Dans le comté de Durham, en Angleterre, la solidarité maçonnique s’est récemment exprimée loin des temples et des cérémonies. Le mardi 28 juillet 2026, plus de 150 anciens combattants, militaires en activité, membres des services en uniforme, aidants et sympathisants se sont retrouvés à l’hôtel Hardwick Hall de Sedgefield pour une grande garden-party placée sous le signe de la camaraderie.
Organisée conjointement par les francs-maçons de Durham et l’association britannique The Not Forgotten, cette journée avait un objectif essentiel : lutter contre l’isolement social et permettre à celles et ceux qui ont servi leur pays de retrouver un véritable sentiment d’appartenance. (durhamfreemasons.org)

UNE GARDEN-PARTY POUR RETROUVER LE SENS DE LA CAMARADERIE
Dans une atmosphère détendue et conviviale, les participants ont partagé des boissons de bienvenue, des canapés et un traditionnel thé de l’après-midi. Des spectacles, des jeux ainsi qu’une tombola ont également rythmé la rencontre.
Mais l’essentiel se trouvait ailleurs.
Cette garden-party devait avant tout permettre aux anciens combattants de retrouver d’anciens camarades, de créer de nouvelles amitiés et d’échanger avec des personnes ayant vécu des expériences similaires. Les francs-maçons de Durham ont participé au financement de l’événement à hauteur de 4 500 livres sterling.
Cette rencontre s’inscrivait dans le programme national de garden-parties régionales développé par The Not Forgotten avec le soutien de la Grande Loge Unie d’Angleterre et des provinces maçonniques locales.
Inspirées des réceptions traditionnellement organisées au palais de Buckingham, ces garden-parties sont désormais proposées dans plusieurs régions britanniques afin d’aller directement à la rencontre des anciens militaires, notamment de ceux qui souffrent de solitude, de maladie ou d’isolement.
« VEILLER À CE QU’AUCUN ANCIEN COMBATTANT NE SOIT OUBLIÉ »
Présent lors de cette journée, John Watts, responsable des francs-maçons de Durham, a rappelé que de nombreux membres de la province avaient servi, ou servaient encore, dans les forces armées et les différents services en uniforme.
Pour lui, l’engagement en faveur des anciens combattants rejoint naturellement les principes de la franc-maçonnerie : l’amitié, le service, la solidarité et le sentiment d’appartenance.
Il a notamment souligné que si cette journée avait permis à un seul ancien combattant de se sentir « plus connecté, plus valorisé et moins seul », alors elle aurait déjà atteint son objectif.
La rencontre s’est également déroulée en présence de John Thompson, Grand Maître adjoint de la Grande Loge Unie d’Angleterre, président de son comité consacré aux forces armées et ancien responsable des francs-maçons de Durham.
Celui-ci a rappelé l’engagement de la franc-maçonnerie anglaise en faveur de l’Armed Forces Covenant, le Pacte des forces armées. Ce dispositif vise à reconnaître les sacrifices accomplis par les militaires et à favoriser un traitement équitable des anciens combattants et de leurs familles dans des domaines tels que l’emploi, le logement, l’éducation ou le bien-être. (Grand Loge Unie d’Angleterre)

UNE ASSOCIATION ENGAGÉE DEPUIS PLUS D’UN SIÈCLE
Fondée en 1920, l’association The Not Forgotten accompagne depuis plus d’un siècle les anciens combattants et les militaires confrontés à la maladie, aux blessures ou à l’isolement.
Elle organise tout au long de l’année des sorties, des séjours de répit, des activités collectives, des concerts et des événements destinés à restaurer la confiance, la dignité et le sentiment de camaraderie parfois perdu après la fin de la vie militaire. (thenotforgotten.org)
Claire Spence, chargée de collecte communautaire pour l’association, a résumé la mission de l’organisation en quelques mots : faire en sorte qu’aucun ancien combattant ne se sente oublié.
La garden-party de Sedgefield illustre concrètement cette ambition. Il ne s’agissait pas seulement de proposer quelques heures de distraction, mais de recréer un espace dans lequel les participants pouvaient se sentir écoutés, reconnus et entourés.
DES VALEURS COMMUNES ENTRE VIE MILITAIRE ET FRANC-MAÇONNERIE
Le lieutenant-colonel John Henry, responsable adjoint des francs-maçons de Durham et officier supérieur de l’armée britannique, a insisté sur les points communs existant entre l’expérience militaire et la démarche maçonnique.
Dans les deux cas, la camaraderie, le service, la confiance et l’entraide occupent une place essentielle.
La fin du service actif peut parfois entraîner une rupture brutale. Certains anciens militaires perdent leurs repères, leur réseau relationnel et le sentiment de faire partie d’un groupe uni par une mission commune.
Une initiative comme celle de Sedgefield permet de renouer ces liens, sans prétendre remplacer les dispositifs médicaux ou sociaux indispensables. Elle offre un espace de rencontre dans lequel chacun peut simplement retrouver la présence et la compréhension de personnes partageant une expérience comparable.
David Watson, ancien membre de la Royal Navy ayant servi avec le 29e régiment de commandos de l’Artillerie royale, participait à la garden-party avec son épouse Pauline.
Pour le couple, cette journée fut une occasion précieuse de retrouver de vieux amis, d’en rencontrer de nouveaux et de partager un moment avec des personnes capables de comprendre leur parcours.
LE COMMENTAIRE DE GADLU.INFO
Cette actualité rappelle une évidence parfois oubliée : la fraternité ne peut se limiter à un principe proclamé ou à une formule rituelle.
Elle se vérifie dans les actes.
Organiser un thé, une tombola ou quelques animations peut sembler modeste face aux difficultés profondes rencontrées par certains anciens combattants. Pourtant, derrière la simplicité apparente de cette garden-party se trouve une réponse concrète à un besoin humain fondamental : celui d’être reconnu, entouré et de ne pas se sentir abandonné.
La franc-maçonnerie est régulièrement interrogée sur son utilité sociale. À Sedgefield, la réponse n’a pas pris la forme d’un long discours. Elle s’est incarnée dans des bénévoles accueillant des invités, dans des conversations renouées et dans la possibilité offerte à des hommes et à des femmes de se sentir, le temps d’une journée, moins seuls.
Cette initiative montre également que la solidarité maçonnique ne consiste pas seulement à réunir des fonds. Le financement est nécessaire, mais la présence humaine l’est tout autant.
La véritable bienfaisance ne devrait jamais se réduire au montant d’un chèque. Elle suppose de consacrer du temps, d’écouter, d’accueillir et de créer les conditions permettant à chacun de retrouver sa place parmi les autres.
En travaillant aux côtés de The Not Forgotten, les francs-maçons de Durham donnent ainsi une traduction très concrète à trois valeurs souvent associées à la démarche initiatique : servir, rassembler et ne laisser personne au bord du chemin.
Source de référence :
https://www.thenorthernecho.co.uk/news/26423742.freemasons-host-garden-party-sedgefield-veterans/


