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24 JUIN 1717 : VRAIE NAISSANCE DE LA FRANC-MAÇONNERIE OU RÉCIT RECONSTRUIT ?

Planches, Réflexions | 31 janvier 2026 | 4 | by A.S.

Une date “fondatrice”… parce qu’elle raconte quelque chose

Dans l’imaginaire maçonnique, le 24 juin 1717 agit comme un point d’origine : un “avant” et un “après”. Non seulement parce qu’il est associé à la Saint-Jean d’été (Saint Jean le Baptiste), mais aussi parce qu’il offre à l’Ordre une scène primitive simple, mémorisable, presque théâtrale : quelques loges, une taverne, un banquet, puis la naissance d’une autorité commune.

Or, dès qu’on passe du récit initiatique à l’histoire critique, la question surgit : cette date marque-t-elle la naissance de la Franc-maçonnerie… ou la naissance d’un mythe fondateur ?


Le récit traditionnel : quatre loges, une taverne, un Grand Maître

La version “canonique” – reprise dans de nombreuses chronologies – affirme que le 24 juin 1717, quatre loges londoniennes se réunissent à Goose and Gridiron Tavern (près de la cathédrale Saint-Paul), se constituent en “Grande Loge”, et élisent Anthony Sayer comme premier Grand Maître. Cette institution sera ensuite considérée comme la première Grande Loge au monde, ancêtre direct de United Grand Lodge of England.

Dit autrement : 1717 ne serait pas la naissance des loges (elles existaient déjà), mais la naissance d’une structure de gouvernance centralisée : la Grande Loge.

C’est d’ailleurs ainsi que l’histoire est racontée sur des sources institutionnelles : quatre loges “déjà existantes” s’unissent et inaugurent un modèle nouveau.


Le nœud du problème : où sont les preuves contemporaines de 1717 ?

Là où le débat commence, c’est sur le terrain des sources.

Plusieurs historiens et chercheurs maçonniques (notamment liés à la recherche “quatuorcoronatienne”) soulignent un point décisif : le premier récit détaillé de l’événement de 1717 apparaît tardivement, et non dans des documents contemporains (presse, procès-verbaux, correspondances datées de 1717). Dans cette lecture, la seule “preuve” narrative structurée viendrait d’un texte rédigé plus de vingt ans après.

  • Le chercheur Andrew Prescott insiste sur l’absence de mention de l’histoire “1717/Goose and Gridiron” dans plusieurs publications maçonniques entre 1721 et 1738, et rappelle que le récit n’est formulé que tardivement.
  • John Hamill souligne également que l’événement du 24 juin 1717 repose, dans l’état des pièces disponibles, sur un témoignage tardif (donc problématique pour l’historien).
  • Même des synthèses patrimoniales notent qu’on sait finalement peu de choses sur le contenu concret de cette première assemblée.

Conséquence : 1717 peut être une date vraie comme moment de cristallisation, tout en étant historiographiquement fragile comme “acte de naissance documenté”.


Pourquoi 1717 devient-il “la” date ? Trois explications complémentaires

1) La Saint-Jean : une date symbolique parfaite

Choisir la Saint-Jean (et, en arrière-plan, le temps du solstice) donne au récit une portée rituelle : lumière maximale, saison des feux, cycles… Tout cela résonne avec une Franc-maçonnerie qui se pense comme école morale et voie symbolique.

2) Un besoin d’ordre et de visibilité dans le Londres du XVIIIᵉ siècle

Le début du XVIIIᵉ siècle voit se multiplier clubs, sociétés, cercles savants. Le passage d’un réseau de loges relativement autonomes à une autorité plus structurée correspond aussi à une logique sociale : organiser, réguler, légitimer.

3) Le rôle des “Constitutions” : fixer une identité, fabriquer une mémoire

Le texte le plus célèbre associé à cette période est celui de James Anderson, communément appelé “Constitutions d’Anderson”. Il est central parce qu’il donne à la Franc-maçonnerie un cadre (règlements, charges, récit des origines, etc.) et contribue puissamment à la diffusion du modèle anglais.

La Bibliothèque nationale de France rappelle d’ailleurs l’importance patrimoniale de ces Constitutions (1723) et de leur statut fondateur dans la mémoire maçonnique.


“Naissance de la Franc-maçonnerie” : de quoi parle-t-on exactement ?

Le malentendu vient souvent d’un glissement sémantique : naissance de la Franc-maçonnerie peut désigner plusieurs choses différentes.

A) Naissance des loges ? → Non, elles sont plus anciennes

Des loges existaient bien avant 1717 dans les îles Britanniques. En Écosse, par exemple, Lodge of Edinburgh (Mary’s Chapel) No. 1 revendique une existence au moins depuis la fin du XVIᵉ siècle et des minutes continues à partir de 1599.
Donc, si l’on parle d’ancienneté des loges et de continuité documentaire, 1717 n’est pas un “point zéro”.

B) Naissance d’une Grande Loge “moderne” ? → C’est le sens le plus solide

1717 est surtout associé à un fait institutionnel : l’émergence d’un modèle de Grande Loge centralisant, normalisant et rayonnant. C’est précisément ainsi que l’histoire est formulée dans la présentation officielle de l’histoire maçonnique anglaise.

C) Naissance d’un récit identitaire ? → Oui, et c’est décisif

Même si les preuves contemporaines sont faibles, le récit de 1717 remplit une fonction : il offre une origine commune, un cadre de mémoire, et une scène fondatrice qui fait sens pour l’Ordre. En ce sens, 1717 est peut-être moins une “naissance” au sens biologique qu’une naissance narrative : l’instant où la Franc-maçonnerie se raconte comme un corps organisé.


Alors, 1717 : fait historique ou mythe ?

La réponse la plus rigoureuse est : les deux, mais pas au même niveau.

  • Fait institutionnel (niveau 1) : la tradition anglaise situe en 1717 la formation de la première Grande Loge.
  • Problème historiographique (niveau 2) : la documentation contemporaine manque, et le récit détaillé apparaît tardivement, ce qui impose prudence et nuance.
  • Mythe fondateur (niveau 3) : “1717” fonctionne comme une date-symbole, un repère identitaire et un outil de cohésion, indépendamment des zones grises factuelles.

En termes maçonniques, on pourrait dire que 1717 est un repère opératif : il ne dit pas tout de l’origine, mais il dit quelque chose de l’intention — organiser la fraternité, la rendre transmissible, la doter d’une forme.


Ce que ce débat change pour un franc-maçon aujourd’hui

  1. Distinguer histoire et légende n’affaiblit pas l’Ordre : cela évite de confondre “vérité initiatique” et “preuve documentaire”.
  2. Le mythe, en maçonnerie, n’est pas un mensonge : c’est une mise en forme. Il structure une mémoire et oriente un sens.
  3. Revenir aux sources (1723, 1738, archives, critiques) fait partie d’une démarche de rectitude intellectuelle, très “maçonnique” au fond : tailler la pierre… y compris celle des idées.

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4 comments

  • Laurent Jaunaux 1 février 2026 at 08:16

    Il me semble important de ne pas confondre opératifs et spéculatifs. La loge d’Edimbourg, Mary’s Chapel, était une loge principalement opérative. D’ailleurs, lorsque Désaguliers va les visiter le 24 août 1721, la loge est principalement composée de membres de la guilde… Même s’il va chercher à y faire entrer plusieurs gentlemen, des notables d’Edimbourg, l’employeur de la Loge…
    Ensuite, il s’en est passé des choses en 1717…. Les mêmes (peu ou prou) ont créé la même année, après la Grande Loge de Londres (et de Westminster) le Druid Order…
    Enfin, attention aux légendes… Il s’est certainement passé quelque chose en 1717 mais peut être n’était-ce pas si important. Je pense que c’est fin 1721-début 1722 que la Maçonnerie a vraiment été constituée, avec les réflexions de Désaguliers et d’Anderson.

  • hrms 1 février 2026 at 07:55

    Je pense que les fondateurs de la Franc-maçonnerie, ne s’imaginaient pas que leur association perdurer ait aussi longtemps, avec autant de succès. De ce fait je ne suis pas sûr que les archives aient été leur soucis majeur, y compris la date de leur création. Prendre 1717 pour argent comptant est effectivement douteux, mais ça a l’avantage de donner un point de repère à un évènement. Il en est de même avec Jésus Christ, ce qui n’empêche pas de situer l’histoire avant ou après JC.

  • Philippe Delesalle PHILIPPUS 31 janvier 2026 at 13:07

    Bonjour.
    Le manque de documentation sur la création officielle est une question qui se pose sur une volonté des créateurs de la FM ou plutôt de la création de la 1ere obedience. Certains documents ont même ete detruits. Nous n’étions plus dans une société de transmission orale. De même les chercheurs et historiens maçonniques depuis et encore actuellement ne sont toujours pas en mesure d’expliquer la transition entre la symbolique et les règles des free-macons operatifs vers les spéculatifs, ni la cohésion sociale possible entre ces ouvriers et ces nobles de haut niveau princier et grands bourgeois, travaillant fraternellement. Seuls le texte comme le Regius sert encore de base, document qui montre bien le fossé à maintenir entre nobles et ouvriers, pour des finalités constructives orgueilleuses.

    Voir sur ce sujet :
    Religion Initiation Pouvoir
    Auteur PHILIPPUS
    Éditions maçonniques LOL Dec 2025

  • maxime defacques 31 janvier 2026 at 12:46

    1717 un big bang avec ensuite une expansion sans fin d’astres se demandant si la vie existe en dehors du leur ?

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