C’est à l’aune de la recherche constante de « la » vérité que doit être envisagée l’écriture d’une planche, étant entendu que le fait de savoir que la vérité, bien que « une » possède plusieurs facettes, suppose que l’on admette, en préalable, que l’on ne saurait l’appréhender tout entière et que l’on ne pourra jamais l’approcher que selon un « point de vue », au sens propre de ce terme, le sien.
PLANCHER EN LOGE – L’ART DE NE SAVOIR NI LIRE NI ÉCRIRE
Conform Edition
Savoir que ce « point de vue », aussi large et haut soit-il, ne permet l’accès qu’à une ou plusieurs facettes de « la vérité » est le gage d’une certaine humilité dans le propos en même temps que le fondement de la « tolérance » maçonnique, étant entendu donc, que si une chose peut être vue d’une certaine manière, elle peut tout autant être vue d’une autre.
Un des meilleurs ouvrages de Gael Carniri
Préambule
1re PARTIE JE PLANCHE DONC JE SUIS
Le but d’une planche
Le sujet de la planche
– Sujet imposé
– Sujet « libre »
– Penser sa planche
2e PARTIE : LAMÉTHODE INITIATIQUE MAÇONNIQUE
Rituel maçonnique
– Une parole singulière
– Des symboles, des rituels, de la philosophie et du travail
– Disposer dans un ordre, c’est construire.
– La ritualisation de la parole
– Des symboles
– De la tradition
– De l’herméneutique ou la science de l’interprétation
3ePARTIE : RECHERCHER LA VÉRITÉ
Chercher la vérité en étant vraiment soi-même
Le un et le multiple. Pensée ternaire et “coincidentia oppositorum”
– Toute idée engendre son contraire
– La vérité est une mais a plusieurs facettes
– La méthode
4e PARTIE : MISE EN ŒUVRE DE LA PIERRE BRUTE À LA PIERRE TAILLÉE
Préparation de la planche : sagesse
Tracer une planche, c’est d’abord tracer un plan
L’écriture de la planche : force
La prise de parole : beauté
La circulation de la parole
Conclusion provisoire
5e PARTIE : POUR NE PAS CONCLURE
Bibliographie
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Ce « Guide pratique – Plancher en Loge : l’art de ne savoir ni lire ni écrire », publié sous la signature d’« Anonyme » d’après Amazon, mais signé Gael Carniri, un pseudo, se présente comme un petit manuel de méthode maçonnique, mais il est davantage qu’un simple guide technique. Derrière son titre volontairement paradoxal se dessine une réflexion sur la parole initiatique, sur l’humilité du chercheur et sur cette vérité que nul ne possède tout entière.
L’ouvrage part d’une idée essentielle : toute planche naît d’un point de vue. Or, reconnaître que ce point de vue demeure partiel, situé, perfectible, c’est déjà entrer dans l’esprit maçonnique. La planche n’est donc pas une démonstration professorale, encore moins un exercice d’érudition close sur elle-même. Elle est une pierre déposée dans le chantier commun, une tentative ordonnée pour approcher une vérité à plusieurs faces.
La première partie, « Je planche donc je suis », rappelle que le travail de planche engage celui qui écrit. Qu’il s’agisse d’un sujet imposé ou libre, il ne s’agit pas seulement de traiter un thème, mais de se mettre soi-même au travail. Penser sa planche, c’est déjà se transformer.
La deuxième partie insiste sur la méthode initiatique maçonnique : rituel, symboles, tradition, herméneutique, circulation réglée de la parole. L’auteur montre que la Loge n’est pas un lieu ordinaire de discours. La parole y est ritualisée, contenue, orientée. Elle ne cherche pas à vaincre l’autre, mais à construire avec lui.
La troisième partie, consacrée à la recherche de la vérité, développe une pensée du multiple, du ternaire et de la conciliation des opposés. Toute idée appelle son contraire ; toute vérité demande à être retournée, examinée, polie. La planche devient alors un exercice d’équilibre entre affirmation et doute, conviction et tolérance.
Enfin, la quatrième partie propose une mise en œuvre concrète : préparer, écrire, dire, puis laisser la parole circuler. De la pierre brute à la pierre taillée, le chemin est clair : sagesse dans la préparation, force dans l’écriture, beauté dans la prise de parole.
Ce guide, simple en apparence, rappelle utilement qu’en Loge, savoir écrire ne suffit pas. Il faut apprendre à parler juste, à écouter vraiment, et surtout à ne jamais confondre sa lumière avec la Lumière.