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Lumières sur le Temple des francs-maçons

Le site d’information « Metro France » publie un artcile sur le nouveau musée de la Franc-Maçonnerie qui ouvrira ses portes le 11 février 2010. L’inauguration est prévue pour le 10 février 2010.

Bel article avec des entretiens avec Pierre Lambicchi, Grand Maître du Grand Orient de France et Eloïse Auffret, assistante de conservation du Musée.

Source : http://www.metrofrance.com/info-locale/lumieres-sur-le-temple-des-francs-macons/pjaB!nvoXcd6iuauwFWkO2OOlAA/

Un grand hall lumineux, jonché de petits bancs de­sign et barré par un large comptoir de réception, accueille le visiteur au siège du Grand Orient, rue Cadet, à Paris. Cette salle de dialogue, antichambre des lieux rituels, fait référence aux temples égyptiens.

Au fond de la grande pièce se dresse le nouveau musée de la Franc-Maçonnerie et ses vitrines, en pleins travaux à quelques jours de l’inauguration. Une petite révolution pour la plus ancienne obédience maçonnique de France, qui recevait jusqu’ici dans des locaux exigus, vieillis, voire sinistrés depuis l’incendie, en septembre, de l’un de ses vingt temples.

“Nous ne sommes pas une société figée. Nous participons aux débats de société actuels.”


Pierre Lambicchi, Grand Maître du Grand Orient de France


Le petit musée associatif fermé il y a deux ans laissera place dans quelques jours à un “musée national” soutenu par l’Etat. Une démarche de transparence vis-à-vis du grand public. “Depuis une vingtaine d’années, nous nous ouvrons à nouveau vers l’extérieur, explique Pierre Lambicchi, Grand Maître du Grand Orient de France. Dès l’origine, au XVIIIe siècle, notre société était ouverte. Elle s’est recroquevillée sur elle-même après avoir été interdite par le pouvoir, l’Eglise voyant également d’un mauvais œil une société qui prônait la liberté de cons­cience. Nous sommes issus des Lumières et nous avons amené le combat de la démocratie”. Société secrète et pourchassée sous les régimes autoritaires, le Grand Orient cherche la lumière en démocratie, à la différence d’autres obédiences maçonniques. “Nous n’avons plus de secret en dehors de celui que nous portons en nous-mêmes”, assure Pierre Lambicchi, précisant que le fonctionnement interne, qui repose sur des mandats, est entièrement démocratique.

140 000


La franc-maçonnerie, née à Londres en 1717, compte aujourd’hui 140 000 membres dans le monde. Florissante au XVIIIe siècle, elle a connu un affaiblissement au cours du siècle dernier.

Si le musée doit jouer le rôle de “facilitateur” pour répondre à la curiosité du public, le Grand Orient n’est pas pour autant un moulin. Il est le lieu réservé des maçons, soit 400 à 500 personnes qui se réunissent et débattent tous les jours, selon des rituels centenaires. “Une loge se réunit deux fois par mois, le soir ou à midi, raconte Gérard Contremoulin, conseiller de l’Ordre. Ici, c’est tout le temps plein.” Chaque temple abrite les mêmes symboles : l’œil de la cons­- cience, la corde pour symboliser l’union fraternelle, le damier au sol pour signifier l’omniprésence des opposés, et bien sûr le compas.

Durant les séances, les rôles sont bien répartis : apprentis, compagnons, maîtres et “vénérable” (élu pour un an) ont leur place respective et observent un ordre de passage rigoureux dans le débat. Pas question cependant, pour les francs-maçons, de parler de secret : “Les rituels sont là pour permettre à chacun d’être entendu”, précise Pierre Lambicchi. Dans son esprit d’ouverture, le Grand Orient fait visiter les temples au public. Mais, contrairement au musée, ils ne se visitent que sur demande, au compte-goutte, et accompagné. Les mystères de la franc-maçonnerie ne se percent pas à la simple lumière d’un guide touristique.

Le projet du futur musée qui ouvre le 11 février.

Photo : Stéphane Dwernick/Agence Opera François Gruson Atelier de scénographie Pascal Payeur

Un musée moderne


Exit le vieil espace ouvert en 1973, le futur musée de la Franc-Maçonnerie sera inauguré le 10 février avec une scénographie moderne. Des vitrines lumineuses abriteront les objets illustrant son histoire, tabliers, faïences, bannières et épées confectionnés depuis le XVIIIe siècle. “Nous avons de nouvelles acquisitions, précise Eloïse Auffret, assistante de conservation.

Et de plus en plus de dépôts provenant de particuliers.” Les trésors : l’épée de La Fayette et un tablier de franc-maçon attribué à Voltaire. Le visiteur découvrira aussi le parcours intime du franc-maçon à partir de son initiation.


A partir du 11 février.
16, rue Cadet (IXe). Du mardi au samedi, de 14 à 18 heures. Tarif : de 4 à 6 euros.
Visite commentée : 7 euros.

A.S.: