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LE SANG ET LE SENS – GILBERT GARIBAL

Voici la contribution de Gilbert GARIBAL à notre nouvelle rubrique « loge libre et insoumise » :

Gilbert Garibal, docteur en philosophie et psychosociologue, est spécialisé dans l’écriture d’ouvrages pratiques sur le développement personnel et les faits de société parus chez Marabout, Hachette ou Dangles. Il a également publié « ABC de la franc-maçonnerie » (Editions Grancher), « Devenir franc-maçon » (Editions de Vecchi), et dans la même collection chez Dervy, « Ombres et Lumières sur la franc-maçonnerie« .

LE SANG ET LE SENS

 

La dernière fois que les forces de police sont  entrées dans les obédiences maçonniques françaises, c’étaient celles de la police nazie, au début de la dernière guerre. Avec, de triste mémoire,  les déportations et morts de francs-maçons qui ont suivi. Aujourd’hui, sans vergogne, une autre forme de police – cette fois en apparence pacifique –  pénètre dans les loges, par l’écriture d’initiés eux-mêmes : habillée en roman policier,  dit « thriller » (comme s’il était maintenant déplacé de parler français !).

« L’Art Royal – qui peut s’enorgueillir d’avoir contribué à la plupart des grandes avancées sociales du début du 20ème siècle,   mérite tout de même beaucoup mieux pour sa réputation, je le pense,  que les « polars maçonniques » qui courent  avidement après le « Da Vinci Code » de Dan Brown. Ils se multiplient en ce moment et présentent la franc-maçonnerie – suspense et bas instincts obligent – comme  lieu de rencontre de gangsters ou théâtre  de meurtres sanglants ! Voilà bien le résultat pervers de notre manie du secret, aujourd’hui  injustifié, sauf pour qui veut en jouer par snobisme !

La franc-maçonnerie n’est pas une secte dangereuse. Pourquoi la renier  et la salir ainsi, pourquoi en fausser l’image avec des  scènes de crimes et de violences, mêmes inventées ?! Question à se poser lorsqu’on sait l’importance, positive ou négative de la fiction ! Cette forme de « littérature de gare  », en détournant « le genre policier » – éventuellement captivant dans des milieux appropriés – peut distraire pendant un voyage mais, à mon avis,  elle ne fait que répondre, en maçonnerie,  à une mode fictionnelle néfaste. Qui confond ésotérisme et occultisme d’un autre temps sinistre.

Récemment, l’affairisme maçonnique, justement dénoncé dans nos rangs, nous faisait crier à l’outrage, presque jusqu’au signe de détresse ! A présent, dans un silence total, certains plumitifs en mal de notoriété – qui pensent avoir trouvé un créneau juteux – introduisent dans notre univers ce «poison psychique». Sans même se demander s’il n’y aurait pas là contravention à leur serment et même, carrément, quelque faute morale !

De mon point de vue – et par constat récent comme enquêteur –  hors de son contexte initiatique habituel, une telle « écriture » peut semer un doute craintif, nuire ainsi à l’image de l’Ordre maçonnique et, au final, entraver le recrutement. Enfin, tout ce temps donné à cet imaginaire négatif – qui fait  ruisseler l’hémoglobine virtuelle – en est autant de perdu pour l’exercice d’un imaginaire positif.

Entre autres, celui qui doit donner ou maintenir à la maçonnerie – mal comprise du Grand Public parce ce que, encore, mal expliquée –  notamment  son rôle d’école de pensée donc  lieu civique communautaire, favorisant noblement la joie intérieure, non la peur, même artificielle.  L’imaginaire positif peut favoriser une volonté,  celle d’inviter maçons et maçonnes, au gré de leur « mission » externe,  à transmettre le sens du sacré dans la Cité, qui en a tant besoin ! Il n’est pas nécessaire pour autant d’assassiner Hiram une seconde fois !

Transfusion de sens, vaut mieux que profusion de sang ! »

Juste du Quercy


 

A.S.:

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  • Ne serait-ce que le signe pénal ou la fin des trois mauvais,difficile de parler de "message d'amour",Comment s'étonner ensuite de l'interprétation négative de profanes.C'est comme pour les musulmans à qui on n'explique pas que je Djihad est la lutte en soi-même pour éradiquer ses propres mauvais penchants et non pas une guerre contre une ou des personnes extérieures.