En Nouvelle-Zélande, la philanthropie maçonnique passe aussi par les bancs de l’université. Freemasons New Zealand vient de clôturer les candidatures pour son programme de bourses universitaires 2027, qui prévoit 20 bourses de 7 000 dollars néo-zélandais pour des étudiants en fin de cursus universitaire et huit bourses de 11 000 dollars pour des étudiants de troisième cycle. Une politique d’aide qui s’inscrit dans une tradition vieille de plusieurs décennies.
28 BOURSES POUR SOUTENIR LES ÉTUDIANTS
Pour l’année 2027, 28 étudiants seront donc accompagnés financièrement pendant une année.
Les bourses concernent huit établissements : les universités d’Auckland, AUT, Waikato, Massey, Victoria, Canterbury, Lincoln et Otago. Les candidatures étaient ouvertes depuis le 1er juillet 2026 et se sont achevées le 1er octobre à minuit.
Le dispositif ne se limite pas à récompenser les meilleurs dossiers scolaires.

Les comités de sélection examinent naturellement les résultats universitaires, mais également le caractère du candidat, son sens civique, son potentiel de leadership et son implication dans la vie culturelle, sportive ou associative de sa communauté.
Autrement dit, le programme cherche autant à soutenir de bons étudiants qu’à encourager de futurs citoyens engagés.
AUCUNE OBLIGATION D’ÊTRE FRANC-MAÇON
Un point mérite particulièrement d’être souligné : ces bourses ne sont pas réservées aux familles de francs-maçons.
Freemasons New Zealand précise explicitement que l’existence d’un lien familial avec la franc-maçonnerie n’entre pas dans les critères d’attribution. Les candidats doivent notamment être citoyens néo-zélandais ou résidents permanents, disposer d’un bon dossier académique et démontrer un véritable engagement envers leur communauté.
Cette ouverture donne au programme une dimension particulière.
Il ne s’agit pas d’une aide destinée à entretenir exclusivement la communauté maçonnique, mais d’un investissement tourné vers l’ensemble de la société néo-zélandaise.
PLUS DE QUARANTE ANS D’ENGAGEMENT DANS L’ÉDUCATION
L’histoire de ces bourses remonte à 1978.
À l’origine, des membres du Freemasons Board of Benevolence d’Auckland souhaitaient aider de jeunes étudiants sans lien maçonnique rencontrant des difficultés financières pendant leurs études universitaires.
Une première expérimentation fut menée à l’Université d’Auckland. Devant son intérêt, le système fut progressivement étendu aux autres universités du pays. Les bourses universitaires sous leur forme moderne furent instaurées en 1992.
Depuis, le programme est devenu l’une des actions philanthropiques les plus visibles de la franc-maçonnerie néo-zélandaise.
Freemasons New Zealand affirme être aujourd’hui l’un des principaux financeurs privés de bourses universitaires du pays.
PLUS DE 1 700 ÉTUDIANTS DÉJÀ AIDÉS
Les chiffres donnent la mesure de cet engagement.
À l’occasion de la remise des bourses 2026, l’organisation indiquait que le programme avait déjà soutenu plus de 1 700 étudiants depuis 1978 et représentait plus de 7 millions de dollars néo-zélandais investis dans l’enseignement supérieur. Pour la seule promotion 2026, 33 bénéficiaires avaient été célébrés et 268 000 dollars avaient été mobilisés.
L’organisation présente ainsi l’éducation comme un investissement à long terme plutôt que comme une simple œuvre de bienfaisance.
Médecine, sciences, droit, ingénierie ou sciences humaines : les bourses ne sont pas limitées à un domaine d’études particulier.
L’idée est de soutenir des personnes susceptibles, demain, de contribuer à leur tour à la société.
RÉUSSITE ACADÉMIQUE… MAIS AUSSI SERVICE AUX AUTRES
C’est probablement l’aspect le plus intéressant du modèle néo-zélandais.
La réussite académique est nécessaire, mais elle ne suffit pas.
Les candidats doivent montrer qu’ils participent déjà à la vie de leur campus ou de leur communauté. Les jurys recherchent notamment des signes d’engagement associatif, culturel ou sportif, ainsi que des qualités de leadership et de citoyenneté.
Cette philosophie rejoint assez directement certains principes revendiqués par la franc-maçonnerie néo-zélandaise : bienfaisance, responsabilité individuelle, service à la communauté et amélioration de la société.
L’étudiant n’est donc pas seulement considéré comme quelqu’un qu’il faut aider financièrement.
Il est aussi envisagé comme quelqu’un capable, à terme, d’aider les autres.
UNE PHILANTHROPIE QUI DÉPASSE LES BOURSES UNIVERSITAIRES
L’action éducative de Freemasons New Zealand ne s’arrête d’ailleurs pas à ce programme.
The Freemasons Charity administre également d’autres dispositifs destinés notamment à des étudiants en médecine vétérinaire, en paramédecine ou à certains jeunes issus de familles maçonniques.
Le Potter Masonic Trust, autre structure liée à la philanthropie maçonnique néo-zélandaise, consacre pour sa part plus d’un million de dollars par an à des projets destinés aux jeunes dans le nord de l’île du Nord.
La stratégie apparaît donc clairement : agir sur plusieurs étapes de la formation et du développement des jeunes.
QUAND LA BIENFAISANCE DEVIENT UN INVESTISSEMENT DANS L’AVENIR
L’exemple néo-zélandais rappelle qu’une œuvre maçonnique n’est pas forcément spectaculaire pour être durable.
Il n’y a ici ni monument monumental ni opération exceptionnelle.
Il y a plutôt une politique poursuivie année après année pendant près d’un demi-siècle : sélectionner des étudiants, les soutenir financièrement et leur permettre de consacrer davantage de temps à leurs études et à leur engagement collectif.
La franc-maçonnerie est parfois interrogée sur son utilité dans la société contemporaine.
En Nouvelle-Zélande, une partie de la réponse semble passer par l’éducation.
Aider un étudiant à terminer ses études ne produit pas seulement un diplômé supplémentaire. Cela peut aussi contribuer à former un médecin, un chercheur, un enseignant, un ingénieur ou un responsable associatif qui, demain, servira à son tour la communauté.
Et c’est peut-être là que la philanthropie maçonnique prend tout son sens : ne pas seulement soulager les difficultés présentes, mais investir dans ceux qui construiront l’avenir.
Petit détail intéressant : la page officielle parle de 46 années de financement, tandis qu’une communication 2026 de Freemasons New Zealand présente le programme comme ayant été créé en 1978, soit 48 ans. Freemasons New Zealand


