X

Compte-rendu de la Journée Mémorielle sur les Mutineries de 1917 à Craonne

Voici le compte rendu de la conférence et de la journée mémorielle organisée par le Grand Orient de France sur le Chemin des Dames, à Craonne dimanche 10 avril 2011.

Le Thème de la conférence était « Les mutineries de 1917 : les soldats-citoyens prennent la parole » donnée par Guy Marival, historien.

INTRODUCTION à la conférence avec la Chanson de Craonne interprétée par la chorale venue de Dunkerque.

« Les soldats-citoyens prennent la parole » donnée par Guy Marival, historien, a vivement intéressé le public massivement installé dans la vaste salle de la mairie de Craonne.

Où en sommes-nous dans la compréhension des mutineries de 1917 ? Guy Marival est revenu sur leurs causes et sur leurs conséquences ainsi que sur les comportements des soldats, de leurs chefs et de l’état-major.

La question de ces mutineries, vieille de près d’un siècle, n’est entrée de plain-pied dans le débat public que depuis une dizaine d’années. Le premier ministre de l’époque, Lionel Jospin, venu présider l’inauguration de la sculpture d’Haïm Kern sur les pentes du Plateau de Californie, avait notamment insisté sur son souhait « d’une réintégration dans notre mémoire collective des fusillés pour l’exemple » La polémique ne manque pas de s’installer et ce faisant, enfle le cours de la recherche sur laquelle s’appuie le conférencier. Néanmoins, pour un historien, les sources restent fragiles eu égard à la maigreur du volume de documents consultables et pertinents.

« Les rapports de l’armée, les minutes des conseils de guerre ne dépassent pas le niveau de la division. Au moins trente mutineries ne sont connues que par un unique document. Les archives postales sont les seules à signaler vingt-sept mutineries passées ailleurs sous silence. Les archives allemandes livrent un certain nombre d’informations que les chercheurs ne trouvent pas reprises du côté français. »

 

 

Guy Marival interroge également la collection de mots qui disent ces événements dont on situe le paroxysme dans les journées qui suivent l’échec de l’offensive « Nivelle » lancée le 16 avril 1917. Mutinerie qui est le refus collectif d’obéir, grève, et même révolution qui apparaît quand, dans ses carnets de guerre, le tonnelier Barthas rapporte ce qu’il entend à Sainte-Ménehould où il se trouve avec son unité « la paix ou la révolution, à bas la guerre, l’Internationale… »

A l’échelle de l’armée, sanctionnant les mouvements de ce printemps 17, vingt-six exécutions et une cinquantaine de condamnations aux travaux forcés sont décomptés. Moins qu’on ne l’a parfois affirmé mais à la hauteur de la maigreur des avancées obtenues par les soldats-citoyens : des permissions moins irrégulières et l’abandon des grandes offensives si coûteuses en vies.

Guy Arcizet, Grand maître du Grand Orient de France qui présidait ce moment d’échanges affirme avoir reçu une belle leçon de désobéissance qui lui inspire un éloge de la révolte de la pensée.

« A certains moments, l’Homme doit avoir la volonté de dire non, de s’opposer, de se révolter. Avons-nous su, nous, dire non dans les années 40 ? Sachons, de ce point de vue, la grandeur de la Bulgarie, le pays, où aucun Juif n’a été dénoncé aux nazis !

Source : http://www.lunion.presse.fr/article/autres-actus/conference-de-guy-marival-des-soldats-qui-disent-non

A.S.: