SARLAT-LA-CANÉDA : « CAPITALE MAÇONNIQUE DE FRANCE » ? UNE 11E LOGE ET UN NOUVEL ATELIER « SAINT-JEAN-DU-PÉRIGORD » À CARSAC-AILLAC
Le Sarladais continue de surprendre par la densité de sa vie maçonnique. Jeudi 22 janvier 2026, la Grande Loge de France (GLDF) a procédé à la création d’un cinquième atelier sur ce territoire, baptisé « Saint-Jean-du-Périgord », tandis que le secteur compterait désormais onze loges maçonniques au total.
SARLAT, « CAPITALE MAÇONNIQUE DE FRANCE » : UNE FORMULE, PAS UN TITRE OFFICIEL
Parfois, certains médias et acteurs locaux emploient l’expression « capitale maçonnique de France » à propos de Sarlat-la-Canéda. Il faut toutefois être précis : ce n’est pas un titre officiel ni une reconnaissance institutionnelle. Il s’agit plutôt d’une formule journalistique qui vise à traduire une réalité locale : la forte concentration de loges dans le Sarladais et la vitalité maçonnique observée sur ce territoire, régulièrement mise en avant lors d’initiatives comme la création de nouveaux ateliers.

SOURCE : Reportage d’Emmanuel Claverie, ICI Périgord / France Bleu — « Une onzième loge maçonnique voit le jour à Sarlat, “ville la plus maçonnique de France” », publié le 22 janvier 2026.
NB : l’expression « capitale maçonnique de France » n’est pas un titre officiel ; elle reprend une formule médiatique associée à Sarlat-la-Canéda dans ce reportage.
UNE CRÉATION PRÉSENTÉE COMME « UN RECORD » LOCAL
La GLDF disposait déjà de quatre loges dans le Sarladais. L’installation de ce cinquième atelier est présentée comme un signe de dynamisme et d’attractivité particulièrement marqués dans cette zone du Périgord Noir. Dans les déclarations rapportées, le grand maître Jean-Raphaël Notton avance une estimation frappante : une personne sur quarante serait franc-maçonne dans le Sarladais, et une part importante relèverait de la GLDF.
POURQUOI LE SARLADAIS ATTIRE-T-IL AUTANT ?
Le reportage attribue ce tropisme à une combinaison de facteurs souvent évoqués pour le Sud-Ouest : un fond culturel républicain, un tempérament local décrit comme direct, attaché au débat, et une appétence pour l’échange d’idées. Cette sociabilité, lorsqu’elle se traduit en réseaux d’initiatives et de rencontres, peut mécaniquement favoriser la création ou l’essaimage d’ateliers.
UN CHOIX ORGANISATIONNEL ORIGINAL : UNE « LOGE DE JOUR »
Particularité notable : ce nouvel atelier est annoncé comme une loge travaillant en journée, contrairement aux usages majoritaires (réunions en soirée). L’objectif affiché est pragmatique :
- faciliter la participation de frères plus âgés moins enclins à sortir le soir ;
- offrir une option à des membres plus jeunes dont les contraintes professionnelles ou familiales pèsent davantage en fin de journée.
Cette adaptation illustre une logique de souplesse pour maintenir la régularité des travaux et préserver la qualité des échanges au sein d’ateliers devenus trop nombreux pour fonctionner confortablement.
UNE DEMANDE EN HAUSSE, Y COMPRIS CHEZ LES PLUS JEUNES
Autre point mis en avant : l’idée d’un regain d’intérêt chez les jeunes adultes, dans un contexte de saturation informationnelle et d’instantanéité (smartphone, réseaux sociaux). L’argument avancé est celui d’une recherche de temps long, de profondeur, et d’une démarche structurée de questionnement, plutôt que de certitudes rapides.
ENJEU DE FOND : GRANDIR SANS SE DILUER
Derrière l’annonce locale, une question plus large affleure : comment une implantation très dynamique évite-t-elle l’effet “masse” ? L’essaimage (créer un nouvel atelier lorsque l’effectif devient trop important) répond à un impératif connu : préserver l’espace de parole, la qualité des travaux, la possibilité pour chacun de contribuer, et l’équilibre de la vie symbolique.
Dans cette perspective, la création de « Saint-Jean-du-Périgord » n’est pas qu’un chiffre : c’est un indicateur de structuration et de régulation interne face à une demande qui, localement, semble soutenue.


