Il était une fois, dans une Loge maçonnique, un cenzontle enfermé dans une magnifique cage. Cet oiseau, célèbre au Mexique pour la richesse de son chant, enchantait les Frères par ses mélodies. Tous l’aimaient, tous admiraient sa beauté et son talent. Mais aussi belle soit-elle, une cage reste une cage.
L’histoire peut sembler étrange dans un univers maçonnique qui place la liberté au cœur de ses principes. Pourtant, c’est précisément ce paradoxe qui donne tout son sens au récit. Car que vaut la beauté d’une cage lorsque celui qui l’habite est fait pour voler ?

Dans cette Loge, un Frère avait appris le langage des cenzontles. Il pouvait converser avec l’oiseau et, chose plus extraordinaire encore, celui-ci prétendait parler avec les anges. Un jour, le maçon dut voyager dans une région où vivaient de nombreux cenzontles sauvages. Avant son départ, l’oiseau lui demanda de transmettre un message à ses semblables : « Dites-leur que je pense à eux. Dites-leur que je parle avec les anges et les dieux, mais que je demeure prisonnier tandis qu’eux volent librement au-dessus des montagnes et des fleurs. »
Le maçon s’acquitta de sa mission. Mais lorsqu’il transmit ce message aux oiseaux libres, l’un d’eux tomba soudain au sol, apparemment mort. Bouleversé, il pensa avoir provoqué sa mort par ses paroles.
À son retour, il raconta l’événement à l’oiseau de la Loge. Aussitôt, le cenzontle tomba lui aussi au fond de sa cage, inanimé. Attristé, le maçon ouvrit la porte pour retirer son corps. C’est alors que l’oiseau reprit vie, s’envola et se posa sur la branche d’un arbre.
Le maçon, stupéfait, lui demanda une explication. L’oiseau répondit que son semblable lui avait montré, par son exemple, comment sortir de prison. Il ne lui avait pas envoyé un discours, mais une leçon silencieuse. Pour retrouver sa liberté, il lui fallait cesser de jouer le rôle que sa captivité lui imposait.
Cette parabole est profondément maçonnique. Elle nous oblige à poser une question dérangeante : la franc-maçonnerie ne risque-t-elle pas parfois de s’enfermer elle-même dans ses propres murs ?
La Loge est un lieu d’initiation, de réflexion, de transmission et de construction intérieure. Mais elle ne devrait jamais devenir une prison intellectuelle. Nous parlons de liberté, d’émancipation, de lutte contre les préjugés, de progrès et de pensée libre. Pourtant, il arrive que les habitudes, les usages, les querelles, les structures ou certaines certitudes finissent par devenir les barreaux d’une cage confortable.
Nous pouvons alors continuer à « chanter » très joliment. Nous pouvons connaître les symboles, réciter les rituels, accumuler les grades, débattre de tradition et d’initiation. Mais à quoi bon parler de liberté si nous n’osons plus sortir de ce qui nous rassure ?
Le Temple est essentiel, mais il n’est pas le monde. Le travail maçonnique ne devrait pas s’arrêter lorsque les travaux sont fermés. Il devrait au contraire se prolonger dans la cité, dans notre manière d’écouter, de douter, de construire, de transmettre et d’agir.
La vraie liberté maçonnique n’est peut-être pas celle que l’on proclame, mais celle que l’on accepte de vivre. Celle qui permet de remettre en question ses propres certitudes, d’entendre une pensée différente, d’accepter qu’un Apprenti puisse poser une question à laquelle un Maître ne sait pas répondre, ou qu’un Frère emprunte un chemin différent du nôtre.
À l’heure d’Internet, des réseaux et des nouveaux espaces de discussion, la franc-maçonnerie est aussi confrontée à une autre question : doit-elle rester enfermée dans ses Temples ou apprendre à mieux parler au monde ? Il ne s’agit évidemment pas de tout montrer ni de tout dévoiler. Le secret initiatique, l’intimité du rituel et l’expérience personnelle doivent conserver leur place. Mais le silence ne doit pas devenir une disparition, pas plus que la tradition ne doit devenir immobilité.
Au fond, le cenzontle de cette histoire représente peut-être la franc-maçonnerie elle-même. Une franc-maçonnerie riche de symboles, d’enseignements et de traditions, mais qui doit toujours veiller à ne pas transformer son héritage en prison.
Car une tradition vivante n’est pas une tradition figée. Transmettre ne signifie pas seulement conserver. Transmettre, c’est permettre à quelque chose de continuer à vivre, à évoluer et parfois… à prendre son envol.
La cage peut être belle. Elle peut être rassurante. Elle peut même être décorée de symboles magnifiques. Mais si sa porte est ouverte, peut-être faut-il avoir le courage de regarder au-delà.
Et se poser simplement cette question : sommes-nous encore dans la Loge pour apprendre à voler… ou avons-nous fini par nous habituer à la cage ?
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Bonjour
Le groupe, ou certains de ses membres, même initiés par certains ordres moins dogmatiques, restent néanmoins conditionnés par leurs références culturelles religieuses, qui forment leurs images symboliques, comme leurs origines mythiques. Si tout groupe initiatique invite le profane à travailler sur lui-même et non à apprendre un catéchisme imposé, la question, la revoilà, ne crée-t-elle pas aussi une forme de chaudron qui se doit d’être commun, et qui par logique s’impose à l’individu ?
Si tout initié spirituellement reste seul face au miroir de son espace-temps présent dans un groupe de penseurs collectifs, pour autant la notion de groupe reconnue sur le plan d’un collectif comme associativement au sein d’une société, c’est bien cette réalité que nous nommons administrative qui dans tous les groupes, devient le germe ou le virus des divisions. Le matérialisme n’a vraiment pas sa place dans la spiritualité et encore moins par le terme de spiritualisme. L’histoire du « Isme » reste celle des apôtres d’un sage mais jamais d’un groupe de sages, mais de celui d’un dogme naissant et ensuite en pleine croissance.
Il apparaît que l’esprit universel, qu’on le nomme Dieu ou Grand Architecte De l’Univers, ne désire pas voir entrer le chaos dans son ordre, et que l’individu reste son interlocuteur unique.
A partir de deux
Un homme et une femme forment un couple, une famille par la reproduction naturelle, qui crée ses propres règles internes pour se maintenir avec ses particularités au sein de la société dont elle est elle-même issue. Vous entrez tous dans un groupe comme vous entrez en religion par vos conditions identiques. De la présence de la société au-dessus de vous, que vous le vouliez ou pas, que vous l’acceptiez en totale volonté et soumission, ou que vous la réfutiez, vous baignez tous dans le même bain sur la Terre. Vous participez à pérenniser un immense collectif pour que cette société perdure, pendant, et pour après vous. Vous avez besoin du particularisme qui devient du communautarisme pour passer vos temps. Vous cherchez à assurer des cultures locales au détriment de votre individualité naturelle. Ainsi vos sociétés deviennent intellectuelles. Tout groupe de deux humains commence à aborder des convictions pour son organisation, ce qui l’éloigne de toute possibilité spirituelle. Ainsi la vie, toute relative qu’elle puisse être, devient terrestrement une épreuve. Tout groupe exprime rapidement sa vision, plus ou moins arrêtée, ou se forge un état d’être issu d’un syncrétisme d’origine qui s’impose. Le collectif gère le temps par son savoir et non par les connaissances. Il en est de même pour ceux qui voudraient initier hors de ces faits, car ils restent partie prenante dans ces faits. La société pose des bases communes pour tous, alors que la partie spirituelle et la raison d’être concernent l’individu, au sein seulement du collectif, le temps de sa présence physique. Vous entretenez un ordre, celui d’un monde, pour vos raisons physiques et matérialistes, mais vous n’alliez pas vos vies à l’infini du vivant. Vivant présent avant, pendant et après. Vous assurez seulement la continuité qui, reconnaissez-le, vous fait porter plus de mauvais bagages que vous tirez comme des poids, comme des boulets, comme des épreuves qui engendrent vos diverses et trop nombreuses souffrances. Vous pensez, vous parlez du bien comme d’une inaccessible étoile, impossible à voir depuis la planète Terre. Le bien n’est pas un Graal mythique à rechercher, ou plutôt à retrouver sans le corps, il se trouve seulement dans le faux collectif où chacun en se perdant apporte sa part de pénombre. Vous restez seulement dans vos jungles dangereuses, parce que vous ne levez plus la tête pour redécouvrir la lumière du ciel. Le regroupement n’est pas en soi à rejeter, c’est une finalité qui doit s’inscrire dans une réelle fraternité internationale sous la présence des connaissances universelles. Sans cette direction purement spirituelle, le but des sociétés reste inscrit dans des valeurs physiques, matérielles, celles des « avoiristes », hors de l’existence spirituelle de l’individu. La seule qui peut faire émerger la lumière universelle.
Fraternellement
PHILIPPUS