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LE PARADOXE D’ÉPICURE ET LE GADLU : ENTRE MAL, LIBERTÉ ET RESPONSABILITÉ HUMAINE

Planches, Réflexions | 13 février 2026 | 0 | by A.S.

LE PARADOXE D’ÉPICURE ET LE G\∴A\∴D\∴L\∴U\∴ : ENTRE MAL, LIBERTÉ ET RESPONSABILITÉ HUMAINE

Parmi les grandes interrogations philosophiques qui traversent les siècles, le paradoxe d’Épicure demeure l’un des plus dérangeants. Simple dans sa formulation, redoutable dans ses implications, il questionne frontalement l’idée d’un principe suprême à la fois bon, puissant et juste. Une interrogation qui ne peut laisser indifférent le franc-maçon lorsqu’il évoque le Grand Architecte de l’Univers.

Le paradoxe d’Épicure : une question sans concession

Attribué au philosophe grec Épicure (IVᵉ – IIIᵉ siècle av. J.-C.), le paradoxe se formule ainsi :

Si Dieu veut empêcher le mal mais ne le peut pas, il n’est pas tout-puissant.
S’il peut l’empêcher mais ne le veut pas, il est malveillant.
S’il peut et veut l’empêcher, pourquoi le mal existe-t-il ?
S’il ne peut ni ne veut, pourquoi l’appeler Dieu ?

Cette réflexion ne vise pas tant à nier le divin qu’à mettre en lumière une tension fondamentale entre le mal, la liberté et la toute-puissance. Elle interroge moins la foi que la cohérence des représentations humaines du divin.

Le G∴A∴D∴L∴U∴ n’est pas le Dieu des théologies dogmatiques

C’est ici que la franc-maçonnerie introduit une distinction essentielle. Le Grand Architecte de l’Univers n’est ni le Dieu vengeur, ni le Dieu providentiel, ni même nécessairement le Dieu personnel des religions révélées. Il est un principe symbolique, une hypothèse de travail, un point d’élévation commun permettant à des hommes de convictions différentes de travailler ensemble.

Le G∴A∴D∴L∴U∴ ne gouverne pas le monde à la manière d’un souverain omnipotent. Il ordonne, structure, donne sens, mais ne se substitue jamais à la responsabilité humaine. En ce sens, le paradoxe d’Épicure ne le vise pas directement : il s’adresse à une conception théologique précise, étrangère à l’approche initiatique.

Le mal comme champ de travail, non comme échec du principe

Dans une lecture maçonnique, le mal n’est pas la preuve de l’absence du G∴A∴D∴L∴U∴, mais le lieu même du travail de l’homme. La pierre brute n’est ni parfaite ni pure : elle est imparfaite par nature. Et c’est précisément cette imperfection qui justifie l’initiation.

Le mal, l’injustice, la souffrance ne sont pas niés. Ils sont reconnus comme des réalités du monde profane, appelant une transformation intérieure et collective. Le G∴A∴D∴L∴U∴ ne supprime pas le mal : il offre un cadre symbolique dans lequel l’homme peut apprendre à le comprendre, le contenir et le dépasser.

Liberté humaine et responsabilité initiatique

Le paradoxe d’Épicure repose sur une attente : celle d’un Dieu qui interviendrait directement pour corriger le monde. La franc-maçonnerie inverse cette logique. Elle place l’homme au centre, non comme victime du mal, mais comme acteur responsable de son dépassement.

Le G∴A∴D∴L∴U∴ ne sauve pas l’homme à sa place. Il l’invite à se construire, à se redresser, à éclairer ce qui est obscur. La liberté humaine n’est pas un problème à résoudre, mais une condition essentielle du progrès moral.

Une réponse initiatique plutôt que théologique

Là où le paradoxe d’Épicure cherche une réponse logique, la franc-maçonnerie propose une réponse symbolique et initiatique. Elle ne prétend pas expliquer le mal ; elle enseigne à travailler malgré lui, avec lucidité et humilité.

Le silence du G∴A∴D∴L∴U∴ face au mal n’est pas une indifférence, mais un appel :
celui fait à l’homme de devenir co-architecte du monde, pierre après pierre, acte après acte.

Le paradoxe d’Épicure n’est pas une menace pour la pensée maçonnique. Il en est, au contraire, un stimulant. Il rappelle que toute représentation figée du divin devient une idole intellectuelle. Le G∴A∴D∴L∴U∴, en tant que symbole vivant, échappe à ces pièges.

Dans l’espace initiatique, la question n’est donc pas :
« Pourquoi le mal existe-t-il ? »
mais plutôt :
« Que faisons-nous, librement et consciemment, face à lui ? »

Et c’est peut-être là que commence véritablement le travail.

  • Librement inspiré d’un texte de Roberto Aguilar MS Silva, MM – ARLS Sentinela da Fronteira, No. 53, Corumbá, MS (Académie maçonnique des lettres du Mato Grosso do Sul) – Brésil

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