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LE DICTIONNAIRE DU FRÈRE QUENTIN


MISCELLANÉES MAÇONNIQUES par Guy Chassagnard

En franc-maçon de tradition, attaché à l’histoire de ce qui fut jadis le Métier de la Maçonnerie avant que de devenir la Maçonnerie spéculative des Maçons libres et acceptés, notre frère Guy Chassagnard met en chroniques ce qu’il a appris dans le temple et… dans les textes ; en quarante et quelques années de pratique maçonnique. Ceci selon un principe qui lui est cher : Apprendre en apprenti, comprendre en compagnon, partager en maître. 

Chronique 366

1825 – Le Dictionnaire du frère Quentin

Publication, par Charles François Nicolas Quentin 1797-1867), d’un Dic­tionnaire maçonnique ou Recueil d’esquis­ses de toutes les parties de l’édifice connu sous le nom de Maçonnerie. 

Dans son Avant-Propos, l’auteur s’interroge sur l’opportunité de publier des « livres de Maçonnerie » ; pour répondre aussitôt : « Je me contenterai d’observer que la forme de celui-ci peut satisfaire les deux opinions opposées [nuisible ou favorable], en ce qu’il ne peut instruire que mes frères, et que c’est une sorte de labyrinthe dont le fil conducteur ne peut être saisi que par la main d’un Maçon. » 

À retenir ces quelques notices :

Caroline. – À la fin du siècle dernier, le roi de Naples, excité par une cabale violente, sévit contre les maçons – en fit emprisonner plusieurs, et porta contre eux des peines rigoureuses. On allait les exécuter, quand la reine se déclara leur protectrice, et supplia son époux de se faire initier, afin de connaître par lui-même que l’association maçonnique n’avait que la vertu pour objet. 

Le roi suivit ce conseil, et ne cessa depuis de protéger l’Ordre. C’est en mémoire de ce service rendu aux maçons, par la reine Caroline, que les loges françaises portaient sa santé dans chacune de leurs fêtes.

Franche Maçonnerie. – Ordre, confrérie, association, société d’hommes amis de l’ordre, de la paix, de la vertu, de l’humanité. On a discuté sur celui de ces titres qu’il convenait de lui donner. De temps immémorial les maçons, à tort ou à raison, ce qui importe peu, ont pris le premier.

Franc-maçon. – C’est un homme libre, également ami du pauvre et du riche, s’ils sont vertueux.  On entend, par ce mot libre, que ce ne peut être un homme de condition servile.

Grand Orient. – La Maçonnerie fut longtemps sous l’o­béissance de la Grande Loge d’Angleterre, les premiers grands maîtres de France furent Anglais. C’est en 1745 que s’organisa entièrement la Grande Loge de France, et par reconnaissance elle s’intitula : Grande loge anglaise de France. 

Le Grand Orient fut fondé en 1772.

Grandes Loges. – On voit, par le précédent article, que les grandes loges étaient ce que sont actuellement les grands Orients. Il y eut, en outre, des grandes loges provinciales, de­puis abolies, qui gouvernaient la Maçonnerie de leur Orient.

Hérodom. – Toutes les légendes ont un lieu sacré ; c’est souvent une montagne. Hérodom est le haut lieu, la montagne sacrée des maçons. 

C’est le nom d’une montagne sur laquelle est ou fut situé un antique château ; elle est, en Écosse, le berceau de la Maçonnerie. La première loge s’y est tenue, dit l’instruction de l’Écossais trinitaire.

Hiram. – Architecte du temple de Salomon. Héros de la légende maçonnique. C’est l’Osiris de la nouvelle initiation ; son Isis est la veuve, la loge, l’emblème de la terre ; son fils, son Horus, est le fils de la veuve, le maçon, l’homme qui habite la loge terrestre.

Veuve. – Nephthalienne, mère d’Hiram, selon le maître. Les maçons se disent, enfants de la veuve, alors, frères d’Hiram. Mais souvent on dit, les enfants d’Hiram. Il y a donc une autre veuve, épouse d’Hiram. 

On peut croire qu’on l’entendait autrefois ainsi, si l’on consulte l’ancienne version de l’Élu des neuf. 

Si l’on admet l’allégorie solaire d’Hiram, il faut rétablir les choses sur ce pied. 

Les maçons seront donc les fils de la veuve d’Hiram. Hiram (le soleil), la veuve (la terre, la loge), enfant de la veuve (l’homme, le maçon). 

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A.S.: