L’actualité persane nous confronte, en ce début d’année 2026, à une tragédie aux proportions historiques : une insurrection populaire balayant les provinces d’Iran, née d’une crise économique profonde, d’une monnaie en chute libre et d’un ressentiment accumulé contre des décennies de centralisation autoritaire. Ce mouvement — né dans les bazars, embrassé par les étudiants, appelé par certains exilés à un changement radical — défie aujourd’hui ouvertement le pouvoir établi, et paie un prix humain exorbitant.
Pour nous, qui méditons sur les symboles et les métaphores du chemin initiatique, cet événement résonne comme une allégorie puissante de l’aspiration à la lumière et de la résistance contre l’oppression des ténèbres intérieures et extérieures.
La place du Bazar : du profane à l’initié
Dans l’ancienne Perse, les bazaristes ne sont pas de simples commerçants : ils incarnent la force vive de la cité, le poumon économique et culturel. Leur soulèvement face à l’effondrement de la monnaie et du tissu social n’est pas seulement une protestation contre l’injustice matérielle, c’est aussi le signe d’une conscience collective qui refuse de se soumettre à ce qui dévore la dignité humaine.
Comme dans tout chemin initiatique, le candidat à la lumière doit reconnaître ce qui entrave sa progression. L’injustice et la corruption, comme l’inflation galopante, deviennent les gardiens des profondeurs qu’il est temps de confronter.

La coupure des communications : anti-symbole de l’ère numérique
Le gouvernement iranien a imposé un black-out total des télécommunications et d’Internet, espérant ainsi étouffer la vérité et isoler les chercheurs de lumière dans l’obscurité.
Quelle ironie symbolique : dans le rituel maçonnique, c’est en se coupant des illusions et des voix discordantes que l’initié affronte ses propres ténèbres pour accéder à la lumière. Là-bas, on prive le peuple de communication pour cacher la violence d’État ; ici, on enseigne à regarder au fond de soi pour y trouver une vérité plus profonde.
La répression meurtrière : une mise à l’épreuve des consciences
Les forces de sécurité ont répondu aux manifestations par une répression d’une violence démesurée, avec des centaines — peut-être des milliers — de morts et des milliers d’arrestations.
En franc-maçonnerie, l’épreuve symbolise un moment où l’on doit choisir : renoncer ou persévérer malgré la douleur. Se lever contre l’injustice, même au prix du sacrifice, c’est ce que ce peuple courageux nous rappelle. C’est l’épreuve de ceux qui préfèrent la dignité à la servitude, la lumière à l’ombre, même si le chemin s’annonce douloureux.
L’espoir et la légitimité retrouvée
Ce qui rend ce mouvement unique — et profondément inspirant — c’est sa capacité à traverser les classes sociales, à rassembler des voix diverses, à refuser le fatalisme. Les slogans qui résonnent dans les rues iraniennes ne sont pas seulement des cris de colère, mais des affirmations de liberté.
Cet élan fait écho à une maxime initiatique essentielle : l’esprit humain ne peut être asservi indéfiniment si la soif de lumière demeure plus forte que la peur de l’obscurité.
En conclusion : une actualité qui éclaire plus qu’elle n’obscurcit
En tant que maçons, attentifs aux symboles, aux épreuves et aux transitions, nous pouvons voir dans l’actualité iranienne une dramaturgie de l’âme collective. Ce ne sont pas seulement des chiffres ou des titrailles qui défilent dans nos médias ; ce sont des querelles entre l’ombre et la lumière incarnées dans des vies humaines, des choix et des sacrifices. Plus qu’une crise géopolitique, c’est une leçon vivante de courage, de résistance intérieure et de quête de vérité.
Que ceux qui cherchent la lumière en tirent une leçon maçonnique : l’obscurité la plus intense précède parfois l’aube la plus éclatante — et c’est souvent dans l’épreuve la plus dure que se révèle la force de l’esprit.
Billet d’humeur maçonnique de GADLU.INFO


