Communiqué du Collectif Laïque National du 3 février 2026 – De la naissance à la mort : laïcisation des corps

L’hostilité de la majorité du Sénat à la liberté de chacun de décider de sa propre fin de vie est connue, mais c’est à une caricature de débat que l’on a assisté lors de l’examen, par la haute chambre, de la proposition de loi votée par l’Assemblée Nationale.
Les rapporteurs de la Commission des affaires sociales du Sénat avaient déjà largement dénaturé la proposition de loi en un retour pur et simple à la loi Cleys-Leonetti, dont le texte adopté par l’AN entendait précisément pallier les insuffisances.
Mais lors de l’examen en séance publique, sous pression de sa frange la plus conservatrice, le Sénat, en supprimant l’article 4 portant sur le dispositif d’assistance médicalisée, est allé bien au-delà des propositions d’amendement des rapporteurs, si bien que le texte n’évoque plus une aide à mourir, ni même une assistance encadrée.
Le Collectif ne peut oublier que les arguments prétendument anthropologiques avancés sur l’interdit fondamental que « la vie humaine ne se donne pas et ne se supprime pas […] rappellent ceux qui étaient avancés, il n’y a pas si longtemps, pour s’opposer à l’IVG ou tenter de donner un statut juridique de personne au foetus.
Le Collectif réaffirme que la généralisation et l’amélioration des soins palliatifs est une nécessité avérée et urgente, qui ne peut pour autant se substituer au droit de chacun à une mort choisie. La volonté très largement exprimée par les patients, les familles, les citoyens via la Convention citoyenne, doit être respectée.
Le Collectif suivra avec attention le parcours législatif de la proposition de loi après son retour à l’Assemblée Nationale.
Fait à Paris, le 03 février 2026


