MISCELLANÉES MAÇONNIQUES
par Guy Chassagnard
Chronique 461
1904 – Louise Michel, franc-maçon

L’entrée de Louise Michel (1830-1905), militante révolutionnaire et libertaire, en Franc-Maçonnerie, en septembre 1904, s’inscrit tout naturellement dans le courant féministe tant social que politique et maçonnique de la fin du XIXe siècle et du début du siècle suivant ; quand la France, libérée de l’Empire, s’interroge sur le point de savoir si elle doit être républicaine ou revenir dans la tradition royaliste.

Il y a d’abord l’initiation de Maria Deraismes (1828-1894), défenseur acharné des droits des femmes, au sein de la loge Les Libres Penseurs du Pecq, en janvier 1882.
Il y a ensuite l’admission de Madeleine Pelletier (1874-1939), docteur en médecine, en mai 1904, dans la loge La Philosophie Sociale, de la Grande Loge Symbolique Écossaise « maintenue et mixte ».
Il y a enfin, le 13 septembre 1904, l’initiation de Louise Michel, que rien ne distingue de prime abord pour pratiquer l’Art royal, sous les auspices de la même Philosophie Sociale.
Moins de quatre mois après son admission, l’intéressée décédera à Marseille d’une pneumonie, contractée lors d’une tournée de conférences ; 100 000 personnes, au moins, suivront alors son cercueil dans les rues de Paris.
Reçue le 13 septembre, Louise Michel présente dès le lendemain à la Loge Diderot une planche sur le thème de la Femme dans la Maçonnerie, dans laquelle elle gomme les différences des hommes et des femmes pour proclamer une conquête commune du monde « avec pour horizons la liberté sans limites ».
« On s’est défié des femmes qui sont pourtant une grande force, affirme-t-elle. La femme est un terrain facile à cultiver, c’est un compagnon et non un esclave. »
Guy Chassagnard, franc-maçon de tradition, attaché à l’histoire de ce qui fut jadis le Métier de la Maçonnerie avant de devenir la Maçonnerie spéculative des Maçons libres et acceptés, met en chroniques ce qu’il a appris dans le temple et dans les textes au fil de quarante années de pratique. Selon son principe : Apprendre en apprenti, comprendre en compagnon, partager en maître.
© Guy Chassagnard — Auteur de :
- Le Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie (Segnat, 2016)
- La Franc-Maçonnerie en Question (Dervy, 2017)
- Les Constitutions d’Anderson (1723) & la Maçonnerie disséquée (1730) (Dervy, 2018)
- La Chronologie de la Franc-Maçonnerie (Segnat, 2019)
- Les Annales de la Franc-Maçonnerie (Segnat, 2019)



