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L’ALCHIMIE : TRAVAUX PRATIQUES

Planches, Réflexions | 3 février 2026 | 0 | by A.S.

Ce texte est une contribution de J∴P∴, partagée fraternellement pour nourrir la réflexion et le travail en Loge. »

En passant du rejet à la compréhension, cette planche montre que l’alchimie, au-delà du folklore, est un langage initiatique de transformation intérieure : dissoudre l’épais, révéler l’or caché, et cheminer de l’Œuvre au noir vers la lumière.


L’Alchimie : voici un sujet fascinant auquel j’ai choisi de m’atteler. Je ne me doutais pas alors de l’aventure dans laquelle j’allais m’embarquer, ni des tempêtes que j’allais devoir affronter.

Au départ, je n’en savais pas grand-chose. Comme beaucoup, je ne connaissais que le folklore : changer le plomb en or, la pierre philosophale, Nicolas Flamel… et c’était tout. Je me lançai alors dans un voyage à la recherche de documents et de témoignages. Mais très vite, ce voyage prit des allures de traversée en mer agitée. La masse d’ouvrages et d’informations me submergea comme une vague : je manquai de me noyer avant même d’avoir pris le large. Lesquels choisir ? Lesquels lire, lesquels visionner ? Mon voyage à peine commencé, je m’égarais déjà dans l’océan de l’alchimie.

Comment sortir de ce naufrage ? Je décidai de me recentrer et de me remémorer mon enseignement. Alors, soudain, une lumière jaillit comme un phare au milieu de la nuit. Comme le disent souvent mes Frères plus aguerris : « Tout est dans le rituel. »

J’ouvris donc mon rituel d’Apprenti et tombai sur une phrase qui m’accompagne toujours : « Demandez et vous recevrez. » Mais bien sûr ! Je compris que je n’avais pas osé demander, retenu par un orgueil persistant, ressurgi comme un vieux démon. Me voilà sanctionné par moi-même. Une fois cette leçon intégrée, je choisis enfin l’humilité. C’est alors qu’un Frère bienveillant vint à mon secours et me remit une quantité d’ouvrages, comme une main tendue pour me hisser hors des flots et me permettre de reprendre la route.

Mon voyage put se poursuivre, et, à mesure que je m’enfonçais dans ces lectures, j’eus l’impression de perdre la raison. Jamais je n’avais lu d’écrits aussi décousus et apparemment dénués de sens. On y parle de dragons, de lion vert, de lion rouge — pourquoi pas d’un éléphant rose, tant qu’on y est ? La pierre philosophale y est décrite sous des aspects parfois contradictoires. À force de manipuler le mercure, ai-je pensé, les vapeurs ne leur sont-elles pas montées à la tête ? Ils souffrent de démence et ont fini par céder à la folie. Voilà qui plombe l’ambiance ! Sombrer est le prix à payer ! Or, désolé, très cher Dr Agon, je vous le dis sèchement, d’égal à égal : vous pouvez garder jalousement vos secrets ! Je n’ai pas les moyens de régler les dix sous que vous me demandez ; votre addition est trop salée pour moi !

Pire : je n’y trouvais rien de tangible — aucun protocole expérimental, aucune donnée de température ou de dosage, rien de reproductible.

Au détour d’un passage, on évoque l’épais et le subtil…

D’abord évaporer l’épais pour condenser le subtil.

Et pourquoi pas lancer un macaque en feu dans la mare, en dansant la Macarena sur le toit d’une chapelle un soir de pleine lune ?…

On en rirait, si ce n’était pathétique.

Tout cela me rappelait Alice au pays des merveilles — œuvre que, pour ma part, je n’ai jamais aimée : enfant, j’avais détesté le dessin animé et sa logique sans queue ni tête. Comment de tels textes ont-ils pu être publiés ? Comment peuvent-ils encore être célébrés, alors qu’ils n’offrent que des histoires à dormir debout — ou à ne plus dormir du tout ?

Je persévérai pourtant ; mais ces lectures n’avaient pour effet que d’animer et de déchaîner des passions. Parfois, la colère me saisissait : pourquoi m’infliger un tel châtiment ? Rien ne semblait faire sens ; les mots se succédaient sans signification, qu’importe le livre ouvert. Jamais je n’avais vu pareille désorganisation : pas de commencement clair, pas de fin, ni haut ni bas — seulement un chaos… (pause) un chaos qui semait la confusion dans mon esprit. « Ah, les fourbes, les traîtres ! » m’écriai-je. « Ils l’ont fait exprès ! Quel sot j’ai été ! »

La vérité m’apparut alors : je m’étais emprisonné moi-même. Mon esprit cartésien, et plus encore mon orgueil, m’avaient aveuglé. Je compris soudain que je n’avais rien compris. Comme un cavalier désarçonné, j’étais tombé faute d’avoir choisi les bonnes armes.

Me voilà donc reparti au combat, armé de ma lance d’humilité et vêtu de mon armure de foi. Ainsi me présentai-je devant le terrifiant dragon qui gardait la caverne, prêt à lui porter le coup nécessaire pour le terrasser et découvrir les trésors dissimulés derrière lui.

Lorsque je franchis le miroir, je compris aussitôt que l’ordre du monde s’était inversé : ce qui était en haut se trouvait désormais en bas, et ce qui était en bas reflétait le haut. Ce renversement me révéla soudain que ce que je méprisais jusque-là était, en fait, un ordre absolu, d’une limpidité inattendue. C’est alors que je saisis que je n’étais plus simplement profane, mais que j’avais franchi le seuil de l’initiation.

Comme celui qui demeure longtemps à la porte du temple sans pouvoir y entrer, je me tenais encore aux seuils : il me fallait combattre et me combattre moi-même.

Alors tout s’éclaira. Les textes que je rejetais m’apparurent pour ce qu’ils étaient : non pas des élucubrations, mais un langage symbolique destiné à l’âme et au cœur, et non plus seulement à la raison. Il fallait le chaos pour que jaillisse la lumière. Cette lumière était là, dans les profondeurs obscures : V.I.T.R.I.O.L., la pierre cachée.

L’or était tapi dans le plomb ; il fallut lutter pour le libérer. Mais pour travailler, encore fallait-il trouver la première matière : à quoi bon allumer l’Athanor si l’on n’a rien à y déposer ? Je pouvais, dès lors, entreprendre l’Œuvre au noir. Je savais que de nouveaux dragons se dresseraient sur ma route, et que d’autres cavernes de l’âme resteraient à explorer. Dissoudre l’épais pour coaguler le subtil, dissoudre les vices pour en extraire les vertus, comme l’on tire un remède d’un poison. Ce n’est que par la répétition de ces étapes de dissolution et de coagulation que l’on approche le nectar le plus pur : la quintessence, l’or véritable, la lumière divine.

Je demeure convaincu que l’Œuvre au rouge se situe bien au-delà du monde matériel, au-delà même des limites de la vie terrestre. Mais si la légende de Nicolas Flamel a survécu, c’est qu’elle témoigne de cette espérance : la transmutation intérieure est possible.

Enfin, mes Frères, peut-être ai-je quelque peu irrité certains fervents défenseurs de l’alchimie dans la première partie de ce travail. Mais peut-être, au fil de ma lecture, votre regard s’est-il adouci, sans que vous vous en rendiez pleinement compte.

Si tel est le cas, vous venez d’accomplir votre propre transmutation : d’une aversion initiale, vous avez progressivement éprouvé un sentiment plus doux. Sans même vous en apercevoir, vous avez été les acteurs de cette transformation à l’échelle du microcosme. Vous avez été récompensés de votre patience et de votre attention, simplement en écoutant et en suivant le chemin que je vous ai proposé.

J’espère, cher Oratoire, que ce voyage au cœur de mon laboratoire intérieur vous a permis de réaliser ces travaux pratiques. Ainsi, vous avez pu toucher du doigt la richesse de l’alchimie, tant dans sa dimension intérieure que dans sa mise en œuvre concrète.

J∴P∴


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