité n’est pas l’unanimité, et que le débat n’est pas une menace mais une respiration.
Il est temps, peut-être, de réapprendre à tailler la pierre… y compris quand elle nous ressemble.

Car au fond, le plus grand tabou maçonnique n’est peut-être pas ce que l’on n’ose pas dire.
Mais ce que l’on sait déjà, et que l’on préfère taire.

Billet d’humeur maçonnique de GADLU.INFO

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