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LE CHIFFRE MAÇONNIQUE : QUAND LES FRÈRES ÉCRIVAIENT EN CODE

CULTURE MAÇONNIQUE, REFLEXIONS | 15 septembre 2026 | 0 | by A.S.

Des carrés, des angles, des croix, des points… À première vue, on pourrait croire à un alphabet mystérieux réservé à quelques initiés. Et pourtant, le fameux chiffre Pigpen, souvent appelé « chiffre maçonnique », est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît. Son principe ? Remplacer chaque lettre de l’alphabet par un symbole géométrique issu d’une grille. Rien de surnaturel, rien d’indéchiffrable : simplement une autre manière d’écrire.

UN CODE SECRET… MAIS PAS TANT QUE ÇA

Le Pigpen est un chiffrement par substitution : chaque lettre correspond à un signe précis. Une fois la clé connue, le mystère disparaît assez vite. Ce système n’a donc jamais été une forteresse cryptographique, mais il pouvait suffire, à une époque où les échanges se faisaient sur papier, pour rendre un texte incompréhensible au premier regard. Aux XVIIIe et XIXe siècles, ce type d’écriture permettait ainsi de donner une certaine discrétion à des correspondances, des registres ou des documents destinés à rester dans un cercle limité. Les francs-maçons l’ont largement utilisé, ce qui explique pourquoi le Pigpen est aujourd’hui si fortement associé à la franc-maçonnerie.

POURQUOI CES GRILLES ET CES POINTS ?

Le système classique repose généralement sur des grilles et des croix. Les premières lettres prennent la forme des contours d’une case ; les suivantes reprennent les mêmes formes, mais avec un point ajouté. Ainsi, un simple angle peut représenter une lettre, tandis que le même angle accompagné d’un point en représente une autre. Plusieurs variantes ont existé : ordre différent des lettres, multiplication des points, ajout de traits ou réorganisation complète des grilles. Voilà pourquoi deux textes utilisant un « chiffre maçonnique » peuvent parfois sembler différents tout en reposant sur le même principe.

UN CHIFFRE EXCLUSIVEMENT MAÇONNIQUE ? NON

C’est là qu’il faut éviter une légende tenace. Le Pigpen n’est pas né nécessairement dans une loge et n’a jamais été réservé aux francs-maçons. Des systèmes proches apparaissent dans différents courants ésotériques et religieux. Le document évoque notamment les Rose-Croix, ainsi que des traditions cryptographiques associées à la Kabbale et aux travaux d’Heinrich Cornelius Agrippa au XVIe siècle. On trouve aussi des affirmations concernant une utilisation par les Templiers, mais prudence : les sources parlent plutôt de rapprochements, d’hypothèses ou de « chiffres supposés des Templiers » que d’une filiation historique incontestable. En histoire maçonnique, le mystère est séduisant, mais il ne doit jamais remplacer les preuves.

LE CAS ÉTONNANT DE THOMAS BRIERLEY

L’histoire prend une tournure encore plus singulière avec Thomas Brierley, franc-maçon anglais du XIXe siècle. Sa pierre tombale fut couverte de symboles maçonniques et d’inscriptions utilisant différentes formes du chiffre Pigpen. Pendant longtemps, cette tombe suscita la curiosité. Le document indique même que plusieurs variantes du chiffrement auraient été employées sur la pierre, ce qui rendait son déchiffrement particulièrement déroutant. Le chiffre maçonnique quittait alors les registres et la correspondance pour devenir presque un élément funéraire, identitaire et symbolique : une manière de laisser derrière soi un message à ceux qui sauraient le lire.

LE VRAI SECRET N’EST PEUT-ÊTRE PAS DANS LE CODE

C’est sans doute ici que le Pigpen devient vraiment intéressant pour le franc-maçon. Car soyons sérieux : un système aussi simple ne peut pas constituer le fameux « secret maçonnique » dont parlent volontiers les amateurs de complots. La véritable question est donc ailleurs. Pourquoi cette fascination pour les signes ? Parce que la franc-maçonnerie est précisément une école du symbole. Elle ne livre pas toujours immédiatement le sens : elle propose une forme, puis elle invite à chercher. Le Pigpen fonctionne presque de la même manière : au premier regard, on ne comprend rien ; dès que l’on possède la clé, tout devient lisible. Difficile de ne pas y voir une belle métaphore initiatique.

Le chiffre maçonnique est aujourd’hui davantage une curiosité historique qu’un véritable outil de confidentialité. Mais son intérêt demeure intact. Il rappelle une époque où la plume, la correspondance et le symbole avaient une importance considérable dans la vie des loges. Surtout, il nous offre une petite leçon très maçonnique : ce qui paraît obscur n’est pas forcément secret. Parfois, il manque simplement la clé. Et en franc-maçonnerie comme ailleurs, la clé n’est peut-être pas faite pour ouvrir une porte : elle sert surtout à apprendre à regarder autrement.

Source principale : document consacré au chiffrement Pigpen et à son utilisation dans les milieux maçonniques et rosicruciens.

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  • https://www.gadlu.info/le-chiffrement-maconnique-chiffrement-pigpen-son-histoire/

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