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L’HABIT NE FAIT PAS LE MOINE, LE PINGOUIN NE FAIT PAS POUR AUTANT LE FRANC-MACON

Planches, Réflexions | 13 février 2026 | 0 | by A.S.

Cette publication est une contribution de Gérard L. pour le blog, sous forme de récit littéraire à la fois initiatique et satirique.

Dans une Chambre du milieu à la fois intime et rituelle, Eckhart et Camus s’affrontent doucement sur une vérité simple : l’essence ne se résume pas aux apparences. L’irruption d’un pingouin en redingote, sérieux et burlesque, fait basculer le débat vers une dérision initiatique où le rituel se révèle autant par le rire que par la gravité. Au final, ce récit rappelle que la fraternité se mesure moins à l’habit qu’à la capacité de déposer ses rôles et de chercher, ensemble, un peu de chaleur au cœur du doute.


L’habit ne fait pas le moine, le pingouin ne fait pas pour autant un franc‑maçon

Préambule

L’expression « l’habit ne fait pas le moine » tirerait son origine des guerres génoises au XIIIᵉ siècle. L’italien François Grimaldi se serait déguisé en moine pour s’emparer du Château de Monaco. Une fois à l’intérieur, il aurait ouvert les portes aux soldats qui se sont rapidement emparés des lieux.

Mais il ne faut pas considérer si légèrement les œuvres de Dieu. Car vous-mêmes vous dites que le pingouin, et tel est vêtu d’un costume noir qui au‑dedans n’est rien moins qu’un animal, et tel est vêtu d’une redingote qui, dans son courage, n’a rien à voir avec un Frère. C’est pourquoi il faut ouvrir le rituel et soigneusement peser ce qui y est traité.

(Inspiré de : Gargantua (1534) – François Rabelais)

Précision : ce texte se présente comme un récit littéraire et non comme une pièce de théâtre au sens strict ; les indications scéniques y figurent comme éléments descriptifs et poétiques.

Ouverture : La Chambre du milieu

Visuel d’ouverture

La Chambre du milieu n’est pas une abstraction. C’est une alcôve aux murs de pierre badigeonnés de bleu‑gris, un tapis usé au centre, deux chaises en bois face à face et, en retrait, une troisième chaise plus basse. Une fenêtre étroite laisse filtrer un rai de lumière froide. Une cheminée éteinte exhale encore une odeur de cendre. Sur une table basse, une louche en argent repose sur un drap noir à côté d’un chapeau haut‑de‑forme cabossé. Une horloge murale sans aiguilles émet un tic sourd, comme un cœur qui hésite.

Effet

Le lieu est intime et rituel. Il a une mémoire. Le public comprend d’emblée qu’on n’est pas dans un salon ordinaire mais dans un espace où l’on vient déposer des rôles et où chaque objet porte une histoire.

Scènes

1 : Introduction

Visuel : Chambre du milieu, deux chaises face à face.

Narration : « L’habit ne fait pas le moine. »

Action : Eckhart (serein) s’assoit ; Camus (cigarette, air pensif) s’installe.

2 : Mise en situation

Visuel : Gros plan sur Eckhart, mains ouvertes.

Eckhart : « L’essence dépasse les vêtements ; l’intérieur compte. »

3 : Réplique camusienne

Visuel : Camus, regard direct.

Camus : « Et si l’on choisit l’absurde, l’habit sert encore à se protéger du froid. »

4 : Apparition du pingouin

Visuel : Un pingouin élégant passe entre eux, redingote. Un détail burlesque discret : une poche de la redingote laisse dépasser une cuillère en plastique.

Eckhart (sourire) : « Voilà un animal bien habillé. »

5 : Le pingouin prend place

Visuel : Le pingouin s’arrête, se tourne vers eux, puis grimpe avec dignité sur la troisième chaise qui n’était pas là une seconde plus tôt.

Pingouin (calme, presque docte) :

« Messieurs, l’habit ne fait pas le moine, mais il protège du vent du Sud. Et croyez‑moi, j’en viens. »

Camus (sourire en coin) :

« Voilà donc un voyageur de l’absurde. Il traverse les latitudes comme on traverse une idée. »

Eckhart (mains jointes) :

« Tout voyage est intérieur. Même un pingouin, s’il écoute, peut entendre la lumière. »

Pingouin (penchant la tête) :

« La lumière, je veux bien. Mais dans votre Chambre du milieu, il fait un froid de banquise. »

Visuel : Les trois se regardent. Un silence. La Chambre se teinte d’un bleu profond, comme si la mer entrait dans le rituel.

Narration :

« Car enfin, si l’habit ne fait pas le moine, il ne fait pas non plus le pingouin.

Mais il révèle parfois ce que chacun cherche à cacher : le froid, le doute, ou la quête d’un peu de chaleur fraternelle. »

Interlude : L’Ombre et le Souffle

Visuel : La lumière se retire en couches. Une ombre longue descend du plafond et vient s’allonger au centre. Les chaises restent immobiles.

Son : Un souffle unique, profond, tenu comme une note. Un froissement de tissu, puis silence.

6 : Le débat s’élargit

Visuel : Les trois sièges forment un triangle. Une lumière douce tombe du plafond.

Camus (tapotant sa cigarette) :

« Tu parles du vent du Sud… mais ici, nous cherchons surtout à comprendre ce qui nous traverse. Le froid, le doute, ou l’absurde. »

Eckhart (penché) :

« Le doute n’est qu’un vêtement de l’âme. On peut le déposer, comme une redingote. Encore faut‑il savoir ce qui demeure quand on l’ôte. »

Pingouin (levant une aile) :

« Moi, quand j’enlève ma redingote, je reste un pingouin. Ce n’est pas grand‑chose, mais c’est déjà moi. »

Visuel : Les ombres se rejoignent au sol, formant un seul contour indistinct.

Narration :

« Dans la Chambre du milieu, l’habit n’est ni masque ni mensonge : il est passage.

Et parfois, il faut un pingouin pour rappeler aux hommes que la simplicité est une forme de vérité. »

7 : Dérision rituelle

Visuel : Retour de la lumière chaude en cercle sur la table. La louche brille. Le chapeau est posé comme un trophée. Le tapis frissonne.

Action et gestes

1.         Nomination solennelle : le pingouin prend la louche, la montre au public comme un reliquaire. Son sérieux est outré, presque cérémonial.

2.         Rituel mimé : trois frappes sur la table, trois respirations, trois inclinaisons. Les gestes se répètent, deviennent motif.

3.         Désacralisation progressive : la redingote est posée sur la louche comme un drapeau ; elle glisse et révèle un pingouin qui bâille. Le contraste entre solennité et banalité crée le comique.

4.         Chute : la bougie éclate en confettis lumineux. Le pingouin salue ; Camus allume une cigarette qui s’éteint aussitôt ; Eckhart rit comme on bénit une farce. Le triangle devient trapèze ; la Chambre se transforme en cabaret sans perdre sa dignité.

Dialogues rythmés

Pingouin :

« Messieurs, pour ouvrir le rituel il faut d’abord nommer l’instrument. Voici la louche sacrée. Qui la porte, porte la vérité. »

Camus :

« Très bien. Si la louche donne sens, je veux bien être l’absurde cuisinier. Mais je refuse la toque. Elle gratte. »

Camus (reprenant, presque en aparté) :

« N’oubliez jamais que porter une toque, c’est d’avoir le destin d’une feuille morte. »

Eckhart :

« La toque gratte parce qu’elle est portée par l’orgueil. Déposons‑la et voyons ce qui reste. »

Pingouin (facétieux) :

« Voyez‑vous, la redingote n’est qu’un rideau. Tirez‑le, et la scène est la même. »

Narration :

Ils rient. Le rituel se délite en plaisanterie, la plaisanterie se pare d’un rituel. Les ombres dansent ; la bougie éclate en pluie de confettis lumineux.

Effets techniques

•          Lumière : retour chaud, faisceau étroit sur la louche, éclat confettis au moment de la chute.

•          Son : trois frappes amplifiées, froissement de tissu, petit rire enregistré qui se mêle aux rires des personnages.

•          Accessoires : la louche doit être lourde et sonore ; la redingote usée ; le chapeau cabossé.

•          Chorégraphie : répéter les trois gestes pour en faire un motif reconnaissable et comique.

Conclusion

Résumé symbolique

L’habit n’a pas fait le moine, la redingote n’a pas fait le Frère. Mais l’habit, la louche, la toque, la redingote ont servi de prétexte pour se rencontrer, déposer des certitudes et rire ensemble. Le rituel, même tourné en dérision, révèle ce qu’il cache : la recherche d’un point chaud au milieu du froid, d’une parole partagée au milieu du silence.

Portée philosophique

Entre Camus et Eckhart, entre sérieux et ironie, la scène montre que la vérité n’est pas toujours solennelle. Elle peut se glisser dans une plaisanterie, se cacher sous une redingote, ou se tenir droite dans le regard d’un pingouin. La fraternité se mesure moins aux vêtements qu’à la capacité de se dévêtir des rôles et de se tenir, nus d’artifice, face à l’autre.

Chute rabelaisienne

« Si l’habit ne fait pas le moine, qu’importe : qu’il fasse au moins un bon dîner. »

Dernier plan scénique

La lumière se retire en un cercle plus petit. Les trois silhouettes se détachent, puis s’effacent lentement. L’horloge sans aiguilles émet un dernier tic sourd. Le public garde l’image d’une table invisible où l’on a posé des mots, et la sensation qu’un rituel peut être à la fois sérieux et farce.

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