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QUEL CRÉDIT ACCORDER AUX CONSTITUTIONS D’ANDERSON ? – MISCELLANÉES MAÇONNIQUES

MISCELLANÉES MAÇONNIQUES par Guy Chassagnard

En franc-maçon de tradition, attaché à l’histoire de ce qui fut jadis le Métier de la Maçonnerie avant que de devenir la Maçonnerie spéculative des Maçons libres et acceptés, notre frère Guy Chassagnard met en chroniques ce qu’il a appris dans le temple et… dans les textes ; en quarante et quelques années de pratique maçonnique. Ceci selon un principe qui lui est cher : Apprendre en apprenti, comprendre en compagnon, partager en maître.


Chronique 84  

QUEL CRÉDIT ACCORDER AUX CONSTITUTIONS D’ANDERSON ?

MISCELLANÉES MAÇONNIQUES

 

Dès la lecture des premières lignes du Livre des Constitutions d’Anderson il faut se rendre à l’évidence : leur auteur, n’est pas fiable dans ses propos historiques.

 

Nous en voulons pour preuve manifeste que, selon lui, « Adam, notre premier parent, créé à l’image de Dieu, le Grand Architecte de l’Univers, dut avoir les Scien­ces libérales, particulièrement la Géométrie, écrites sur son cœur ; car même depuis la Chu­te, nous en trouvons les principes dans le cœur de ses descendants… ».

 

Toujours selon les affirmations de James Anderson, Adam enseigna la Géométrie à ses fils ; Salomon et Hiram de Tyr furent tous deux maîtres de loge ; Nabuchodonosor, Ptolémée Philadelphe, le « grand » Auguste, le prince Edwin, les rois Jac­ques VI d’Écosse, Charles Ier et II d’Angleterre, furent tous de zélés maçons.

 

Si la reine Elizabeth ne devint pas franc-maçonne, c’est qu’en son temps les femmes n’étaient pas initiables.

 

À l’époque où vivait James Anderson, l’Histoire du monde demeurait légendaire et allégorique. Elle ne pouvait que confirmer l’idée que l’on voulait s’en faire.

 

Si on a souvent critiqué James Anderson pour ses approximations historiques, on se doit de reconnaître que son œuvre a permis à des générations de francs-maçons d’élaborer les bases de leur ésotérisme maçonnique.

 

Sans lui, sans ses Constitutions, la Maçonnerie spéculative ne serait pas aujourd’hui ce qu’elle est devenue, à savoir un véritable centre d’union universel.

 

Il est toujours bon de savoir d’où l’on vient pour déterminer où l’on veut aller – même si le passé relève parfois plus de la légende que de la réalité.

 


© Guy Chassagnard – Auteur de La France-Maçonnerie en question (Éditions Dervy – 2017) & du  Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie (Éditions Segnat, 2016).


 

A.S.: