Une nomination annoncée par le Vatican suscite depuis quelques jours l’attention dans les milieux catholiques et maçonniques. Le pape Léon XIV a nommé l’historien italien Umberto Longo membre du Comité pontifical des sciences historiques, une institution du Saint-Siège chargée notamment de promouvoir la recherche historique et les relations avec les milieux universitaires.
La nomination a été officiellement publiée le 13 août 2026 par la Salle de presse du Saint-Siège. Umberto Longo rejoint le Comité aux côtés de Francesco Cesareo et Anna Barańska. Il est actuellement directeur de l’Istituto Storico Italiano per il Medioevo, à Rome, et spécialiste reconnu de l’histoire médiévale. (Vatican News)
Un parcours MAÇONNIQUE documenté

C’est cependant le passé maçonnique attribué à l’historien italien qui donne à cette nomination une résonance particulière.
Le média catholique InfoVaticana, qui a consacré un long article à cette affaire le 15 août, s’appuie notamment sur plusieurs publications émanant directement d’organisations maçonniques italiennes. (INFOVATICANA)
Et certains de ces documents sont particulièrement explicites.
Dans l’édition 2013 de Logos, publication de l’Ispettorato Regionale del Lazio du Rite Écossais Ancien et Accepté, Umberto Longo apparaît dans l’organigramme de la Loge de Perfection des Maîtres Secrets « Giano », à l’Orient de Rome, sous la mention :
« Fr. Oratore Umberto Longo 4° »
La publication précise que les degrés mentionnés correspondent à ceux détenus par les Frères lors de leur installation.
La même revue attribue également à Umberto Longo plusieurs travaux maçonniques ainsi qu’une étude consacrée à l’histoire du Rite écossais.
Du 4e au 9e degré du Rite Écossais
Un autre élément apparaît dans l’édition 2014 de Logos.
Umberto Longo y signe une étude intitulée La via dinamica di perfezionamento dei Cavalieri scozzesi. Tradizione e ritualità, rigenerazione e universalità sous la mention :
« Fr. Umberto Longo 9° »
Le même intitulé de conférence avait par ailleurs été annoncé publiquement par le Grand Orient d’Italie dans le cadre du « Luglio Scozzese », avec Umberto Longo comme intervenant.
La documentation indique donc qu’entre 2013 et 2014, Longo était présenté successivement comme détenteur du 4e puis du 9e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté.
En 2015, un autre texte publié dans Logos sous son nom emploie encore un vocabulaire écrit de l’intérieur du Rite et notamment la formule « nous, maçons et écossais », renforçant l’existence d’un engagement maçonnique à cette époque.
Des liens encore visibles plusieurs années plus tard
Les traces publiques ne s’arrêtent pas au milieu des années 2010.
En 2019, le site officiel du Grand Orient d’Italie annonce la participation d’Umberto Longo à un colloque organisé à Rome par la loge « Dio e Popolo » n°786, consacré au 170e anniversaire de la République romaine. L’historien y intervient sur le thème « 1849 – L’Eredità ». (Grande Oriente d’Italia – Sito Ufficiale)
Cette participation à une manifestation publique organisée par une loge ne permet évidemment pas, prise isolément, d’établir une appartenance maçonnique à cette date. Elle prend toutefois un relief particulier lorsqu’elle est rapprochée des publications rituelles antérieures.
À ce jour, les sources publiques consultées ne permettent pas d’établir si Umberto Longo appartient toujours à la franc-maçonnerie en 2026, ni si une éventuelle démission ou prise de distance avec le Rite est intervenue depuis.
Une nomination qui interroge au regard de la position de l’Église
La situation ne manque pas d’étonner compte tenu de la position historique de l’Église catholique à l’égard de la franc-maçonnerie.
Dans sa déclaration du 26 novembre 1983, la Congrégation pour la doctrine de la foi rappelait que le jugement négatif de l’Église sur les associations maçonniques demeurait inchangé et que leurs principes étaient considérés comme incompatibles avec la doctrine catholique. (Vatican)
Cette position a encore été réaffirmée en novembre 2023 par le Dicastère pour la doctrine de la foi, qui rappelait l’interdiction faite aux fidèles catholiques d’une appartenance active à la franc-maçonnerie. (Vatican)
Il convient toutefois de préciser qu’aucune des sources consultées ne permet d’affirmer qu’Umberto Longo est catholique. Les conséquences canoniques prévues pour les fidèles catholiques ne peuvent donc pas lui être automatiquement appliquées.
Le Comité pontifical des sciences historiques est par ailleurs une institution à vocation scientifique et académique. Fondé en 1954 par Pie XII, il accorde notamment une place importante à la recherche historique et au patrimoine archivistique de l’Église et du Vatican. (Vatican News)
Une nomination symboliquement forte
La question dépasse donc la simple appartenance religieuse.
La présence au sein d’un organisme pontifical d’un historien dont l’engagement maçonnique passé est documenté par les publications mêmes du Rite Écossais Ancien et Accepté constitue nécessairement un événement symbolique dans les relations, historiquement complexes, entre l’Église catholique et la franc-maçonnerie.
La nomination d’Umberto Longo est officielle.
Son parcours universitaire ne fait pas débat.
Son implication passée dans le Rite écossais apparaît, elle aussi, documentée.
Reste désormais une question à laquelle les sources publiques ne permettent pas encore de répondre : quel est aujourd’hui le rapport exact d’Umberto Longo avec la franc-maçonnerie ?
Une interrogation qui ne manquera probablement pas d’alimenter les commentaires, tant du côté catholique que dans les milieux maçonniques.
Source initiale : InfoVaticana – 15 août 2026. (INFOVATICANA)


