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THOMAS GUÉNOLÉ SUSPENDU UN AN DU GRAND ORIENT DE FRANCE : UNE DÉCISION QUI AGITE LA FRANC-MAÇONNERIE

Actualités | 19 août 2026 | 4 | by A.S.

Thomas Guénolé suspendu un an du Grand Orient de France : une affaire qui interroge les frontières entre engagement public et appartenance maçonnique

Selon une information révélée le 18 août 2026 par Le Point, le politologue Thomas Guénolé a été suspendu pour une durée d’un an du Grand Orient de France (GODF). La sanction aurait été prononcée en avril dernier par la Chambre suprême de justice maçonnique, à la suite d’une procédure engagée par le Conseil de l’Ordre.

Une affaire qui dépasse rapidement la seule personnalité de Thomas Guénolé et pose une question toujours sensible en franc-maçonnerie : celle de la frontière entre liberté d’expression, engagement politique et appartenance maçonnique.

UNE SUSPENSION D’UN AN

(@thomas_guenole) | TikTok

D’après Le Point, Thomas Guénolé aurait vu ses droits et qualités maçonniques suspendus pendant un an.

La décision aurait été prise par la Chambre suprême de justice maçonnique, instance supérieure chargée notamment de traiter certaines procédures disciplinaires internes.

Cette sanction intervient quelques mois après que Thomas Guénolé eut publiquement assumé son appartenance au Grand Orient de France.

Une démarche qui avait déjà suscité de nombreux commentaires dans les milieux maçonniques.

PLUSIEURS MOTIFS ÉVOQUÉS

Selon les sources internes citées par Le Point, la procédure aurait notamment été motivée par certaines prises de position publiques de Thomas Guénolé concernant le Hamas et les attaques du 7 octobre 2023, par son soutien à la Jeune Garde, ainsi que par des éléments relatifs à son comportement en loge.

Il convient toutefois de rester prudent : ces motifs sont rapportés par le journal et ne sont pas, à ce jour, détaillés dans un communiqué public du Grand Orient de France.

Thomas Guénolé a par ailleurs déjà réfuté toute accusation de soutien au Hamas.

Toujours selon Le Point, il n’aurait pas fait appel de la décision et n’aurait pas souhaité commenter l’affaire.

LA LIBERTÉ DU FRANC-MAÇON DANS LA CITÉ

Au-delà du cas individuel, cette affaire soulève une interrogation essentielle.

Un franc-maçon demeure bien évidemment libre de ses opinions politiques et de ses engagements personnels. La liberté de conscience constitue d’ailleurs l’un des principes fondamentaux revendiqués par le Grand Orient de France.

Mais lorsque l’appartenance maçonnique est publiquement mise en avant, la frontière devient plus délicate.

Un membre ne parle pas nécessairement au nom de son obédience. Pourtant, ses déclarations publiques peuvent être associées, parfois malgré lui, à l’institution dont il revendique l’appartenance.

C’est là que se pose la question de la responsabilité.

L’APPARTENANCE MAÇONNIQUE N’EST PAS UN SIMPLE LABEL

Être franc-maçon ne signifie évidemment pas renoncer à ses convictions.

Mais l’appartenance à une obédience suppose également l’acceptation de règles, de devoirs et de principes communs.

La justice maçonnique ne remplace en rien la justice de la République. Elle ne concerne que la vie interne de l’Ordre et les droits maçonniques de ses membres.

Cette affaire rappelle néanmoins qu’une obédience n’est pas seulement un espace de réflexion philosophique : elle possède également ses propres règles de fonctionnement.

La liberté de conscience ne signifie donc pas absence de responsabilité.

UNE AFFAIRE QUI INTERROGE LA FRANC-MAÇONNERIE

La suspension de Thomas Guénolé intervient dans un contexte où les rapports entre engagement politique et franc-maçonnerie sont régulièrement débattus.

Depuis toujours, des francs-maçons appartiennent à des partis, des syndicats ou des mouvements associatifs.

La difficulté apparaît lorsque le militantisme profane semble franchir la porte du Temple, ou lorsque l’appartenance maçonnique devient elle-même un élément du combat politique.

L’affaire Guénolé pose donc une question qui dépasse largement son cas personnel :

jusqu’où un franc-maçon peut-il exposer publiquement son appartenance tout en considérant que ses prises de position n’engagent jamais, même indirectement, l’image de son obédience ?

La suspension rapportée par Le Point apporte une réponse disciplinaire à un cas particulier.

Le débat, lui, reste ouvert.

RÉFÉRENCES

Grand Orient de France, site officiel et communiqués relatifs à ses principes, à la liberté de conscience et à la lutte contre l’antisémitisme.

Nora Bussigny, « Thomas Guénolé suspendu un an du Grand Orient de France », Le Point, 18 août 2026.


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4 comments

  • FB 20 août 2026 at 13:50

    Je n’ai pas connaissance du texte intégral de la décision ayant suspendu Thomas Guénolé pendant un an du Grand Orient de France et je me garderai donc de juger ce qui pourrait concerner son comportement en Loge.

    Mais si, comme on le lit, cette sanction repose notamment sur ses prises de position politiques, alors la situation devient franchement savoureuse.

    Le Grand Orient de France proclame la « liberté absolue de conscience ». Pas relative. Absolue. Pas la liberté de conscience à condition d’avoir les opinions qui conviennent au Conseil de l’Ordre, aux médias ou à la Chambre suprême de justice maçonnique.

    Et l’accusation de « soutien au Hamas » mérite tout de même un minimum de sérieux. Thomas Guénolé a publiquement déclaré qu’il haïssait le Hamas, qu’il le considérait comme antisémite et islamiste et que le droit à la résistance armée ne justifiait en aucun cas de tuer des civils. On peut combattre ses analyses, les trouver excessives, provocatrices ou erronées. C’est précisément cela, la liberté de conscience ! Accepter que quelqu’un puisse penser autrement que soi sans immédiatement chercher à le mettre au ban. « Si tu diffères de moi, frère, loin de me léser tu m’enrichis. » C’est gravé en toutes lettres rue Cadet !!!!

    Quant à ceux qui s’étranglent parce que Guénolé serait « d’extrême gauche », rappelons tout de même une scène assez extraordinaire. J’ai même des scrupules à le soulever. Chaque 1er mai, le Grand Orient se rend officiellement, avec ses dignitaires et ses bannières, au Mur des Fédérés pour rendre hommage aux martyrs de la Commune de Paris. Une Commune traversée par des courants révolutionnaires, socialistes, blanquistes, internationalistes ou proudhoniens dont la radicalité politique ferait paraître bien sage une grande partie de la gauche parlementaire contemporaine, y compris LFI !

    On peut difficilement célébrer avec componction les révolutionnaires de 1871 et, 150 ans plus tard, trembler devant quelques opinions politiques hétérodoxes exprimées par un frère.

    C’est peut-être cela qui me navre le plus : voir une obédience qui devrait être un lieu de liberté intellectuelle et de confrontation des idées devenir tellement sensible au vacarme médiatique qu’elle semble parfois mesurer la respectabilité maçonnique à l’aune de ce qui fera ou non un mauvais titre dans la presse.

    La franc-maçonnerie n’a pourtant jamais eu vocation à fabriquer des conformistes à la chaîne.

    Et, pour ma part, ce n’est ni dans les communiqués ni dans les déclarations de vertu ni dans les sentences de quelque juridiction maçonnique que je mesure ce qu’est un maçon. C’est dans ses actes, dans sa fidélité à ses principes et surtout dans la manière dont il se comporte face aux épreuves de la vie !

    C’est là que les mots cessent et que la maçonnerie commence réellement. Tout le reste, c’est du cinéma.

  • Philippe 20 août 2026 at 07:52

    Une des conditions pour être admis au GODF: ne pas être ou avoir été adhérent ou sympathisant d’une association ou d’un
    groupement appelant à la discrimination raciale, à la violence envers une personne ou un groupe de personnes en prétextant de leur origine, leur appartenance à une ethnie ou à une religion déterminée et qui propagerait ou aurait propagé des idées et des théories tendant à justifier ou à encourager cette discrimination, cette haine, cette violence. Avec les discours de certains cadres , militants ou sympathisants de LFI on est en plein dedans .

  • Pierre Gueguen 19 août 2026 at 13:51

    La seule question qui vaille est celle-ci : la liberté de conscience n’est-elle acceptable que si le sujet se soumet à la seule conscience admise par les « autorités » ? Autant aller à l’église, au moins on rigole !

  • Fifi 19 août 2026 at 12:33

    « On » se pose beaucoup moins de questions quand il s’agit de l’extrême droite…
    Pourquoi tolérer 2 poids 2 mesures ? Soit on tolère des 2 extrêmes soit on les vire…

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